Transport et mobilité : face aux enjeux du numérique, les acteurs d’Occitanie se mobilisent

Le cluster d’entreprises du numérique en Occitanie, Digital 113, propose à travers le programme “Digital is future” un cycle d’événements et de conférences pour accélérer le virage numérique de la filière transport et mobilité. L’occasion pour les chercheurs, entreprises, clusters, organisations professionnelles et la Région Occitanie de travailler en coopération et en coordination face à la révolution numérique et digitale à laquelle est confronté le secteur. Présentation.

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Digital 113, se mobilise autour de la question de la digitalisation de la filière transport et  mobilité.
Digital 113, se mobilise autour de la question de la digitalisation de la filière transport et mobilité. (Crédits : Rémi Benoit)

Le transport représente plus de 16% du PIB français. Comme tout secteur, il n'échappe pas au bouleversement de ses activités traditionnelles, avec l'émergence d'innovations technologiques majeures. La filière est également soumise à de grands enjeux sociétaux, comme celui de la décarbonation des véhicules à horizon 2030. Le numérique a un rôle clé à jouer pour accompagner la filière à relever ces défis.

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Dans ce contexte et à l'occasion de la cinquième édition de son programme d'accompagnement d'entreprises, "Digital is future", Digital 113, le cluster des entreprises du numérique d'Occitanie se mobilise autour de la question de la digitalisation de la filière transport et mobilité. "Digital is future" vise à accompagner les entreprises à se diversifier, amorcer ou accélérer leur transformation digitale, les aider à découvrir les différents acteurs qui les entourent et leur offrir un "focus de visibilité".

"Le numérique peut apporter des solutions au monde du transport. Au-delà du côté technologique, nous sommes dans une révolution et transformation sociétale et d'usage. Je suis convaincu, qu'ensemble, nous acteurs de la région Occitanie avons des compétences et expertises à montrer au reste de la France et à l'Europe", affirme Emmanuel Mouton, président de Digital 113.

Pour cette cinquième saison de "Digital is future", le cluster agira en collaboration avec des partenaires issus de l'ensemble de la filière mobilité et transport d'Occitanie. L'initiative rassemble des entités pluridisciplinaires de différentes tailles : l'agence de développement économique de la Région Occitanie, Ad'occ, le Campus des métiers et des qualifications d'excellence - Mobilité et transport intelligent, la Fédération des industries des équipements pour véhicules (FIEV), l'Institut de recherche en informatique de Toulouse (IRIT-AutOCampus), Totem, le cluster transports automotive, rail, maritime, Transten, le cluster Transport routier en Occitanie, We4Log, le cluster logistique d'Occitanie ainsi que les entreprises Continental, SNCF, Spartearth et Synox.

Travailler en bonne intelligence

Durant trois mois et à partir de ce mois de mars, les différents acteurs de ce partenariat proposeront un cycle de rendez-vous, rencontres et contenus "inspirants", à leurs entreprises, adhérents, réseaux afin de se comprendre, se découvrir et explorer les possibilités de collaborations business et innovation. L'idée est de croiser les expertises, échanger sur l'innovation et partager les bonnes pratiques afin d'initier des solutions durables pour l'ensemble de la filière transport et mobilité.

"Digital is future est un parcours où l'on commence par, "filière xplorer", une présentation des acteurs de la filière aux acteurs du numérique afin de comprendre leur métier, leurs enjeux et leurs besoins en matière de numérique. Ensuite, c'est le moment du "cap numérique", où à travers des cas d'usage, nous expliquons ce qu'il est possible de faire à travers le numérique", explique Amélie Leclerq, directrice générale de Digital 113.

Le digital peut "apporter beaucoup au domaine de l'automobile"

Le contenu des échanges portera sur les transports terrestres (automobiles, train, tramway, métro, bus, navettes, poids lourds ...) et abordera un large éventail de sujets clés : la chaîne de production de véhicules, les transports de marchandises et la logistique, les transports de personnes, les services aux usagers et entreprises, les infrastructures de transport et les véhicules intelligents et connectés.

"Les compétences nécessaires dans le futur changent à grande vitesse et deviennent largement digitales. Nous avons des préoccupations de nos membres qui sont éminemment tournées vers le digital. Dans l'automobile, toute la mouvance d'électrification, les véhicules définis par le software, la communication à travers la 5G ou des constellations satellitaires, etc n'est possible que grâce à une digitalisation du véhicule. Les acteurs du digital peuvent donc apporter beaucoup au domaine de l'automobile", explique Stefan May, CEO de Continental Automotive France et représentant du cluster Totem, Occitanie.

"L'un des enjeux globaux du ferroviaire est le transport double des voyageurs et du fret. Pour cela, nous avons besoin du digital. Parmi nos attentes de la digitalisation il y a : l'augmentation de la capacité de circulation avec des systèmes de signalisation nouvelle génération adaptés, l'amélioration de la disponibilité du matériel global de possession ou d'exploitation du matériel roulant à travers la maintenance prédictive, piloter plus finement le transport des voyageurs et les orienter vers des moyens multimodaux et la garantie de la sécurité dans les transports", ajoute Pascal Pin, vice-président "rail" du cluster régional Totem.

Afin d'améliorer la sécurité et les services et mettre en place des projets et solutions le domaine ferroviaire devra, aujourd'hui et dans le futur s'appuyer sur tout ce que le numérique a à offrir en terme de digital, d'IA, d'IoT, etc. Parmi ses futurs projets et enjeux figurent les gares connectées, le train et le fret autonomes, la géolocalisation et l'optimisation des convois, la sécurisation des passages à niveau, etc.

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Anticiper sur la mobilité autonome

"Digital is future" sera également l'occasion de plancher sur les différents types de véhicules autonomes qui nécessitent un grands nombre de systèmes embarqués et de logiciels pour fonctionner correctement. Afin d'intégrer ces nouveaux modes de transport, il sera nécessaire de penser un plan d'intégration à ceux déjà existants.

"Nous nous dirigeons vers les véhicules autonomes que ce soit les trains, les navires ou les voitures. Pour aller vers cette autonomie, il faut intégrer des logiciels, de l'intelligence artificielle, etc. Parmi les enjeux du numérique, il est important que le véhicule et l'infrastructure communiquent ensemble et remontent l'information vers des cloud où nous allons pouvoir mettre en place des services. Il faut que ces réseaux de communication soient sûrs, sécurisés, fiables et sans latence. La cyber sécurité, le réseau, les data centers, l'internet des objets et l'intelligence artificielle seront donc très importants", insiste Marie-Pierre Gleizes, professeur à l'Université Paul Sabatier de Toulouse, directrice du groupement d'intérêt scientifique Neo Campus et responsable de la plateforme d'expérimentation pour les véhicules autonomes connectés à Toulouse, AutOCampus.

Le trimestre à venir sera donc l'occasion d'échanger et de travailler entre les différentes parties prenantes du projet autour de ces différents thèmes et défis. La prochaine échéance du programme sera le 5 avril prochain pour la "Filière Xplorer", un webinaire pour mieux comprendre les besoins de la filière transport et mobilité.

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