Municipales : les moments clés à retenir du Grand Débat Éco à Toulouse

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Pendant une centaine de minutes, Antoine Maurice et Jean-Luc Moudenc, candidats au second tour des élections municipales à Toulouse, ont débattu autour de thématiques économiques.
Pendant une centaine de minutes, Antoine Maurice et Jean-Luc Moudenc, candidats au second tour des élections municipales à Toulouse, ont débattu autour de thématiques économiques. (Crédits : Rémi Benoit)
Après avoir réuni les deux candidats du second tour des élections municipales à Toulouse pour son Grand Débat Éco', la rédaction de La Tribune vous propose une sélection non exhaustive des moments clés de ces échanges animés. Soutien à la filière aéronautique, LGV, troisième ligne de métro... Extraits, images, mais aussi replay intégral de ce débat à découvrir ci-dessous.

Quelques heures après avoir dévoilé un sondage BVA exclusif pour La Tribune, plaçant Antoine Maurice en pôle position pour devenir le prochain maire de la quatrième de ville de France au détriment de Jean-Luc Moudenc, La Tribune a réuni les deux candidats du second tour des élections municipales à Toulouse pour son Grand Débat Éco'. Devant quelques dizaines d'acteurs du milieu économique local, les deux invités ont débattu pendant plus d'une heure et demie autour de l'emploi, du rayonnement du territoire et sur la ville de demain. Voici ainsi une liste (non exhaustive) de certains moments clés de ce débat d'entre-deux tours très animé, dont le replay intégral vous est proposé ci-dessous.

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L'aéronautique en entrée

Quelques minutes après le lancement du débat, au cours de la partie portant sur "comment soutenir l'emploi sur la métropole dans une période post-Covid?", la question de la filière aéronautique a été placée aux cœurs des échanges entre les deux acteurs du plateau. L'occasion pour le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, crédité de 49% des intentions de vote le 28 juin prochain, de reprocher à Antoine Maurice un soutien superficiel à cette filière industrielle moteur du territoire.

"Il y a un ralliement récent et assez superficiel à l'aéronautique. Du moment qu'on dit que l'avion a un avenir mitigé, on ne se battra pas pour la filière à fond, mais moi je me battrai à fond. Dire que l'avion n'a de l'avenir qu'à travers les longs courriers revient à condamner la filière aéronautique de Toulouse, car 80% de son activité est en lien avec les courts et moyens courriers. L'ambiguïté de mes adversaires sur ce sujet est extrêmement avérée et extrêmement dangereuse", lâche alors la tête de liste Aimer Toulouse.

Débat second tour

(Dans le respect du protocole sanitaire, les acteurs économiques étaient au rendez-vous de ce premier débat d'entre-deux tours des élections municipales à Toulouse / Crédits : Rémi Benoit.)

Des accusations qu'Antoine Maurice a tenu à contredire par des faits récents.

"Je suis attaché à l'aéronautique et son industrie, qui est une grande réussite économique. Mais c'est d'abord l'État qui porte cette filière, donc faire croire que cette élection aura des conséquences sur le développement de la filière, selon l'élection de l'un ou de l'autre, est un peu prétentieux. Je suis mobilisé pour soutenir l'aéronautique, tout d'abord à court terme pour pérenniser les emplois, c'est pour cela d'ailleurs que je me suis rendu à Derichebourg Aeronautics, à la rencontre des salariés et du président. Donc il ne suffit pas de revendiquer par la parole un soutien à la filière aéronautique Monsieur Moudenc, il faut aussi être sur le terrain aux côtés des acteurs et j'y étais pour ma part. Le sujet désormais est de préserver ces emplois d'aujourd'hui et penser ceux de demain dans une filière bien structurée, à travers les Assises nationales de l'Aéronautique à Toulouse que je veux impulser si je suis élu maire", lui a répondu le candidat d'Archipel Citoyen.

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La LGV payée par les acteurs économiques du territoire

Par la suite, le chantier de l'attractivité du territoire a été abordée. Si une ville et une métropole rayonnantes sont des territoires connectés à leurs voisins, naturellement l'éternel débat autour de l'espérée LGV Toulouse-Bordeaux a été au coeur d'une partie de ce débat d'entre-deux tours. Un dossier sur lequel Jean-Luc Moudenc et Antoine Maurice sont totalement opposés, notamment en raison des conséquences fiscales de son aboutissement.

