ATR, Zénith, Scopelec... les ambitions des nouveaux décideurs économiques d'Occitanie

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Les nouveaux décideurs économiques d'Occitanie ont été reçus dans les bureaux de la Tribune à Toulouse le 6 mars dernier.
Les nouveaux décideurs économiques d'Occitanie ont été reçus dans les bureaux de la Tribune à Toulouse le 6 mars dernier. (Crédits : Rémi Benoit)
Ils ont été nommés il y a quelques semaines ou quelques mois et viennent de prendre leurs fonctions au sein d'entreprises ou d'institutions économiques locales ou régionales. La Tribune Toulouse les a invités le 6 mars dernier à un petit-déjeuner au cours duquel ils se sont confiés sur leurs missions et leurs ambitions.

Un vent de fraîcheur souffle sur les différents acteurs qui composent le paysage économique local à Toulouse et dans sa région. Afin de connaître leurs missions et leurs priorités, la Tribune Toulouse a organisé le 6 mars dernier un moment d'échanges avec ces nouvelles personnalités incontournables de l'écosystème toulousain. Voici leur portrait respectif.

Claire Haurie, directrice de la communication de la Safer Occitanie

claire haurie safer

(Crédit : Rémi Benoit).

"Peu de gens connaissent la Safer ou alors très mal", glisse Claire Haurie, nouvelle responsable communication de la structure en Occitanie. La Safer pour société d'aménagement foncier et d'aménagement rural met en relation les propriétaires de terres agricoles avec des acheteurs. L'une de nos missions est de s'assurer qu'une terre agricole va le rester. Si ce n'est pas le cas, nous avons un droit de préemption pour stopper la vente. C'est très rare que nous l'utilisions, cela arrive seulement dans 5% des cas". Pourtant, ce droit a été très médiatisé dernièrement après l'acquisition par un investisseur chinois de 1700 hectares de terres à blé dans l'Indre à destination des consommateurs chinois et de 900 hectares dans l'Allier. Suite à une faille juridique, la Safer n'a pas pas pu mettre en oeuvre son droit de préemption. Le 22 février dernier, Emmanuel Macron a promis de mettre "des verrous réglementaires" de travailler "avec les Safer pour mettre fin à ce qui est en train de se passer". La Safer Occitanie pourrait faire beaucoup parler d'elle dans les années à venir.

Vincent Bronet, directeur de la transformation chez Scopelec

"Nous devons renforcer notre performance économique pour réussir notre croissance rapide et anticiper l'évolution de notre marché d'ici 5 ans", explique Vincent Bronet, arrivé un an plus tôt au sein de l'une des plus puissantes Scop de France, Scopelec, en tant que directeur de la transformation. Après une récente levée de fonds de 25 millions d'euros, "ma mission consiste à diversifier l'offre de Scopelec en développant de nouvelles offres à destination des entreprises notamment autour du numérique, de la cybersécurité, de la téléphonie, ou encore dans l'optimisation du réseau informatique. Il y a un petit virage à opérer", concède le dirigeant. L'entreprise spécialisée dans la conception, l'exploitation et la maintenance d'infrastructures de télécommunication voit ces dernières années son activité exploser, grâce notamment au plan France très haut débit. "Mais dès 2022, la construction des réseaux numériques et fibres va diminuer. Il faut trouver des relais de croissance", conclut Vincent Bronet.

Lire aussi : Scopelec, la puissance montante des Scop en France

Maguelone Pontier, directrice générale du Min Toulouse-Occitanie

Maguelone Pontier a pris les rênes fin 2017 du Marché d'intérêt national, surnommé "le ventre de Toulouse". "Avec 333 millions d'euros de chiffre d'affaires, c'est le deuxième marché après Rungis (qui totalise de son côté un chiffre d'affaires de 5 milliards d'euros). Mais si la quasi totalité des Français connaissent Rungis, à peine 5% des Toulousains connaissent le Min". L'une des priorités de la nouvelle directrice générale est donc de mieux faire connaître le marché toulousain. "En tant que fille d'agriculteurs sétois, je souhaite également qu'il y ait plus de local parmi les produits proposés au Min", ajoute-t-elle. Maguelone Pontier avait déjà mis en avant cet axe de développement en septembre dernier lors de la présentation de la feuille de route de Lumin', le nouveau gestionnaire du marché d'intérêt national de Toulouse. "Nous voulons favoriser les transports propres pour la logistique du dernier kilomètre en expérimentant une flotte de drones pour desservir le centre de Toulouse", avance-t-elle.

Lire aussi : Lumin' veut plus de bio et de local au Min de Toulouse

Anne-Cécile Brigot, directrice Occitanie de BPI France

Anne-Cécile Brigot directrice de BPIFrance à Toulouse

(Crédits : Rémi Benoit)

L'antenne régionale d'Occitanie de la Banque Publique d'Investissement dispose depuis le 1er janvier 2018 d'une nouvelle directrice à sa tête, en la personne d'Anne-Cécile Brigot. Après 15 ans passés dans l'organisme public qui accompagne les entreprises notamment dans leur financement, elle remplace Laurent de Calbiac à la direction régionale de BPI France. Face au déficit de la balance commerciale française, "mon objectif à la tête de cette antenne régionale est de faire rentrer une logique de marché international dans les entreprises du tissu économique toulousain, en renforçant leur accompagnement mais aussi nos partenariats avec la Région Occitanie", explique la nouvelle dirigeante. Ainsi, BPI France propose pour les entreprises des garanties pour leurs prêts bancaires ou bien des financements pour divers projets industriels et de développement à l'international notamment.

