Le Toulousain Stradot va industrialiser son robot d’automatisation du parcage automobile

L’entreprise toulousaine a mis au point un système d'automatisation du parcage des voitures, composé d’un robot et de cabines de transfert qui placent et retirent les véhicules de façon autonome. Ce concept qui permet de doubler la capacité de stationnement des parkings sera testé dès 2022 dans des projets pilotes. Afin d’accélérer son développement, Stradot va pré-industrialiser la fabrication de son robot avec l’ouverture d'une ligne d’assemblage à Toulouse en 2023. En parallèle, la startup lance un projet de navette modulaire pour le transport des biens et des personnes.

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Le robot Stradot est capable de transporter un véhicule pouvant peser jusqu'à trois tonnes.
Le robot Stradot est capable de transporter un véhicule pouvant peser jusqu'à trois tonnes. (Crédits : DR)

Cette année, Stradot va faire un grand pas dans son développement avec sa solution d'optimisation de l'espace et d'automatisation de parcage des voitures. L'entreprise toulousaine, fondée en 2019, a imaginé un outil composé d'un robot transporteur de voitures, de cabines de transfert, ainsi que d'un logiciel de gestion des flux véhiculaires. Le dépôt et le rangement des véhicules sont réalisés rapidement et automatiquement par le robot. Plus besoin de chercher une place de stationnement durant de longues minutes, l'usager place son véhicule dans une cabine de transfert et un logiciel va ensuite indiquer au robot où le garer en fonction des places disponibles.

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Cette technologie permet ainsi de doubler la capacité de parcage d'un espace, en supprimant les allées de circulation, sans le modifier avec des travaux qui engendrent un coût et un impact environnemental supplémentaires. Protégée par un brevet, la solution jamais vu en France, se démarque par sa technologie unique, au sol, très flexible et évolutive et peut transporter un véhicule pouvant peser jusqu'à trois tonnes.

Stradot

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La technologie peut doubler la capacité de stationnement d'une zone. (Crédits : Stradot)

Les premiers projets témoins

Avec un concept abouti, Stradot va débuter ses premiers projets pilotes durant le second trimestre 2022. "Nous allons en réaliser deux avant la fin de l'année. En 2023 nous allons en faire plus sur des contrats à plus longs termes", indique José Iriarte, cofondateur de la startup. Elle qui souhaitait initialement s'adresser aux marchés des opérateurs de parkings aériens et souterrains ainsi qu'aux entreprises industrielles disposant d'un espace de parking au flux de véhicules important, a élargi son champ d'action.

Ainsi, ses deux premiers projets témoins vont être réalisés auprès d'entreprises, tenues secrètes, spécialisées dans la logistique automobile. Stradot va robotiser la logistique extérieure de ces deux leaders de leur marché et leur permettre de gérer le stockage de véhicules soit en sortie d'usine ou en plateforme de distribution. Durant près d'un mois, la société toulousaine va mettre à leur disposition deux dispositifs (chacun) capables de gérer un espace de stockage d'entre 100 et 300 voitures.

"Après avoir testé des solutions concurrentes, ils nous ont sollicité car notre machine, plus complexe, présente différents avantages. La performance foncière est meilleure. La performance des mouvements est supérieure. Nous pouvons déplacer les voitures de façon plus rapide. Avec un nombre faible de robots, il est possible de gérer de grands sites de stockage. Notre solution est donc beaucoup plus économique. Nous divisons par deux les coûts de manutention", explique le président de la startup.

S'ils se déroulent bien, ces différents projets pilotes pourraient mener à des contrats de long terme.

Parkings, parcs relais et ports intéressés

Parallèlement, Stradot travaille avec un hypermarché de la région rennaise qui a un surface de parking limitée. Sur ce projet, elle collabore avec quatre cabinets d'architectes, en compétition, qui doivent inclure et adapter l'outil à leur proposition. Après une phase de travaux, le robot Stradot devrait être opérationnel au sein de l'espace de parcage de cet hypermarché pour fin 2023 voire début 2024.

De plus la jeune pousse discute avec le Sicoval, l'intercommunalité du sud-est toulousain, qui devrait mettre à sa disposition un parking, à Labège, afin d'y installer un démonstrateur pour une application publique.