Débat second tour

(Les deux candidats se sont engagés à une stabilité pour le tissu économique devant leurs acteurs / Crédits : Rémi Benoit)

"Nous sommes tous pour un train à grande vitesse et améliorer la desserte de Toulouse à Paris, mais pas que ! L'enjeu est de nous connecter à Montpellier et Barcelone. Par ailleurs, comment on finance cette LGV ? Si l'État ne met pas deux milliards d'euros, elle n'es pas finançable. Par contre, Jean-Luc Moudenc vous êtes pour la LGV, mais je pense que vous êtes d'abord pour l'impôt. Sur cette LGV, à travers la société de financement dédiée, vous défendez la création d'un nouvel impôt et les acteurs économiques seront les premiers concernés par celui-ci. Êtes-vous prêt à assumer que ce sera la condition indispensable à sa réalisation ? Moi je ne suis pas prêt à le faire, dans ce contexte de crise économique et social", justifie Antoine Maurice.

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(Le maire sortant de Toulouse parviendra-t-il à conserver son écharpe ? / Crédits : Rémi Benoit.)

Ne cachant pas son intention, son opposant et adversaire s'est défendu en invoquant une fiscalité provisoire, compensée par les richesses engendrées par cette infrastructure.

"Ce n'est pas une proposition de financement de Jean-Luc Moudenc, mais je le porte et je le revendique. Il y a une proposition de financement qui a été déposée en commun par Jean-Luc Moudenc, Carole Delga, Alain Rousset et Alain Juppé à l'époque. Cette proposition commune consiste à faire un emprunt de très long terme, sur 40 ans, avec des échéances de remboursement supportables et avec une fiscalité dédiée comme pour le Grand Paris Express. Cette logique de financement consiste à dire que sur le long terme l'arrivée de la LGV va générer l'arrivée d'entreprises et d'investisseurs sur le territoire et va donc générer des nouvelles richesses. L'idée est donc que sur cette nouvelle richesse, permise par un décision d'investissement public, qu'il y ait pendant un certain temps un prélèvement qui aidera effectivement au remboursement de l'emprunt", a confirmé Jean-Luc Moudenc.

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(Six dirigeant(e)s d'entreprises, agriculteurs ou commerçants ont pu poser directement une question aux deux candidats sur leurs problématiques du quotidien / Crédits : Rémi Benoit.)

Quand Toulouse aura-t-elle sa 3ème ligne de métro ?

Enfin, quand le thème de "La ville de demain et des transitions" a été évoqué, en toute logique les mobilités douces et l'écologie ont monopolisé les échanges entre les deux candidats du second tour des élections municipales à Toulouse. Ainsi, le tumultueux sujet de la troisième ligne de métro a fait son apparition sur scène. Jean-Luc Moudenc n'a alors pas manqué de rappeler les bienfaits de ce projet qu'il défend ardemment.

"C'est le projet le plus écolo de France car il va permettre d'économiser 20 millions de litres de carburant et qu'il va drainer 200 000 voyages par jour qui vont être ôtés à la circulation automobile ! Voilà comment nous, nous voulons faire reculer la place de la voiture en ville, par une offre attractive sur les alternatives en commençant par les transports en commun. Sur ce point, on a investi 30% de plus sur ce mandat que par rapport à l'équipe municipale précédente, dont Monsieur Maurice faisait partie. La troisième ligne est un enjeu majeur pour le territoire et c'est aussi 25 000 emplois pour le chantier", promet le maire sortant.

Débat second tour

(Antoine Maurice veut incarner le désir de changement des Toulousains / Crédits : Rémi Benoit.)

Du côté de son challenger, Antoine Maurice propose quant à lui un report de quelques années de ce projet pour dégager des marges d'investissement sur des projets qu'il estime davantage prioritaires.

"Votre bilan est un véritable fiasco. C'est le premier mandat durant lequel aucune infrastructure de transport n'est inaugurée. Vous n'avez fait que de l'amélioration de l'existant (...) Vous faites croire encore qu'on aura la troisième ligne de métro en 2024-2025, mais c'est faux et vous le savez très bien. Les années gagnées (par un report du projet comme le propose Antoine Maurice plutôt favorable en priorité à un prolongement de la Ligne B, ndlr) dans l'investissement, nous permettrons de financer le plan d'urgence de bus et le RER toulousain, sans pour autant remettre en question la troisième ligne de métro, pour laquelle il faut obtenir le financement de l'État que vous n'avez pas su obtenir et nous, nous battrons pour l'avoir !", propose-t-il.

Débat second tour

(L'un de ces deux visages sera le prochain maire de Toulouse, de 2020 à 2026 / Crédits : Rémi Benoit.)

Malgré la récente déclaration d'utilité publique du projet, une inquiétude demeure à propos du calendrier (après 2026 ?) et surtout, de son financement, en raison de la chute annoncée des recettes des collectivités en raison de la crise sanitaire. Nul doute que ce sujet animera les prochains jours de cette campagne électorale, à l'issue très incertaine.

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