Régionales : Delga (PS) , la socialiste au penchant écologiste pour l'économie d'Occitanie

En cette dernière semaine de campagne électorale avant le premier tour des élections régionales, La Tribune décrypte chaque jour le programme économique de l'un des principaux candidats du scrutin en Occitanie. Au sommaire ce lundi, une présidente socialiste de région sortante qui adopte un costume d'écologiste pour le tissu économique. Présentation.

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Carole Delga lors du débat d'avant premier tour des élections régionales en Occitanie, organisé par La Tribune à Toulouse, mardi 1er juin.
Carole Delga lors du débat d'avant premier tour des élections régionales en Occitanie, organisé par La Tribune à Toulouse, mardi 1er juin. (Crédits : Rémi Benoit)

Carole Delga est-elle plus écologiste qu'elle n'est socialiste ? C'est la question qui méritait d'être posée au regard du programme économique présenté par ses soins, lundi 31 mai, à l'occasion de sa campagne pour les élections régionales en Occitanie. Notamment, pour convaincre les électeurs dès le premier tour qui se déroule dimanche 20 juin, la présidente sortante propose la création d'un réseau de dix écoles sur l'ensemble de la région "pour la formation aux métiers de la transition écologique".

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"Nous devons répondre à un double défi : sortir de la crise sanitaire et gérer ses conséquences économiques et sociales (...) Nous ne pouvons pas reprendre le même modèle de développement économique qu'auparavant... Il doit être plus respectueux de  l'environnement afin de préparer une croissance en conscience", justifie la candidate.

Ainsi, Carole Delga promet sur la période 2021-2027 la création de 100.000 "emplois de demain", dans les filières des biothérapies, des énergies renouvelables, de l'écoconstruction et de la mobilité du futur. Un engagement à mettre en parallèle avec le fait que l'Occitanie est la deuxième région de France au taux de chômage le plus élevé, derrière la Corse, tout en étant frappée par la paralysie de son industrie aéronautique.

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Une filière régionale de la construction durable

La création de ces dix établissements de formation et l'objectif en matière d'emplois seront ainsi complémentaires avec la promesse Carole Delga de créer un "revenu écologique" pour les jeunes et cela, sans restriction d'âge. Présentée tout récemment avec son soutien José Bové, ce dispositif doit dès lors "anticiper l'instauration d'un revenu universel" national désiré notamment par plusieurs départements de l'Occitanie. Pour ce qui est du revenu écologique jeunes, les équipes de la liste Occitanie en Commun de Carole Delga prévoient le versement d'une indemnité de 500 euros par mois à environ 10.000 jeunes par an, contre 26 millions d'euros. En l'échange de ce coup de pouce financier, les jeunes bénéficiaires devront s'engager dans une formation devant déboucher vers "un emploi vert", là aussi pris en charge par la région Occitanie si Carole Delga est réélue pour 42 millions d'euros chaque année.

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Si pour elle l'accès à l'emploi "est fondamental", via la formation, l'élue sortante - donnée seconde au premier tour dans les sondages derrière le candidat du Rassemblement National Jean-Paul Garraud - s'est aussi engagée sur les débouchés de cette nouvelle économie pour l'Occitanie. Pour ce faire, Carole Delga annonce vouloir créer une filière régionale de l'habitat durable, notamment en transformant ce sujet en une grande cause régionale, après l'alimentation sur le mandat qui s'achève. "C'est indispensable dans la région de France qui accueille le plus d'habitants chaque année", ajoute-t-elle.

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Par ailleurs, la socialiste veut revoir son dispositif d'aides économiques à destination des entreprises. La candidate promet ainsi la création d'un contrat "entreprise durable et de progrès" pour accompagner les entreprises dans leur projet de transformation vers "un modèle plus écologique et socialement responsable au quotidien". De plus, celle qui a souvent été attaquée durant cette campagne sur la méthode d'attribution des aides économiques de la collectivité annonce vouloir créer un comité de suivi sur la conditionnalité de ces aides tout en associant les citoyens.

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La relocalisation aussi au programme

Afin de créer davantage d'emplois sur le territoire régional, Carole Delga veut une région leader sur "la réindustrialisation verte", en utilisant notamment l'Aris, l'Agence régionale pour les investissements stratégiques qu'elle vient de créer. Malgré les réticences du monde économique sur ce concept de la relocalisation en réponse à la crise sanitaire, la socialiste annonce son objectif de rapatrier 80.000 emplois par ce biais en Occitanie. L'enjeu sera également de préserver ceux déjà installés et pour cela, l'Occitanie en Commun annonce vouloir créer rapidement après les élections un fonds régional anti-faillites de 100 millions d'euros, avec une participation des assureurs. L'objectif de ce fonds sera d'éviter la disparition d'emplois en lien avec une éventuelle dette Covid-19, notamment générée par les PGE, ou prêts garantis par l'État.

Autre point suivi de près par le tissu économique régional, à savoir la LGV Toulouse-Bordeaux, dont Carole Delga y est favorable, comme tous les candidats hormis l'écologiste Antoine Maurice. L'écosystème d'Occitanie a plusieurs fois exprimé publiquement son refus de payer, en partie, une telle infrastructure. Alors que les réunions de travail entre les ministères concernés et les collectives locales se suivent, trois scénarios fiscaux tiennent la corde pour boucler le financement de cette infrastructure à plus de neuf milliards d'euros : un fléchage de 10% de la TICPE (taxe sur l'essence) vers ce projet, une taxe sur la surface commerciale des entreprises ou une fiscalité nouvelle sur les poids-lourds en transit international en Occitanie. Carole Delga a fait savoir que cette dernière option avait sa préférence. Suffisant pour rassurer le tissu économique régional ?

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