Yann Barbaux : "Aerospace Valley est au service des PME"

Le nouveau président d'Aerospace Valley, par ailleurs directeur de l'innovation d'Airbus, revient pour La Tribune sur sa vision de ce pôle de compétitivité.

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Yann Barbaux est le nouveau président d'Aerospace Valley.
Yann Barbaux est le nouveau président d'Aerospace Valley. (Crédits : Airbus)

 Vous représentez Airbus. Quel rôle doivent avoir les grands groupes au sein du pôle Aerospace Valley ?

Les grands groupes doivent jouer un rôle de locomotive pour la filière. Il ne faut pas voir leur présence comme une volonté de tout contrôler mais comme un engagement à développer la filière. Il faut le voir de façon positive. La question de la place faite aux PME se pose évidemment.  Une des difficultés de notre pôle de compétitivité, c'est qu'il est dans un grand écart permanent entre des grands groupes qui ont une stratégie internationale et une vision à 30 ans et à l'autre extrémité de petites entreprises qui n'ont pas forcément les mêmes perspectives. Mais Aerospace Valley c'est aussi un grand écart entre une vision régionale et le cadre d'une politique des pôles nationaux et d'un environnement mondial... Il va falloir être capable de gérer tout cela. Il faudra être capable d'avoir de grandes orientations mais aussi d'écouter les petites entreprises à dimension plus locale. Le sens de l'évolution du pôle, c'est de dire qu'il est au service des PME.

 Votre mission chez Airbus a été d'apporter de l'agilité, notamment en matière d'innovation. Allez-vous faire de même au sein d'Aerospace Valley ?

Très certainement. Il faut qu'il y ait une chaîne de création de valeur technologique au sein du pôle.

 Comptez-vous également vous rapprocher d'autres pôles, comme Automotech ?

Se rapprocher d'Automotech, oui, c'est le plus évident. Nous avons des problématiques communes d'un point de vue technique mais aussi en terme de responsabilité civile. Qui sera responsable en cas d'accident entre deux véhicules autonomes ? En revanche nous n'irons pas jusqu'à envisager une fusion. Nous avons beaucoup d'acteurs qui sont des petites entreprises positionnées sur des horizons et des temporalités différents. On n'a pas toujours intérêt à agréger. Il faut garder une logique de chaîne de valeur et les nôtres sont différentes actuellement. Et puis il y a de la place pour ces deux pôles. C'est un équilibre important qu'il faut garder. Mais cela ne nous empêche pas de travailler ensemble et d'avoir des participations croisées.

 Transformer l'innovation en produit, c'est l'un de vos défis pour Aerospace Valley ?

Dans la manière de travailler et de considérer des projets, il est important de se poser la question du marché et de son accessibilité. C'est un effort que les grands groupes ont à faire pour se mettre dans la peau des petites entreprises, pour penser marché et retour rapide sur investissement. Car une petite entreprise qui fait un effort pour participer à un projet d'innovation ne peut souvent pas attendre dix ans pour en récolter les fruits.

 Dans certains cas il faut donc raisonner sur des cycles plus courts, en assurant la mise sur le marché de certains produits. Aerospace Valley a les moyens et les acteurs pour amener les TPE sur de nouveaux marchés. Le pole de compétitivité est un outil de solidarité aussi dans ce sens-là. D'un côté les grands groupes vont retirer le bénéfice d'une chaîne de valeur plus performante, de l'autre les PME attendent en retour qu'on les aide à se développer au niveau régional comme local.

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