Les promoteurs immobiliers s'engagent contre l'étalement urbain à Toulouse

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La hauteur moyenne d'une construction, dans l'aire urbaine toulousaine, est de 5 mètres 64.
La hauteur moyenne d'une construction, dans l'aire urbaine toulousaine, est de 5 mètres 64. (Crédits : Rémi Benoit)
En 60 ans, l'aire urbaine toulousaine est passée de 300 km2 pour 350 000 habitants à 5 400 km2 pour 1,4 million d'habitants. Un étalement urbain que les promoteurs immobiliers appellent à faire cesser. Mais, la population refuse toute densification et des constructions plus en hauteur. La solution, selon la FPI, est de proposer une meilleure qualité de production de logements et qui soit plus verte.

Chaque année, l'aire urbaine de Toulouse attire 20 000 nouveaux habitants nets. Ce qui en fait l'aire urbaine la plus attractive de France. Mais, ces nouveaux arrivants doivent pouvoir être logés et, au fil des années l'aire urbaine de la Ville rose s'est étalée pour les accueillir. Un phénomène qui doit prendre fin selon les promoteurs immobiliers.

"Comme nous n'avons pas sur notre territoire d'obstacle géographique comme la mer ou la montagne, l'aire urbaine de Toulouse s'est fortement étalée depuis 60 ans. Elle faisait 300 km2 pour 350 000 habitants. Aujourd'hui, elle fait 5 400 km2 pour 1,4 million d'habitants. La population a été multipliée par 4 alors que la taille de l'aire urbaine par 18. À titre de comparaison, l'aire urbaine de Toulouse compte 280 habitants au km2, contre 1000 habitants en Île-de-France. Il faut réussir à faire accepter aux habitants historiques de Toulouse que notre métropole change et que nous ne pouvons clairement pas continuer à nous développer comme nous l'avons fait pendant 60 ans", lance le président de la Fédération des promoteurs immobiliers Occitanie Toulouse Métropole (FPI), Stéphane Aubay.

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Selon lui, les habitants seraient réfractaires à l'idée d'avoir des bâtiments trop hauts. "La hauteur moyenne d'une construction, dans l'aire urbaine toulousaine, est de 5 mètres 64, soit une petite maison d'un étage. Pour la population toulousaine, huit mètres c'est déjà trop haut". Alors que cet étalement poserait de nombreux problèmes.

"Plus on s'étale, plus on a besoin de routes, de réseaux d'assainissement, d'eau potable, d'électricité, d'internet, de transports en commun. Tous ces équipements sont une charge importante pour la collectivité et une charge à long terme pour son entretien. Nous avons probablement un besoin de rénover et développer les équipements à l'intérieur de notre aire urbaine mais il ne faut pas continuer à s'étendre", alerte le président de la fédération.

De nouvelles constructions plus écologiques

La FPI a donc présenté ses solutions pour continuer à produire les logements nécessaires à l'accueil des nouveaux habitants sans aggraver cet étalement urbain.

"Il faut reconstruire la ville sur elle-même. C'est un constat que l'on fait depuis au moins 20 ans mais nous n'arrivons pas aujourd'hui à le faire accepter à la population en place. Nous devons construire plus en hauteur, mettre en place plus de densification dans l'aire urbaine toulousaine et également avoir plus d'espaces verts. Pour cela, il faut modifier les règles d'urbanisme, repenser les friches industrielles et consommer un minimum de terres agricoles car si on veut continuer à manger demain, nous devons arrêter de manger de la terre agricole", indique Stéphane Aubay.

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Et pour faire accepter la densification nécessaire à la population, il faut améliorer la qualité de production de logements et la rendre plus verte, selon la FPI.

"Une des clefs pour faire accepter les nouvelles constructions à nos concitoyens et pour répondre à l'urgence climatique est de construire plus vert et moins consommateur d'énergie et notamment d'énergie grise, c'est-à-dire celle nécessaire à la construction des immeubles. Il faut construire autrement et faire changer les mentalités", affirme le dirigeant.

Dans ce sens, la fédération a organisé la dernière édition de son salon du logement neuf autour du "Logement vert et engagé". La FPI y a présenté son concept home moins énergivore.

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À quinze jours du premier tour des élections municipales à Toulouse, ces problématiques du logement vert et de l'étalement urbain sont au cœur du débat. Ainsi, plusieurs candidats promettent une révision du PLUi-H, pendant que d'autres prévoient la construction d'une charte de l'aménagement, en association avec les promoteurs immobiliers, afin de gérer d'une meilleure façon le foncier qui se fait de plus en plus rare sur l'agglomération toulousaine.

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Commentaires
a écrit le 04/03/2020 à 17:30 :
Je ne crois pas que les gens sont contre la hauteur ce n'est pas parce que 5 personnes bruyantes ou omniprésentes dans les médias locaux qui en plus ont déposaient plusieurs recours contre la Tour d'occitanie qu'il faut en conclure que les gens sont contres bien au contraire, le projet a séduit beaucoup de Toulousains si le projet et de qualité architecturale indéniable et beau les gens sont ok, mais c'est ce qu'on appelle la majorité silencieuse.
Il faut IMPOSER dans le PLU des tours de 60 mètres et plus bien sur, à Toulouse un rendez vous va être manqué j'en ai bien peur sur l'ancien site du CEAT (quand je vois la bassesse du projet) comme il est manqué avec TESO on nous annoncé du 60 mètres et on se retrouve avec du 35,un projet encore qui va faire pschiiiit invisible derrière les platanes du canal un compans bis ni fait ni à faire et ils vont appeler ça un quartier d'affaires j'en rigole comme le stadium de Toulouse une plaisanterie.
Toulouse veut faire la grande Petite et arrêtez avec ces architectes locaux allez voir ailleurs à l'international de l'audace bon sang de la nouveautés.
Regardez les grandes écoles Toulousaines qui travaillent avec des cabinets d'architectes mondiaux dont la nouvelle Toulouse business school of economy qui vient d'obtenir le "prix Nobel d'architecture" avec deux architectes femmes irlandaises ou bien la future Toulouse business school a quelques encablures qui a été dessiné par un cabinet d'architectes portugais.
a écrit le 04/03/2020 à 11:12 :
Le PLUI-H est déjà construit sur ce principe de réduction de l'étalement urbain et de la préservation des espaces naturel et agricole. Le problème ne réside pas sur ce point. Les droits à construire sont déjà amplement suffisants pour satisfaire à la dynamique démographique toulousaine. Faire changer les mentalités (des habitants... et des professionnels de l'immobilier) pour faire accepter la densité - en privilégiant la qualité urbaine, en privilégiant le choix des matériaux de construction, en proposant des entités immobilières moins massives et comportant plus d'espaces verts : voilà le vrai défi pour les 50 prochaines années !

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