Municipales : les 4 mesures phares défendues par les entreprises à Toulouse

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Le Medef demande une liaison directe entre l'aéroport de Toulouse et le futur parc des expositions, le MEETT.
Le Medef demande une liaison directe entre l'aéroport de Toulouse et le futur parc des expositions, le MEETT. (Crédits : Rémi Benoit)
À trois semaines du 1er tour des élections municipales à Toulouse, un représentant des entreprises a décidé de s'inviter dans le débat, jeudi 20 février. Pour être pleinement entendu par les candidats toulousains, le Medef Haute-Garonne vient de présenter ses préconisations pour accompagner le développement de Toulouse. Voici une sélection non exhaustive de ces suggestions.

1) Intégrer les entreprises au sein de l'autorité régulatrice des transports en commun

Le comité syndical de Tisséo, qui régule les transports en commun sur Toulouse Métropole, réunit aujourd'hui Toulouse Métropole, le Sicoval, le Muretain Agglo et le SITPRT. Mais le Medef veut que les entreprises y soient désormais représentées. "Via le versement transport des entreprises, nous contribuons à hauteur de 60% du budget annuel de Tisséo, il est donc normal que nous soyons entendus au sein de cette instance", ajoute Pierre-Marie Hanquiez, le président du Medef 31.

"L'autorité organisatrice de la mobilité doit mettre en place une structure où siégeront les partenaires économiques (voir le "comité des partenaires" dans la loi LOM). Les organisations patronales, dont le Medef, doivent être positionnées comme représentant des entreprises. Cette instance sera consultée avant toute évolution substantielle de l'offre de mobilité, de la politique tarifaire, du financement ou de la fiscalité", présente l'organisation.

Une mesure très proche de celle défendue par la candidate UNE-PS-PRG-PC, Nadia Pellefigue, qui veut intégrer les entreprises au sein de Tisséo, mais aussi le Conseil départemental de Haute-Garonne et la Région Occitanie.

Lire aussi : Municipales : le "plan d'urgence" de Nadia Pellefigue pour les transports à Toulouse

2) Prévoir une connexion directe entre l'aéroport et le MEETT

Le syndicat veut que la troisième ligne de métro à Toulouse soit réalisée "dans le respect des échéances et du budget", c'est-à-dire sans augmenter le versement transport réglé par les sociétés. Néanmoins, le Medef 31 "regrette" le choix qui a été fait de ne pas desservir l'aéroport de Toulouse-Blagnac avec cette future ligne de métro."Faire un tel choix, est une erreur, mais nous pourrons la corriger plus tard", commente le président.

Lire aussi : Troisième ligne de métro : Tisséo assume sa navette express vers l'aéroport

"En revanche, il est essentiel de prévoir la possibilité d'un accès au MEETT depuis l'aéroport. Pour accompagner le développement du futur parc des expositions de Toulouse, il est proposé de créer une connexion directe en prolongeant le tramway LAE sur le segment aéroport-MEET. Sans cette connexion directe, le temps de trajet en transport public sera d'environ 40 minutes. Cette inadéquation du service à la demande des congressistes génèrera des points indésirables de trafic routier", alerte le Medef 31 dans un document qu'elle va envoyer aux candidats.

Pour le moment, Tisséo a prolongé la ligne de tramway T1 de l'Aéroconstellation jusqu'au MEETT. Ainsi, en provenance de l'aéroport, les intéressés devront emprunter la ligne T2 jusqu'à Ancely, où ils devront monter dans un tramway de la ligne T1 vers l'équipement.

Lire aussi : En images : le MEETT, finalisé à 85%, sera hors norme

3) Oui à la LGV Toulouse-Bordeaux, non à une nouvelle taxe dédiée

Si le Medef se dit favorable au projet de LGV Toulouse-Bordeaux, espérée par certains en 2029, l'organisme refuse néanmoins qu'une nouvelle taxe dédiée à son financement  touche les entreprises.

"Il n'est pas sérieusement envisageable que les entreprises en soient le financeur. Une taxe sur les bureaux, dont les contours sont au demeurant flous à ce stade, n'a pas de sens et frapperait de manière inéquitable certaines entreprises", explique-t-on du côté du réprésentant du tissu économique.

Pour le moment, les collectivités locales concernées, à savoir Toulouse Métropole et la Région Occitanie, attendent l'organisation d'une réunion interministérielle à Bercy pour aborder la question.

4) Réduire la Cotisation foncière des entreprises (CFE)

D'après les chiffres annoncés par le Medef 31, les entreprises en 2018 apportaient 33% du budget métropolitain, via l'impôt local, contre 32% en 2016. Concrètement, cela représente en moyenne 2 498 euros de fiscalité locale par salarié et par an, pour les entreprises sur le périmètre de Toulouse Métropole. Contre 2 000 euros à Bordeaux, ou 2 200 à Lyon et Montpellier.

