Municipales : ce qu'il faut retenir du grand débat de La Tribune à Toulouse

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La Tribune, en partenariat avec le Medef, a invité les six principaux candidats aux élections municipales de Toulouse à débattre autour de leurs projets, au sein de la TBS.
La Tribune, en partenariat avec le Medef, a invité les six principaux candidats aux élections municipales de Toulouse à débattre autour de leurs projets, au sein de la TBS. (Crédits : Rémi Benoit)
La Tribune a organisé au sein de TBS, jeudi 27 février, le premier Grand Débat d'avant premier tour des municipales qui aura lieu le 15 mars à Toulouse, en partenariat avec le MEDEF. Durant près de trois heures, Franck Biasotto, Pierre Cohen, Quentin Lamotte, Antoine Maurice, Jean-Luc Moudenc et Nadia Pellefigue ont débattu autour de leurs projets municipal et métropolitain, devant les acteurs de l'économie toulousaine autour de quatre thématiques (attractivité, mobilités, immobilier-urbanisme et fiscalité). Voici une liste (non exhaustive) des points à retenir, par candidat.

Franck Biasotto

  • Il veut construire 25 000 logements sociaux en 5 ans

La tête de liste de "Toulouse Belle & Forte", et ancien adjoint au maire de Toulouse en charge du Logement, veut amplifier la construction de logements sociaux à Toulouse. Selon lui, 82% de la population toulousaine est éligible à ce type de logements. Pour lui, c'est une nécessité pour répondre aux près de 40 000 demandes de logements sociaux en cours sur le périmètre de Toulouse Métropole.

"Dans le PLUi-H d'aujourd'hui, la maîtrise du foncier est inexistante. Il y a donc une urgence à le retravailler pour y remédier. Ce document prévoit la construction de 2 400 logements sociaux chaque année, mais il faut construire 25 000 logements sociaux d'ici 2025. De plus, je rappelle que les promoteurs sont un outil à qui le maire doit donner une feuille de route. On ne donne pas le territoire aux promoteurs", lance Franck Biasotto, qui veut également instaurer une politique d'accession à la propriété pour tous et à un prix maîtrisé.

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  • Faire un événement culturel majeur autour de l'aéronautique

Sur un autre registre, le candidat soutenu par le MoDem, veut faire un lien entre la filière aéronautique, qui fait la réputation de Toulouse, et la culture. Il souhaite mutualiser les différents lieux et structures culturels de la ville pour créer de nouvelles interactions et collaborations entre les deux univers.

"Nous n'avons pas porté la création d'un festival à Toulouse. Nous souhaitons donc créer un événement autour de la ville savante en réunissant tout le pôle d'attractivité, la Cité de l'espace et les secteurs spatial et aéronautique, pour valoriser l'industrie et mettre en relief la culture. Au delà de ça, nous voulons une culture éco-responsable, rayonnante et qui profite à tous", se projette l'ancien agent immobilier qui promet aussi la stabilité fiscale aux Toulousains et aux entreprises.

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Pierre Cohen

  • Report de la 3ème de ligne de métro au profit d'un réseau RER

L'ancien maire de Toulouse, de 2008 à 2014, porte publiquement un report de la troisième ligne de métro, qui devrait être livrée en 2025. Le membre du parti Génération-S veut favoriser d'autres mobilités, comme le tram, et déplacer la future ligne de métro, estimée à 2,7 milliards d'euros, au mandat 2026-2032.

"Nous sommes dans l'obligation de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais il n'est pas question d'interdire la voiture pour entrer en ville. Aujourd'hui, l'urgence c'est un RER, avec un circuit étoilé que nous avons la chance d'avoir. Les nouvelles mobilités, et plus particulièrement les micromobilités, comme la trottinette par exemple, sont aussi une alternative à la voiture. En 6 à 10 ans, nous devons transformer toute la ville en terme d'aménagements piétonniers et cyclables, afin que ces micromobilités puissent être une façon de laisser la voiture à la maison voire la vendre", avance la tête de la liste "Pour La Cohésion" qui veut déclarer l'urgence écologique une fois aux affaires.

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  • Il veut élaborer une charte de l'aménagement, comme les deux autres candidats de la gauche

Comme Nadia Pellefigue et Antoine Maurice, Pierre Cohen souhaite mettre en place l'encadrement des loyers. Pour l'accompagner, il veut mettre fin, via une charte, à la gentrification de certains quartiers du centre-ville, ainsi qu'atténuer l'effet d'étalement urbain.

"La gentrification est le résultat de la construction d'immeubles luxueux qui changent fondamentalement la sociologie mixte et populaire que peuvent avoir certains quartiers, comme Saint-Cyprien, par exemple. Il est nécessaire que la puissance publique ait une vision sur la façon dont la ville doit évoluer. Il y a une sorte de colère, parfois légitime, des populations qui voient pousser des immeubles qui modifient sensiblement leur quartier et leur environnement", critique Pierre Cohen, qui veut davantage associer les habitants en amont de chaque projet d'urbanisme.