"Il pourra ensuite être appliqué durant la période de travaux et éventuellement définitivement au futur parc relais de la troisième ligne de métro. Dans ce sens là, nous avons un rendez-vous avec Jean-Michel Lattes, le président de Tisséo et Marc Ivaldi, économiste spécialiste des transports. Dès juillet, nous allons présenter notre solution au Grand Paris Express."

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Avec son système d'automatisation du parcage, Stradot vise un certain nombre de marchés où les surfaces de parking se font rares et chères, qui sont en pénurie de main d'oeuvre et où la demande de robotisation (mobilité ou logistique) est forte et pressante. Cela est le cas pour les ports de marchandises où passent des véhicules importés ou destinés à l'export par exemple. Ces derniers ont grandement besoin d'optimiser le foncier et les flux et de réduire les surfaces de stockage des voitures.

"Nous sommes en discussion avec une société étrangère, dédiée à l'importation et exportation de voitures, qui dispose de ports aux Etats-Unis et en Amérique latine", révèle le dirigeant de la boîte.

Industrialiser en Occitanie dès 2024

Afin d'accompagner la future accélération commerciale, l'entreprise souhaite pré-industrialiser la fabrication de son robot avec l'ouverture d'une ligne d'assemblage à Toulouse dès 2023. Avec une cadence de production de deux à trois robots par mois, cette dernière permettra de mener les différentes expérimentations auprès des potentiels clients. Le futur outil de production sera installé dans une zone industrielle entre Pechabou et Castanet, communes de la Haute-Garonne, située à une vingtaine de kilomètres de Toulouse.

En attendant de passer à cette étape intermédiaire, la jeune pousse va couvrir les demandes de robots nécessaires aux premiers projets pilotes depuis son petit atelier "artisanal", situé à Pechabou. Dès 2024, Stradot veut prendre une nouvelle dimension industrielle et espère inaugurer une ligne, d'une capacité d'un robot par jour. Cette dernière sera certainement installée en Occitanie.

Afin de financer ces différentes phases, la startup est en train de rassembler des fonds pour 2022. Elle souhaite aussi réaliser un tour de table de plusieurs millions d'euros, dont les modalités sont pour l'heure tenues secrètes, en 2023.

Renforcer les effectifs

Aujourd'hui, Stradot dispose d'une filiale en Argentine, qui emploie quatre personnes à temps plein, où est réalisée une partie de la R&D et depuis laquelle elle analyse et adresse les marchés d'Amérique latine et les États-Unis. Son siège social toulousain, depuis lequel elle gère l'ensemble des marchés européens où peut être appliqué son concept, compte huit salariés. Dès ce mois de mai 2022, la startup va commencer à ouvrir des postes sur les parties technique, fabrication et commerciale. En tout, elle veut créer une dizaine de postes entre mai et juillet 2022 à Toulouse.

Une fois bien installée commercialement en Europe, l'entreprise souhaite allez en Asie, notamment en Chine où le marché automobile est dominant et au Japon qui exporte de grands volumes de véhicules vers le monde entier.

Une navette autonome pour les hommes et les petites marchandises

En attendant, Stradot travaille d'ores et déjà sur un second projet qui devait l'occuper par les années à venir : une navette modulaire. Cette dernière repose sur le même robot qui au lieu de transporter des voitures transportera des cabines et permettra ainsi aux personnes et aux biens de se déplacer plus facilement et rapidement sur des sites industriels, de bâtiments en bâtiments, de zones en zones ou dans des espaces urbains par exemple.

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Projection 3D de la future navette modulaire Stardot. (Credits : Stradot)

"Parfois, pour déplacer des petites marchandises, des choses en vrac, il n'y a pas besoin d'un conteneur, c'est trop gros. Nous avons un robot qui peut servir à différentes applications. Nous commençons par les véhicules car il s'agit du plus simple en termes de réglementation et de développement technique. C'est beaucoup plus simple que de se lancer dans le développement d'une navette autonome qui partage l'espace avec d'autres véhicules et des personnes en mouvement", affirme José Iriarte.

Ce projet à long terme, bientôt protégé par un brevet international, se veut être un concurrent sérieux des navettes autonomes d'EasyMile. Stradot est en pleine étude de faisabilité du concept et est en discussion avec de potentiels investisseurs prêts à financer le développement de cette innovation très gourmande en capital.

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