Municipales : le "plan d’urgence" de Nadia Pellefigue pour les transports à Toulouse

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Nadia Pellefigue a dévoilé son plan mobilités pour la ville de Toulouse.
Nadia Pellefigue a dévoilé son plan mobilités pour la ville de Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)
Prolongement du futur téléphérique, mise en place d’une tarification solidaire des transports en commun, maintien en l’état de la troisième ligne de métro et réorganisation du périphérique au profit des transports collectifs... Voici certaines mesures du "Plan d’urgence pour les mobilités" de Nadia Pellefigue, présenté jeudi 17 octobre par la candidate UNE-PS-PRG aux élections municipales de Toulouse. Analyse.

Elle a débuté sa présentation en brandissant une pancarte avec le chiffre "six" inscrit dessus. Une indication non sans importance à Toulouse, selon Nadia Pellefigue, la candidate UNE-PS-PRG aux élections municipales de la Ville rose, en mars 2020.

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"C'est le nombre de jours passés chaque année dans les embouteillages pour les Toulousaines et les Toulousains. D'après ces chiffres fournis par TomTom, nous sommes la première ville de France sur cette statistique. Une place que nous nous disputons avec Paris, loin devant nos voisins de Bordeaux et Montpellier", a relaté celle qui est aussi vice-présidente de la Région Occitanie en charge du Développement économique, de la Recherche, de l'Innovation et de l'Enseignement supérieur.

 Pour y remédier, la candidate à la mairie de Toulouse a présenté jeudi 17 octobre son "Plan d'urgence pour les mobilités". Surtout, il s'agit de ses premières propositions officielles dans cette campagne électorale, au cours de laquelle les transports risquent d'occuper une place importante dans le débat.

"Il faut être en capacité d'apporter une réponse immédiate aux bouchons et non en 2025 voire 2030. Les pics de pollution c'est maintenant et non demain", se justifie la candidate.

Gratuité les jours de pics de pollution

Pour cela, à court terme, en cas de victoire, Nadia Pellefigue prévoit tout d'abord de revoir la tarification des transports en commun toulousains. " Nous constatons d'importantes inégalités sociales dans leur tarification", justifie-t-elle. Ainsi, la vice-présidente de Région propose un tarif unique de 10€ pour les jeunes de moins de 26 ans, étudiants ou non. Par ailleurs, elle prévoit la gratuité pour les personnes en situation de handicap dont le taux est supérieur à 50%, la gratuité sur trois mois pour tout nouvel arrivant à Toulouse et la gratuité les jours de pics de pollution. Enfin, il sera également mené une réflexion dans ce sens à destination des agents de la collectivité.

L'objectif de cette nouvelle tarification est de faire diminuer le nombre de voitures circulant dans Toulouse. En parallèle, la candidate soutenue par le PS et le PRG veut créer de nouvelles zones piétonnes, développer des points relais "casier" pour les colis et des zones de déchargements à l'extérieur de la ville afin de terminer la livraison en mode doux (triporteur) et la mise en place progressive des dimanches sans voiture dans le centre-ville comme à Paris.

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Augmentation de la VTE pour financer la 3ème ligne de métro ?

À plus long terme, sur le plan des infrastructures, Nadia Pellefigue assure que "la 3ème ligne de métro, même si imparfaite, sera poursuivie". Longue de 27 kilomètres et passant par 21 stations, cette future ligne de métro appelée TAE doit relier Colomiers et les sites d'Airbus, en passant par le centre-ville de Toulouse, pour aller jusqu'à Labège. Elle entrerait en service fin 2025.

"À ce stade, son financement n'est pas complètement acquis, le budget de 2,7 milliards d'euros atteindra probablement les 3 milliards. Il nous reviendra donc de sécuriser le financement de cette infrastructure avec l'ensemble des co-financeurs et notamment l'État. Nous demanderons au législateur d'envisager la possibilité d'une augmentation du VTE (versement transports entreprise) : la contribution des entreprises (à partir de 11 salariés) aux transports dès lors que la collectivité dispose d'une déclaration d'utilité publique pour la réalisation d'une infrastructure lourde".

Par ailleurs, la candidate souhaite "prolonger rapidement" le futur téléphérique de l'Oncopole, vers Basso Combo d'un côté afin d'assurer une connexion avec la ligne A du métro et vers Montaudran de l'autre pour la connecter à la future ligne TAE et ainsi réaliser la ceinture sud.

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Connexion avec les Portes de Toulouse

Aussi bien pour le futur Téléo, que les lignes de métro, l'élue veut les connecter à son projet phare appelé "Les Portes de Toulouse". Au nombre de sept, positionnées à des points stratégiques autour de la ville, Nadia Pellefigue veut faire de ses Portes de véritables "marqueurs d'entrée végétalisés dans la ville et aux gestes architecturaux forts".

"Ce sont des parkings silos au-dessus du périphérique, dans lesquels on proposerait de multiples services aux Toulousains. Afin de réduire la présence de la voiture en ville, ils auront la possibilité d'y laisser leur voiture, avec la garantie d'avoir une offre de transport appropriée pour les acheminer où ils le souhaitent dans la ville", explique Nadia Pellefigue.

Pour faire la connexion entre ces 7 Portes de Toulouse, le (ou les) téléphérique(s) et le métro, la femme politique aimerait mettre en place des navettes circulaires propres sur le périphérique, auxquelles il leur serait assurer une voie réservée.

"En réduisant la vitesse à 70 km/h sur le périphérique, vous pouvez réduire la largeur des voies, ce qui rendrait possible la création d'une voie dédiée aux transports collectifs en empiétant sur la bande d'arrêt d'urgence. Le but est de requalifier la rocade en boulevard urbain", détaille celle qui ambitionne également de créer 400 kilomètres de pistes cyclables sécurisées.

Cependant, pour le maire sortant de Toulouse et candidat à sa réélection, Jean-Luc Moudenc, l'idée n'est pas réalisable.

"Mettre des bus sur la rocade est une option qui a déjà été étudiée sous Pierre Cohen et il en était ressorti que ce n'était pas réalisable. En 2015, nous avons refait une étude et nous avons eu le même résultat. C'est une belle image mais qui n'est pas réaliste. Sur la vision théorique, j'adhère totalement à ce projet, mais le côté pratique tue la théorie. En laissant la place aux bus, nous pourrions accentuer les embouteillages", estime l'édile toulousain.

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Un financement dévoilé prochainement

Quoi qu'il en soit, pour mener à bien tous ses projets, Nadia Pellefigue souhaite réorganiser la gouvernance des transports à Toulouse. Actuellement, Toulouse Métropole, le Sicoval, le Muretain Agglo et le SITPRT siègent au sein du comité syndical de Tisséo, le syndicat mixte des transports en commun toulousains. La vice-présidente d'Occitanie milite pour une gouvernance unique des transports qui associerait la Métropole, les intercommunalités autour, le Conseil départemental de Haute-Garonne et le Conseil régional d'Occitanie.

"Nous veillerons à ce que cette nouvelle instance intègre des représentants des usagers et des associations intervenantes sur les mobilités et les entreprises dans les organes de décision", ajoute-t-elle.

Pour ce qui est du financement de cette feuille de route des mobilités ambitieuse, Nadia Pellefigue indique avoir "calculé le budget nécessaire". Mais ces indicateurs ne seront pas dévoilés dans l'immédiat.

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Commentaires
a écrit le 18/10/2019 à 21:10 :
Enfin quelqu’un !!
Enfin quelqu’un qui pointe un vrai problème et qui apporte une solution concrète .
Bien joué Madame.

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