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Débat municipales

Le Grand Débat de La Tribune a réuni 500 personnes à TBS et plus de 7 000 ont suivi le live sur les réseaux sociaux (Crédits : Rémi Benoit).

Quentin Lamotte

  • Améliorer la propreté de Toulouse

Plutôt discret lorsqu'il s'agit de dévoiler son programme à la presse, le candidat du Rassemblement National a présenté sa politique d'attractivité pour Toulouse, lors du débat organisé par La Tribune et le MEDEF, basée sur trois piliers : le soutien aux commerces de proximité, notamment ceux du centre-ville affectés par les différents mouvements sociaux, développer le tourisme de loisirs et améliorer la sécurité et la propreté de Toulouse.

"La propreté et la sécurité participent fortement à l'image que nous renvoyons à l'extérieur. Il faut donner un environnement favorable à nos commerçants, qui n'attendent pas de nous des aides et des subventions, mais qu'on leur permette d'exercer leur profession dans de bonnes conditions. Il faut exiger de l'État une sécurité à Toulouse et un encadrement des manifestations (en demandant des effectifs de policiers nationaux supplémentaires, ndlr). De plus, je pense que l'on ne devrait pas fermer la ville à la voiture car le commerçant vit grâce aux clients des communes voisines qui viennent faire des achats à Toulouse", estime-t-il.

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  • Prolonger les lignes A et B du métro

Concernant les mobilités, Quentin Lamotte propose de changer le champ de réflexion autour du métro. Il souhaite mettre en place un réseau métropolitain qui ne s'arrête pas aux frontières de Toulouse, afin de lutter contre les embouteillages. D'après une étude de l'institut INRIX sortie en 2018, un Toulousain passe 130 heures en moyenne par an dans les bouchons. Un chiffre revu à la hausse, à 158 heures, par TomTom. La tête de liste du "Rassemblement toulousain" veut également réaliser une ligne de tramway directe entre la gare Matabiau et l'aéroport Toulouse-Blagnac.

"Il y a une absence de vision à long terme pour notre ville. La voiture, le vélo et les transports en commun doivent co-exister dans la Ville rose. Je propose de faire le prolongement de la ligne A sur les communes de l'Union et Tournefeuille et Aucamville pour la ligne B, en complément du prolongement qui est en cours vers Labège. Dans un second temps, le tramway aéroport-gare sera réalisé en prolongeant la ligne de tram T2 du terminus actuel, Palais de justice, jusqu'à la gare. Pour ce faire, je propose la couverture des voies ferrées entre la gare et l'avenue Camille Pujol, afin d'y faire passer le tramway", propose le candidat qui veut aussi mettre en place une police dans les transports en commun.

Antoine Maurice

  • Il n'arrêtera pas le projet de 3ème ligne de métro et propose une nouvelle gouvernance pour les transports

"Je ne serais pas le maire qui arrêtera le projet de la troisième ligne de métro", a déclaré Antoine Maurice au cours du débat organisé par La Tribune. Cependant, la tête de liste d'Archipel Citoyen admet que cette ligne de métro supplémentaire ne peut répondre seule aux besoins de déplacement des Toulousains. Il souhaite également réaliser quelques 1 000 kilomètres de pistes cyclables en plus dans la Ville rose, durant le mandat, afin d'encourager l'utilisation de ce moyen de transport doux. Ainsi, le candidat dont la liste est soutenue par Europe Écologie Les Verts et La France Insoumise, souhaite doubler le budget vélo pour passer de 25 millions d'euros à 50 millions par an.

"Nous engagerons un plan d'urgence de développement des bus, nous allons améliorer les lignes existantes et en créer des nouvelles. Par ailleurs, nous devons travailler à la décongestion de la ville à travers le RER toulousain, notamment en engageant une nouvelle gouvernance des transports qui fasse en sorte que toutes les collectivités se retrouvent dans une instance commune de gouvernance", propose-t-il.

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  • Instauration d'une charte de l'aménagement "contraignante" pour les promoteurs

Comme certains de ses adversaires, Antoine Maurice défend l'élaboration d'une charte "exigeante" encadrant les pratiques des promoteurs immobiliers. Cette charte permettra de mettre au centre des enjeux la typologie, l'accessibilité, l'efficacité énergétique, l'utilisation de matériaux biosourcés, etc.

"Nous ne donnerons pas les permis de construire si la charte n'est pas respectée. Pour nous, il s'agit de mettre fin à ce qui se passe aujourd'hui, c'est-à-dire deux tiers des constructions qui ne sont pas destinées à des gens qui vont y habiter, des logements qui ne sont pas de qualité et qui ne répondent pas aux besoins des habitants".

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Débat municipales

Pendant près de trois heures, les candidats ont débattu autour de leur projet municipal et métropolitain pour Toulouse (Crédits : Rémi Benoit).