"À titre d'exemple, la CFE sur Toulouse Métropole est à un taux de 36,58%. Il est du devoir de la collectivité de ramener progressivement ce taux à celui d'une métropole comme Lyon, à 28,62%. Il faut stabiliser la contribution des entreprises à 33% des produits de la métropole et engager une trajectoire à la baisse. Les entreprises ne doivent pas servir de compensation à la suppression de la taxe d'habitation", s'inquiète Pierre-Marie Hanquiez.

L'organisation qu'il préside compte porter ses quatre mesures phares, et d'autres, lors du débat d'avant premier-tour avec les six principaux candidats, le 27 février à Toulouse, organisé par La Tribune. Les thématiques de l'attractivité, des mobilités, de l'urbanisme et de la fiscalité locale y seront abordées.

Lire aussi : Municipales : La Tribune organisera un débat d'avant premier tour

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Commentaires
a écrit le 24/02/2020 à 14:32 :
Bonjour,
On peut comprendre que les décideurs, qui ont choisi le VAL pour desservir Orly il y'a plusieurs décennies, ne pouvaient envisager un tel développement du traffic aérien.

En revanche, faire la même erreur stratégique en 2021 pour la 4ème métropole de France relève d'une totale aberration avec 3 ruptures de charge : aéroport, tram T, métro.
En plus de l'ineptie il faut imaginer les touristes chargés de bagages se livrer à cette exercice

Nous espérons que d'ici la construction les décideurs retrouveront leurs esprits.
Salutation
a écrit le 22/02/2020 à 15:43 :
J'apprend avec stupeur que les financeurs des transports à Toulouse n'ont pas le pouvoir de décision 😱 ??
Il est est temps qu'ils prennent le pouvoir quand je vois que les mêmes erreurs sont en entrain d'être commises par les mêmes personnes c'est à dire de ne pas desservir l'aéroport comme ils l'avaient fait avec la ligne T1 du tram il est temps que des professionnels reprennent tout ça en main car combien va encore nous coûter cette gabegie dans le futur ??
Les temps ont changés et l'actionnaire de l'aéroport aussi, en son temps Mr Moudenc avait dit aux chinois de l'aéroport si ils veulent une station qu'ils contribuent aux financements, maintenant que Eiffage en est le propriaitaire il est temps de reposer la question surtout que Eiffage a de grande chance de construire ce metro non?
Aprés il sera temps de construire une extension de la ligne de tram T2 vers le MEET avec arrêt pourquoi pas à un nouveau terminal et à une extension future de l'aéroport vers le Nord.
Le tramway avec rupture de charge et vouée à l'échec regardé Orly Val, déficit chronique depuis 30 ans ils parlent de le détruire maintenant.
Messieurs et dames de Tisseo voyagez vous avec bagages et enfants, vous voyez vous changez du tram vers le metro avec enfants, poussettes, bagages, descendre des escaliers où prendre des ascenseurs pour se retrouver finalement debout, imaginez vous tout cela ?
Mr Moudenc imaginez vous votre projet phare du quartier Matabiau sans une ligne directe de metro ?
Pensez vous pas que ce serai un bon argument de vente des milliers de mètres carré de bureaux pour attirer les entreprises du monde entier connectés directement au monde donc à l'aéroport ?
Allez allez il est encore temps pour se ressaisir et éviter encore une perte incommensurable d'argent mais surtout de temps
a écrit le 21/02/2020 à 9:27 :
J'apprend avec stupeur que les financeurs des transports à Toulouse n'ont pas le pouvoir de décision 😱 ??
Il est est temps qu'ils prennent le pouvoir quand je vois que les mêmes erreurs sont en entrain d'être commises par les mêmes personnes c'est à dire de ne pas desservir l'aéroport comme ils l'avaient fait avec la ligne T1 du tram il est temps que des professionnels reprennent tout ça en main car combien va encore nous coûter cette gabegie dans le futur ??
Les temps ont changés et l'actionnaire de l'aéroport aussi, en son temps Mr Moudenc avait dit aux chinois de l'aéroport si ils veulent une station qu'ils contribuent aux financements, maintenant que Eiffage en est le propriaitaire il est temps de reposer la question surtout que Eiffage a de grande chance de construire ce metro non?
Aprés il sera temps de construire une extension de la ligne de tram T2 vers le MEET avec arrêt pourquoi pas à un nouveau terminal et à une extension future de l'aéroport vers le Nord.
Le tramway avec rupture de charge et vouée à l'échec regardé Orly Val, déficit chronique depuis 30 ans ils parlent de le détruire maintenant.
Messieurs et dames de Tisseo voyagez vous avec bagages et enfants, vous voyez vous changez du tram vers le metro avec enfants, poussettes, bagages, descendre des escaliers où prendre des ascenseurs pour se retrouver finalement debout, imaginez vous tout cela ?
Mr Moudenc imaginez vous votre projet phare du quartier Matabiau sans une ligne directe de metro ?
Pensez vous pas que ce serai un bon argument de vente des milliers de mètres carré de bureaux pour attirer les entreprises du monde entier connectés directement au monde donc à l'aéroport ?
Allez allez il est encore temps pour se ressaisir et éviter encore une perte incommensurable d'argent mais surtout de temps

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