Philippe Lasterle, délégué général du Medef Occitanie

Il a été nommé par la nouvelle présidente du Medef Occitanie, la première femme élue à la tête d'un comité régional de l'organisation patronale. Philippe Lasterle est le nouveau délégué général du Medef Occitanie. "Je vais notamment apporter à Sophie Garcia tout mon réseau constitué autour des élus locaux et régionaux de notre territoire. Un réseau qui peut permettre de porter les problématiques des entreprises dans le débat politique et ainsi modifier la loi", ajoute Philippe Lasterle. Bras droit de décideurs et d'élus locaux dans l'ex-région Midi-Pyrénées depuis douze ans, il a acquis une expérience reconnue du lobbying, des relations publiques et des acteurs institutionnels. En poste depuis le 5 mars, le nouveau délégué général en a profité pour rappeler l'une des principales lignes directrices du mandat de la nouvelle élue : créer le lien entre tous les 14 Medefs territoriaux et les 22 branches professionnelles pour parler d'une seule voix.

Yann Barbaux, président d'Aerospace Valley

yann barbaux

(Crédit : Rémi Benoit)

Ancien directeur de l'innovation d'Airbus, Yann Barbaux a succédé en septembre dernier à Agnès Paillard à la tête du pôle de compétitivité Aerospace Valley. "Nous regroupons 840 membres, notamment de grands groupes comme Airbus, Thales, Latécoère. Le pôle est étendu à la fois sur la région Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine, un territoire qui totalise 38% de l'emploi national dans les secteurs aéronautique et spatial". Mais 13 ans après la création des premiers pôles de compétitivité, les structures se sont multipliées, à tel point que la France en compte désormais 72. Trop pour le gouvernement qui cherche à réduire leur nombre. "L'idée serait de ne garder que 20 pôles sur 72 existants. Aerospace Valley est dans le top 3 français donc nous ne sommes pas menacés", assure Yann Barbaux. Reste que si l'État décide de couper dans les subventions accordées aux pôles, ces derniers devront trouver de nouvelles sources de financement. Du côté des projets, le pôle spécialisé dans l'aéronautique, le spatial et les systèmes embarqués, soutient désormais des initiatives en faveur de l'avion électrique à hydrogène et de la voiture connectée. Une diversification qui coïncide avec l'arrivée de nouveaux acteurs dans la région à l'image d'Hyperloop TT à Francazal ou l'implantation de Renault et le développement de Continental dans la voiture de demain.

Frédéric Torréa, secrétaire général d'ATR

Frédéric Torréa est le nouveau secrétaire général d'ATR. Le constructeur aéronautique spécialisé dans les avions de transport régional mise depuis son origine sur une technologie d'aéronef à hélices (ou turbopropulseurs). "Cela peut sembler aujourd'hui une technologie surannée mais elle permet de réduire de 50% la consommation de carburant par rapport à un jet", note Frédéric Torréa. Les turbopropulseurs ont le vent en poupe alors que l'industrie aéronautique est incitée à réduire son impact environnemental. "ATR livre 80 avions par an et a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de deux milliards de dollars. L'entreprise emploie 1300 personnes et génère sur l'industrie régionale 3000 emplois indirects", précise le dirigeant. Leader sur les avions de transport régional, ATR est également porté par la croissance de la demande dans les pays asiatiques. Ainsi, la compagnie aérienne low-cost Indigo a commandé 50 ATR. Par ailleurs, Frédéric Torréa relève que "Fedex a commandé 50 avions cargo, pour la première fois l'avion sera conçu directement pour la version cargo".

Patrick Vergondy, directeur du Zénith Toulouse Métropole

Patrick Vergondy directeur du Zénith de Toulouse

D'une capacité de 11 000 personnes, le Zénith de Toulouse situé à proximité de l'hippodrome a connu un changement de gouvernance en septembre 2017 suite à un renouvellement de la DSP (délégation de service public, ndlr). Ainsi, Daniel Colling, le célèbre créateur du festival Le Printemps de Bourges notamment est devenu le nouveau président du Zénith toulousain et a nommé Patrick Vergondy comme directeur de cette enceinte culturelle avec une feuille de route claire. "Notre ambition est d'améliorer grandement l'accueil du spectateur en développant de nouveaux services dont notamment une offre de restauration. Ensuite, le Zénith est perçu comme coupé de la culture toulousaine. L'objectif est que les Toulousains sentent un renouveau en ouvrant cette grande salle à des acteurs de la culture toulousaine, aussi bien pour les jeunes artistes comme pour les petits groupes de musique", développe Patrick Vergondy. La nouvelle direction du Zénith promet un certain accompagnement et une tarification spéciale pour ces acteurs afin que le Zénith soit accessible à tous.

Denis Tessier, directeur Toulouse pour Suez France

Denis Tessier, directeur à Toulouse de Suez France

(Crédits : Rémi Benoit)

En poste depuis mai 2017, Denis Tessier a été nommé à Toulouse par les dirigeants de Suez pour gérer le dossier de la DSP (délégation de service public) toulousaine de la gestion de l'eau, qui comprend l'assainissement et la distribution. "Nous avons un important dossier à monter en ce moment pour faire notre proposition à Toulouse Métropole et nous devons rendre notre copie à la fin du mois de mai", précise Denis Tessier. Actuellement détenue par Véolia, la DSP à Toulouse pourrait laisser place à une régie. Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole a en effet lancé une étude sur la possibilité de passer en régie publique la gestion à Toulouse. C'est le scénario à éviter pour Suez et tout l'enjeu pour Denis Tessier.

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