Jean-Luc Moudenc

  • Il promet d'étudier la possibilité d'une connexion directe entre le MEETT et l'aéroport

Le maire sortant et candidat aux élections municipales de Toulouse a défendu son bilan durant le débat de La Tribune. Interrogé sur le coût de 311 millions d'euros HT du futur parc des expositions et centre de conventions de Toulouse Métropole au Nord de Toulouse, Jean-Luc Moundenc voit cette infrastructure comme un élément d'attractivité de la Ville rose. Selon lui, à l'ouverture du MEETT, au mois de juin prochain, Toulouse va passer du 7ème au 3ème rang national en terme de capacité d'accueil des congrès. Le candidat soutenu par six formations politiques dont Les Républicains (LR) et La République en Marche (LREM), estime les retombées économiques de cet équipement à 230 millions d'euros par an pour le tissu économique toulousain.

Cependant, comment les différents congressistes, intervenants et public non toulousains accéderont à ce lieu depuis l'aéroport de Toulouse ? En raison d'une rupture de charge, le temps de trajet en transports publics est évalué à 40 minutes, ce qui peut être un point de réticence. Un vision que partage et soulève la tête de liste d'Aimer Toulouse.

"À l'entrée en fonction du MEETT, le prolongement du tramway sera opérationnel pour s'y rendre. Pour autant, la liaison directe avec l'aéroport est une question qui se pose. Nous allons renforcer la ligne de bus 30 de manière à réduire le trajet à 20 minutes. Par ailleurs, l'idée d'une liaison directe en tramway depuis l'aéroport fait l'objet d'une étude. C'est un investissement compris entre 80 et 100 millions d'euros et ce serait un avantage de mettre le MEETT à 5 minutes de l'aéroport, c'est dans ce sens là que nous travaillons", précise-t-il.

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  • Il compte réviser le PLUi-H

De plus, sur la thématique de l'immobilier, Jean-Luc Moudenc plaide la continuité avec quelques modifications sur le PLUi-H qu'il a lui-même élaboré et entré en vigueur en avril 2019. Selon lui, le défi du futur maire est de travailler avec les citoyens pour surmonter les différentes contradictions. Ainsi, il propose l'élaboration d'une charte sur l'identité/l'esthétique urbaine, dans tous les quartiers de Toulouse, en collaboration avec les citoyens et associations.

"Dans une ville comme la nôtre, le plan d'urbanisme est en révision permanente. Il s'agit de faire face au développement considérable de notre agglomération. Il faut construire avec un énorme problème qui est la contradiction des gens. Chaque fois que l'on annonce un programme immobilier, l'environnement et les riverains sont plutôt contre, et en même temps, nous avons 38 000 dossiers de demandes de logements sociaux en attente".

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Débat municipales

Les candidats ont été interpellés au cours de la soirée par des entrepreneurs toulousains (Crédits : Rémi Benoit).

 Nadia Pellefigue

  • Elle promet d'intégrer les entreprises à la gouvernance des transports

Lorsqu'elle a été interrogée par un chef d'entreprise toulousain, sélectionné par le MEDEF, sur la création d'une instance ou d'un comité qui permettrait d'associer les entreprises aux décisions concernant les mobilités, la tête de liste d'"Une Nouvelle Énergie", promet une nouvelle gouvernance. Nadia Pellefigue souhaite modifier les modes de décisions actuels, réunir tous les acteurs "autour de la table", afin de régler les problématiques autour des moyens de transport.

"Les entreprises financent à hauteur de 60 % les moyens de transports sur la métropole toulousaine via le versement transport. Lorsque l'on parle de partenariat, il y a une règle simple : qui finance participe à la gouvernance. Nous souhaitons que dans cette nouvelle gouvernance figurent les entreprises et leurs représentants, la Région, la Métropole mais également le Département pour que nous soyons capables, à la bonne échelle locale, de trouver les réponses et l'assiette fiscale qui permet d'intervenir", promet-elle, tout en se disant favorable à la troisième ligne de métro.

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  • Aller vers une baisse de la CFE pour les entreprises

Comment la collectivité peut-elle soulager les chefs d'entreprises ? Le tissu économique toulousain estime la fiscalité trop contraignante pour l'attractivité de la ville. La candidate UNE-PS-PC-PRG au Capitole, veut arrêter l'augmentation de la cotisation foncière des entreprises (CFE), voire la baisser pour accueillir de nouveaux contributeurs.

"Si nous devons augmenter nos recettes, alors nous avons intérêt à être ambitieux sur la question de l'attractivité et l'implantation de nouveaux contributeurs. En matière de contribution, nous sommes sur une séquence inégalée. Durant les derniers mandats, nous avons vu l'augmentation de 15 % des impôts aux particuliers et également de 7,7 % à destination des entreprises. Il y a une partie sur laquelle la Métropole à un pouvoir de taux. En France, nous sommes numéro 1 sur la cotisation foncière des entreprises (CFE), devant d'autres villes qui ont un dynamisme économique réel comme Lyon par exemple", regrette-t-elle.

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