Logistique urbaine : Toulouse va se doter d'une immense plateforme

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Toulouse Logistique Urbaine sera inaugurée en milieu d'année 2021.
Toulouse Logistique Urbaine sera inaugurée en milieu d'année 2021. (Crédits : Lumin'Toulouse)
Budgété à 28 millions d'euros, le projet "Toulouse Logistique Urbaine" sortira de terre à mi-année 2021, sur la zone d'activité de Fondeyre. Ainsi, les 70 000 colis qui transiteront chaque jour par ce site seront acheminés sur les derniers kilomètres par des véhicules électriques. Déjà 75% des 22 000 m2 de la future plateforme sont réservés. Présentation des enjeux de cet immense chantier, qui fera de Toulouse la première plateforme logistique de Province.

Située à proximité du Min de Toulouse, la zone d'activité et logistique de Fondeyre "va connaître un renouveau complet", lance Jean-Louis Chauzy, le président du Ceser d'Occitanie et de l'association Eurosud Team. Et pour cause, les cinq bâtiments construits à la fin des années 70 qui la composent et son parking poids-lourds vont être détruits pour laisser place à la "T.L.U.", pour "Toulouse Logistique Urbaine". Un acronyme qui fera de Toulouse la seconde plateforme logistique de France, derrière Paris.

Ce projet, estimé à 28 millions d'euros, sera porté par le groupement Lumin'Toulouse qui a obtenu en 2017 la gestion en délégation de service public du Marché d'intérêt national de Toulouse, aujourd'hui dirigé par Maguelone Pontier et qui connaît un renouveau fulgurant. Composé de la Semmaris (51% et propriétaire du marché de Rungis), de La Poste Immo (44%) et de la Caisse d'Épargne Midi-Pyrénées (5%), le consortium, en remportant ce marché, devait également s'engager dans le développement d'une nouvelle plateforme dédiée à la logistique urbaine à Toulouse. Ce qui est désormais pleinement chose faite avec la présentation, jeudi 19 septembre, du futur équipement Toulouse Logistique Urbaine situé à seulement quatre kilomètres du centre-ville.

"Comment permettre le développement économique de la métropole ? Comment permettre la décongestion et faciliter la mobilité de ses habitants ? Et comment concilier à cela les ambitions concernant notre qualité de vie ? Ce projet répond à l'ensemble de ces problématiques et il révolutionnera cette partie de Toulouse", estime Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, qui rappelle que ce quartier sera desservi par la future troisième ligne de métro.

Toulouse Logistique Urbaine

Pierre Carli, Jean-Louis Chauzy, Jean-Luc Moudenc et Philippe Wall ont dévoilé le projet Toulouse Logistique Urbaine, sur le site de Fondeyre, jeudi 19 septembre (Crédits : Rémi Benoit).

"La porte d'entrée de Toulouse"

"Toulouse Logistique Urbaine" sera totalement dédiée à la desserte du dernier kilomètre et ce, sur pas moins de neuf hectares. Imaginé par l'architecte Eric Lapierre (Agence Elex), la surface accueillera ainsi deux bâtiments de 200 mètres de long chacun avec un espace de 19 000 m2 au total et 3 000 m2 de bureaux. Déjà 75% des espaces ont été commercialisés, alors que l'inauguration des lieux n'est prévue qu'en milieu d'année 2021. Le tout sera accompagné d'une aire de stationnement poids lourds de 144 places.

"Cette plateforme a vocation à être le centre de mutualisation des transporteurs, voire la porte d'entrée de Toulouse. Une fois sur place, les gros transporteurs carbonés laisseront leurs marchandises à TLU et c'est un véhicule électrique qui acheminera la marchandise dans le centre-ville. Cela permettra de réduire la pollution, le bruit et œuvra à la décongestion de la métropole", se projette Philippe Wall, le PDG du groupe La Poste.

