Régionales : les premières mesures économiques de Vincent Terrail-Novès pour l'Occitanie

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Candidat hors parti aux élections régionales en Occitanie, Vincent Terrail-Novès fera de l'économie sa priorité sur le prochain mandat en cas de victoire.
Candidat "hors parti" aux élections régionales en Occitanie, Vincent Terrail-Novès fera de l'économie sa priorité sur le prochain mandat en cas de victoire. (Crédits : Rémi Benoit)
Formation, aides économiques, LGV, gestion de la collectivité... Pour La Tribune, le candidat soutenu par la majorité présidentielle dévoile ses premières mesures économiques dans le cadre des prochaines élections régionales en Occitanie. Vincent Terrail-Novès compte d'ailleurs faire de l'économie sa "grande priorité" du prochain mandat.

Depuis quelques jours, il multiplie les déplacements sur le territoire. Après Bagnères-de-Luchon sur l'avenir du thermalisme le 22, le candidat "hors parti" de ces élections régionales 2021 en Occitanie est attendu dans l'Aveyron le 26 mars. Soutenu par les composantes de la majorité présidentielle (LREM, Territoires de progrès, Agir et le MoDem), Vincent Terrail-Novès doit d'ailleurs à cette occasion recevoir le soutien du maire de Rodez, Christian Teyssèdre. Malgré le "partenariat" avec l'un des opposants de la présidente socialiste sortante, Carole Delga, le candidat refuse d'être "dans l'opposition systématique par principe" et salue d'ailleurs "le positionnement volontariste de Carole Delga sur le développement d'une filière hydrogène", par exemple.

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"Aujourd'hui, j'ai le sentiment que les gens en ont vraiment marre des postures dogmatiques. Les habitants demandent que nous apportions des solutions et pas seulement des critiques. Tant que les élus ne feront pas cela, nous ferons le jeu des extrémismes (...) Je parle au territoire et à ses électeurs et je ne fais pas campagne pour un parti politique", précise Vincent Terrail-Novès, qui se présente dans une région où le Rassemblement National est crédité autour de 25% dans les sondages, dès le premier tour.

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Pointant du doigt une région de France "avec le deuxième taux de chômage le plus important (derrière le Corse, ndlr)" et "un taux de chômage de 25% chez les jeunes", le candidat veut par conséquent faire "du développement économique, l'orientation des jeunes et la formation", sa "grande priorité du mandat".

Écoles de production & microlycées

Au-delà de plans d'investissement sectoriels qu'il dévoilera plus tard au cours de sa campagne, celui qui est maire de Balma veut faire de la région Occitanie "la porte d'entrée de tous les dispositifs de soutien économique de toutes les collectivités du territoire". Ce travail "d'harmonisation et de clarté" à mener avec les intercommunalités et les conseils départementaux passera par la création d'une structure dans l'idée de Vincent Terrail-Novès, conseiller régional depuis 2010.

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Par ailleurs, pour accompagner les entreprises occitanes sur le besoin de ressources humaines et attirer les jeunes actifs vers les offres d'emploi non pourvues, le candidat veut revoir les liens entre la formation professionnelle et les entreprises. À l'image du développement d'un réseau d'Écoles du Numérique par Carole Delga durant ce mandat, pour réorienter les demandeurs d'emploi vers les métiers du web, Vincent Terrail-Novès veut développer en Occitanie un réseau d'écoles de production, où "l'enseignement est intégré à l'entreprise pour répondre à ses besoins en compétences". "Nous n'arrivons pas à faire travailler ensemble les organisations de formation avec les entreprises", ajoute-t-il.

Pour compléter sa politique de formation, Vincent Terrail-Novès souhaite implanter dans la région des microlycées, réservés aux élèves décrocheurs de 16 à 25 ans. "À travers cet accompagnement particulier, l'idée est de mettre en lien ces jeunes avec une formation professionnalisante", explique le candidat.

Prêt à mettre en concurrence la SNCF sur le réseau régional

Pour le moment aucun microlycée n'est expérimenté en Occitanie, tout comme la région attend toujours sa ligne à grande vitesse (LGV), entre Toulouse et Bordeaux. Un projet que n'entend pas remettre en cause le vice-président de Toulouse Métropole.

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"La région Midi-Pyrénées, à l'époque, a participé au financement de la LGV Bordeaux-Tours en l'échange du prolongement jusqu'à Toulouse. L'État doit tenir cet engagement et cette LGV entre Bordeaux et Toulouse doit se traduire concrètement. Nous soutiendrons sans ambiguïté le projet. J'ai à mes côtés une personne qui connait bien le sujet et qui travaille dans l'ombre à des propositions pour son financement. Nous présenterons prochainement nos propositions", promet la tête de la liste Nouvel Élan Occitan.

Pour ce projet estimé à plus de neuf milliards d'euros, celui qui se dit également favorable à un RER toulousain appelle les entreprises à la compréhension si elles sont taxées pour le financer, comme le laisse croire certaines pistes de travail des collectivités concernées aujourd'hui. "Combien cela va coûter, mais surtout combien cela va faire gagner à notre territoire ?!", rétorque-t-il. "Nous sommes dans un positionnement géographique stratégique. Les entreprises auront un retour sur investissement très rapidement", plaide Vincent Terrail-Novès. Côté train toujours, ce dernier plaide également pour l'étude de l'ouverture à la concurrence des lignes du réseau régional, ce que Carole Delga refuse pour le moment préférant ainsi un partenariat renforcé avec la SNCF.

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"Il ne faut pas dire qu'on est contre la mise en concurrence par dogmatisme. Cela peut entraîner une amélioration du service voire des économies pour la collectivité. Nous ne nous interdisons rien", lance l'élu local.

Il est favorable à l'endettement de la collectivité

À propos d'économies, celui qui se vante aussi d'avoir dégagé des marges de manoeuvre financières sur sa commune de Balma sans augmenter les impôts locaux mais en réorganisant les services de la Ville, veut appliquer la même stratégie pour réaliser des économies d'échelle dans une région pointée du doit par la Cour des Comptes.

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"Nous nous posons des questions sur l'organisation de l'administration et de ses services. Il faut faire des économies en mettant les mains dans le cambouis. Par exemple, nous ne pouvons pas continuer à louer des salles comme nous le faisons aujourd'hui pour les assemblées plénières du conseil régional. Un Montpelliérain n'en a rien à faire que ses élus siègent à Toulouse et inversement. Nous prendrons la solution la plus économique pour la collectivité (aménagement de l'hémicycle existant de Toulouse ou Montpellier, ndlr)".

Un point qui a d'ailleurs longtemps mobilisé le groupe d'opposition des élus de la droite et du centre au conseil régional d'Occitanie. Son adversaire du parti Les Républicains dans ces élections régionales d'Occitanie, Aurélien Pradié, pointe également l'endettement de la collectivité depuis le début du mandat de la présidente sortante. Un non-sujet selon Vincent Terrail-Novès.

"Aujourd'hui, le taux d'endettement de la région Occitanie n'est pas un endettement intenable. Par ailleurs, l'endettement c'est de l'investissement pour demain. Quand nous investissons, nous préparons l'avenir et si c'est bien fait, cet investissement par l'endettement peut être plus tard créateur de richesse économique pour le territoire", conclut le candidat.

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