Être une entreprise à impact, l'avenir de la startup après la Covid-19 ?

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La sixième édition du Startupper de La Tribune avait une tonalité RSE pour sa nouvelle version.
La sixième édition du Startupper de La Tribune avait une tonalité RSE pour sa nouvelle version. (Crédits : Rémi Benoit)
Face à la crise sanitaire, causant fragilisation des marchés et attentisme des investisseurs, la solution pour les startups est-elle d'avoir un business avec un impact sociétal positif ? Oui, selon les divers intervenants qui ont participé à la soirée de lancement de la sixième édition du hors-série Le Startupper. Présentée lundi 28 septembre, cette nouvelle version recense les 100 startups d'Occitanie qui préparent l'économie de demain.

La scop Ethikis et son label de lutte contre l'obsolescence programmée sur les équipements électroniques Longtime. La jeune entreprise Kippit qui conçoit de l'électroménager made in France et durable. La startup SmartCatch et sa personnalisation du traitement du cancer par les micro et nano-technologies. La société Ilya et sa douche écologique pour réduire notre consommation en eau.

Ces quatre entreprises toulousaines ont toutes un point commun : elles font partie du listing des 100 startups d'Occitanie qui "préparent l'économie de demain", publié dans la sixième édition du hors-série de La Tribune, le Startupper. Une sélection présentée lundi 28 septembre, à l'occasion de la Mêlée Numérique à Toulouse et dont ses quatre membres ont pu pitcher pour démontrer l'impact sociétal positif de leur offre.

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Simon Buoro, le cofondateur de Ilya, développe un système de douche écologique pour ne pas consommer plus de cinq litres d'eau par douche (Crédits : Rémi Benoit).

Elles et leurs 96 autres homologues ont été sélectionnées par la rédaction car elles posent les bases d'une économie de l'après Covid-19, qui s'appuie sur la création de valeurs et d'emplois dans les territoires, un produit et/ou un service conçu localement et une entreprise innovante qui prend en compte les enjeux sociétaux d'aujourd'hui et demain.

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La quête de sens dans le milieu professionnel

"Aujourd'hui, on ne peut plus concevoir et distribuer un produit sans se soucier de son origine, des matériaux utilisés et des usines par lequel il passe pour être fabriqué", confirme d'ailleurs Camille Le Gall, diplômée de la Toulouse Business School et cofondatrice de Fairly Made.

Cette jeune entreprise parisienne de sourcing éco-responsable accompagne une trentaine de grandes marques de prêt-à-porter dans leur transition pour un textile durable et respectueux de l'environnement et du bien-être au travail. La demande est telle que la première année d'exploitation a été synonyme de rentabilité, tout en façonnant un business autour des enjeux de société d'aujourd'hui grâce notamment à la coopération de 67 usines de production engagées.

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Camille Le Gall veut rendre respectueuse de l'environnement l'une des industries les plus polluantes au monde, celle du textile (Crédits : Rémi Benoit).

"J'ai quitté un poste confortable et bien payé pour mettre au cœur de mon projet mes valeurs personnelles. Cela me manquait de ne pas avoir de leviers d'action quand je me lève le matin", ajoute la jeune dirigeante.

Ces profils similaires arrivent en masse sur les bureaux de la direction de la dernière success-story toulousaine, à savoir le Drive Tout Nu. "La quête de sens dans notre travail est un vrai mouvement de fond. Nous recevons chaque jour des dizaines de candidatures de personnes qui souhaitent de réorienter ou donner un intérêt sociétal à leur emploi", confie Salomé Géraud, la cofondatrice.

Face à "l'explosion" de la demande pendant le confinement, le service de drive zéro déchet réservé aux produits bio et locaux a accéléré légèrement son développement. Désormais, l'équipe de cinq personnes va rapidement s'agrandir avec l'ouverture de deux nouveaux drives dans la région toulousaine d'ici fin 2020 et le lancement de la première franchise en janvier 2021. Et cela ne semble que le début dans un marché du vrac estimé à 15 milliards d'euros d'ici 10 ans en France. Avec ce service, le Drive Tout Nu partage une valeur commune avec l'entreprise Linkee : la lutte contre le gaspillage alimentaire.

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"Il y a 10 millions de tonnes d'invendus qui terminent à la poubelle, chaque année, en France, malgré la législation en vigueur. Avec Linkee, nous récupérons une partie de ces invendus pour les distribuer aux personnes dans une situation de précarité, en utilisant la lutte contre le gaspillage. Par exemple, à l'annonce du confinement, nous nous sommes retrouvés à vider toutes les chambres froides des restaurateurs de Paris avant de redistribuer leurs contenus dans des foyers d'Île-de-France", raconte Julien Meimont, son président.

Les investisseurs à la traîne ?

Pour porter son concept, Linkee est sous le statut d'une entreprise à impact social. Une action louable qui a néanmoins ses aspects négatifs.

"C'est très difficile pour nous de convaincre des investisseurs de nous accompagner en raison d'une rentabilité faible, de par notre statut (...) Pourtant, les entreprises sociales ont un caractère d'urgence du fait des différentes crises qui se succèdent. Nous sommes dans un modèle économique à bout. Nous (les entreprises à impact) sommes la solution pour une transition autrement", assure le dirigeant.

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Julien Meimont connait une flambée d'activité depuis la mi-mars (Crédits : Rémi Benoit).

Et Linkee n'est pas la seule entreprise à impact qui est confrontée à ces difficultés, comme Drive Tout Nu à la recherche d'un partenaire financier de très long terme au-delà de sept ans pour accompagner son développement. "Néanmoins, les investisseurs commencent à s'intéresser à cette nouvelle manière de faire de l'économie avec ces entreprises à impact", nuance Salomé Géraud.

Face à ces témoignages, des structures se disent prêtes à accompagner ce nouveau genre d'entreprises, à l'image de la plateforme de financement participatif toulousaine Wiseed.

"Face à la crise, il y a eu une prise de conscience en interne pour renforcer notre accompagnement à l'égard de ces startups de l'économie sociale et solidaire", a promis  Mathilde Iclanzan, directrice générale adjointe de Wiseed. Pour preuve, elle a lancé dernièrement une campagne d'investissement, à hauteur de 400 000 euros à l'égard de SmartCatch pour permettre à la jeune pousse de poursuivre son développement.

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