Dès lors, les quais de chargement de ce nouvel espace seront adaptés aux véhicules légers et électriques (camionnette, vélo cargo, quad électrique, etc.). Sur la centaine d'emplacements prévue, environ une quarantaine sera équipée de bornes de recharge électrique. Le site comptera également une station au gaz naturel, une station-service classique et il est envisagé l'installation d'une station à hydrogène à terme.

Toulouse Logistique Urbaine

Les quais seront adaptés aux véhicules légers et faits pour la livraison du dernier kilomètre. (Crédits : Lumin'Toulouse)

Convaincre les sociétés du transport

Car malgré son importance, l'infrastructure sera amenée à évoluer avec les années pour s'adapter aux flux de marchandises croissants et pour rester à la pointe de la technologie. Dans un premier temps, les porteurs du projet estiment que "50 000 à 70 000 colis" devraient transiter chaque jour par le nouveau Fondeyre. Mais à terme, ils s'attendent à bien plus.

"En France, la progression du volume de colis est de 8% chaque année. À ce rythme, il circulera à Toulouse, comme partout dans le pays, deux fois plus de colis dans 10 ans qu'aujourd'hui", analyse Philippe Wall.

Pour s'adapter à ces flux croissants, la TLU accueillera des professionnels du colis, dont la branche services-courrier-colis de La Poste, Urby (société spécialisée dans la logistique urbaine co-détenue par La Poste avec d'autres entreprises de la logistique) et des spécialistes de la logistique sous température dirigée.

"Urby traitera la totalité des marchandises qui entreront dans la métropole toulousaine, mais pas seulement des colis. La structure pourra prendre en charge toutes sortes de marchandises de 3 kg à 30 tonnes, sauf le carburant. Au début, cela sera essentiellement de l'alimentaire en raison de la proximité du Min, mais nous comptons bien diversifier les marchandises transportées au fil du temps", ajoute le patron de La Poste.

Désormais, il ne reste plus qu'à convaincre les sociétés de transports d'emprunter la plateforme TLU et d'externaliser la gestion dernier kilomètre en proposant un prix attractif. "Le dernier kilomètre représente 20 à 50 % du coût global de la supply chain dans la logistique", signale Jean-Louis Chauzy.

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Commentaires
a écrit le 20/09/2019 à 13:14 :
Avant on faisait le marché, on avait les bras chargés de courses, on allait acheter des clous ou porter ses chaussures à ressemeler. Tout cela nous faisait faire de l'exercice, connaitre la ville et la faire vivre. Aujourd'hui on demande à une armée d'esclaves modernes sous statut d'autoentrepreneur de faire cela pour nous afin que l'on puisse passer plus de temps à la salle de sport faire l'exercice que l'on ne fait plus. Au lieu de marcher de son domicile à la quincaillerie qui n'existe plus, on reste chez soi à consulter les sites de vente en ligne et la rue est envahie par une armada de véhicules (de livraison, de VTC, etc.) certes électriques mais déstructurant le tissu social. Quand à la périphérie, elle est gorgée de tout ce que la ville qui se prend pour la campagne ne veut plus mais qu'elle génère de fait encore plus : pollution, bouchons, travailleurs précaires. Aux abords de TLU (comme à Paris qui en est l'exemple parfait grâce à Mme Hidalgo), autrefois verts, calmes et maraichers, ce sera demain des montagnes de colis biens propres acheminés par des balais 24/7 de semi-remorques et d'avions rendant la vie infernale aux banlieusards face aux zens citadins suivants sur leurs smartphones l'arrivée de leurs paquets commandés devant Netflix. Au lieu de se féliciter de trouver une solution que pour les électeurs à la bonne conscience du dernier kilomètre, mais rien pour ceux des tous les autres kilomètres traversés, il faudrait peut-être tout simplement interdire ces colis personnels ravageurs et plutôt trouver des solutions pour redonner vie à feu la petite industrie de chaque zone urbaine et au centre-ville commerçant.
a écrit le 19/09/2019 à 20:11 :
Quid d'Eurocentre ?

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