Municipales : Moudenc va rencontrer des salariés de Derichebourg Aeronautics

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Jean-Luc Moudenc, candidat aux élections municipales à Toulouse, doit rencontrer des salariés de Derichebourg Aeronautics.
Jean-Luc Moudenc, candidat aux élections municipales à Toulouse, doit rencontrer des salariés de Derichebourg Aeronautics. (Crédits : Rémi Benoit)
Selon des informations de La Tribune, le candidat à sa réélection aux élections municipales à Toulouse, Jean-Luc Moudenc, va rencontrer des salariés de Derichebourg Aeronautics lundi 22 juin. Une entrevue qui intervient après la visite sur site de son rival d'Archipel Citoyen, Antoine Maurice, venu rencontrer quelques jours plus tôt les salariés et la direction. Ce sous-traitant aéronautique de rang 1 est confronté à une chute brutale de son activité et risque donc de supprimer quelques centaines de postes à terme.

Selon des informations de La Tribune, le maire sortant de Toulouse et candidat aux élections municipales, Jean-Luc Moudenc, a prévu de rencontrer des salariés de Derichebourg Aeronautics, le sous-traitant aéronautique toulousain de rang 1 plongé dans un climat social complexe.

L'entrevue doit avoir lieu dans les locaux de la permanence du candidat, place Wilson à Toulouse, lundi 22 juin à 11 heures. Contactée par nos soins, l'équipe de Jean-Luc Moudenc n'a pas encore donné suite à nos sollicitations concernant l'objet de ce rendez-vous, ni même la composition de la délégation de la liste "Aimer Toulouse". Néanmoins, en plus du candidat, nul doute que celui-ci sera entouré de colistiers au profil économique comme l'ancienne présidente du pôle de compétitivité Aerospace Valley, Agnès Paillard-Bertrand, ou encore Nicolas Misiak, un entrepreneur toulousain. Du côté de Derichebourg Aeronautics, deux salariés n'appartenant à aucun syndicat seront présents, mais aussi des représentants de l'Unsa Snmsac, syndicat minoritaire au sein de l'entreprise qui emploie 1 500 personnes à Toulouse.

"Nous n'arrivons pas à rencontrer des élus politiques, alors nous avons l'occasion ici de leur faire prendre conscience de la place de l'aéronautique à Toulouse. Nous allons lui mettre des choses sur la table et porter notre message. Néanmoins, nous savons qu'il n'a pas de poids, ou très peu, dans la balance, mais pour nous son soutien sera utile pour la suite. Nous le savons tous, un accord de performance collective (APC) prépare la suite qui signifie généralement un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) avec des suppressions de postes", explique Philippe Faucard, l'un des représentants de l'Unsa qui participera à la réunion.

Un plan de licenciements déguisé ?

En l'occurrence, le délégué syndical fait référence à l'accord social signé vendredi 12 juin entre la direction et le syndicat majoritaire Force ouvrière (FO), mais pas par les deux autres organisations minoritaires qui sont la CFE-CGC et celle de Philippe Faucard.

Ce dernier, et son organisation, craignent que cela soit un plan social déguisé. En effet, l'APC prévoit notamment la suppression de l'indemnité journalière pour le transport et le repas pour tous les salariés, soit une baisse de salaire mensuel pouvant aller jusqu'à 300 euros. Néanmoins, celle-ci a été compensée par l'instauration prochaine des tickets restaurants, établissant ainsi la perte de salaires à 170 euros chaque mois. En l'échange de cet effort, la direction de Derichebourg Aeronautics s'engage à ne procéder à aucun licenciement économique d'ici la fin de l'année 2020 voire jusqu'en juin 2022, sous certaines conditions... En cas de refus de l'avenant au contrat de travail, une procédure de licenciement est enclenchée dans les deux mois qui viennent.

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"Ce sont clairement des licenciements déguisés ! Beaucoup de salariés, même hors syndicat, ont déjà fait savoir qu'ils refuseraient le nouvel avenant au contrat. Par conséquent, ils vont faire l'objet d'une procédure de licenciement. La suppression de nos avantages sociaux est faite sciemment pour provoquer ces départs. Les expertises indépendantes ont signalé quoi qu'il arrive que nous aurions d'ici la fin de l'année un sureffectif de 350 personnes", poursuit Philippe Faucard.

Jean-Luc Moudenc passe après son adversaire Antoine Maurice

Son organisation a sollicité un cabinet d'avocats pour faire annuler en justice l'APC. Avant d'en arriver là, l'Unsa a tout tenté pour que cet accord ne voit pas le jour, en organisant notamment des rassemblements de plusieurs centaines de salariés devant le siège de Derichebourg Aeronautics, à Blagnac, pendant les réunions de négociations. Des rassemblements auxquels le rival écologiste de Jean-Luc Moudenc aux élections municipales à Toulouse, Antoine Maurice, avait participé pendant plusieurs heures le jeudi 11 juin, afin de rencontrer les salariés, les syndicats, mais aussi la direction.

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Antoine Maurice

Antoine Maurice était notamment accompagné de l'eurodéputé LFI Manuel Bompard et de son colistier Pierre Cohen lors de sa venue chez Derichebourg Aeronautics (Crédits : Rémi Benoit).

D'ailleurs, lors du Grand Débat Éco' organisé par La Tribune, lundi 15 juin, entre les deux candidats à l'occasion du second tour des élections municipales à Toulouse, Antoine Maurice avait attaqué verbalement Jean-Luc Moudenc à ce propos : "Je suis mobilisé pour soutenir l'aéronautique, tout d'abord à court terme pour pérenniser les emplois, c'est pour cela d'ailleurs que je me suis rendu à Derichebourg Aeronautics, à la rencontre des salariés et du président. Donc il ne suffit pas de revendiquer par la parole un soutien à la filière aéronautique Monsieur Moudenc, il faut aussi être sur le terrain aux côtés des acteurs et j'y étais pour ma part", avait-il notamment déclaré. Alors pour le candidat EELV, tête de liste d'Archipel Citoyen, cette prochaine rencontre, contrairement à la sienne, n'a qu'une visée électoraliste.

"Cela prête à sourire... Depuis plusieurs semaines, les salariés sont mobilisés et même le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a émis des réserves sur le comportement de la direction de Derichebourg Aeronautics. Contrairement à lui, Jean-Luc Moudenc a compris que nous, nous étions vraiment dans la défense et la préservation de l'emploi. Son entrevue programmée est une séance de rattrapage à cinq jours du second tour des élections. Ce n'est pas respectueux vis-à-vis des salariés d'engager une démarche non sincère avec une visée électoraliste", lâche-t-on du côté de l'équipe d'Antoine Maurice.

Qui dit vrai ? Qui a la démarche la plus sincère ? Seuls les deux candidats le savent. Malgré le fait qu'un sondage exclusif BVA pour La Tribune et Europe 1 met en avant que les Toulousains accordent une plus grande crédibilité à Jean-Luc Moudenc qu'Antoine Maurice pour les protéger d'une crise économique sur la métropole de Toulouse, le maire sortant ne veut pas laisser le sujet économique à son adversaire, après l'offensive d'Antoine Maurice sur ce thème la semaine passée. Pour preuve, 156 personnalités dont le Toulousain Guy Novès, Thomas Bascaules (ancien directeur d'AD'OCC), l'ancien président du Stade Toulousain René Bouscatel, l'entrepreneur dans le numérique Daniel Benchimol, Valérie Jimenez PDG de son entreprise de transports ou Marc Leverger de Brico Privé ont appelé, vendredi 19 juin, à voter Jean-Luc Moudenc pour "préserver l'emploi".

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