Biznext : "L'intelligence artificielle est une opportunité pour développer les soft skills"

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Luc Truntzler, directeur associé d'Inbenta France a présenté les avancées de l'intelligence artificielle à l'occasion de la dernière édition de Biznext.
Luc Truntzler, directeur associé d'Inbenta France a présenté les avancées de l'intelligence artificielle à l'occasion de la dernière édition de Biznext. (Crédits : Rémi Benoit)
Intelligence artificielle, nouveaux codes de recrutement, Bitcoin, réalité virtuelle.... voilà autant de bouleversements qui étaient à l'ordre du jour de la dernière édition de Biznext organisée lundi 12 novembre par la Tribune Toulouse. Morceaux choisis.

En 2016, Alphago, l'intelligence artificielle de la société Deepmind remportait un jeu de go face au grand champion coréen Lee Sedol. De quoi impressionner sur les capacités exponentielles de l'IA acquises en quelques années. "Pourtant l'IA en question ne savait faire qu'une chose, gagner au jeu de go", pointe Luc Truntzler, directeur associé d'Inbenta France, à l'occasion de la dernière édition de Biznext organisée lundi 12 novembre par la Tribune Toulouse.

L'expert souligne le fait qu'aujourd'hui "nous utilisons très peu tout le potentiel de l'intelligence artificielle".

"Les usages les plus répandus relèvent d'une IA faible, spécialisée dans un domaine comme la reconnaissance d'images ou vocale, le traitement automatique du langage, l'analyse prédictive... C'est un fonctionnement à l'opposé de l'intelligence humaine. Un enfant de trois ans est capable à la fois de reconnaître une voix, des images... Une IA forte serait capable de combiner toutes ces facultés mais pour l'instant on n'est pas en mesure d'y parvenir", décrit-il.

Pour Luc Truntzler, l'IA représente un intérêt économique "dans la chasse aux routines et aux données".

"Pour une banque, 80% des demandes des clients en ligne sont récurrentes : comment augmenter mon plafond ? comment payer à l'étranger ? Les chatbots (robots conversationnels utilisés par les services clients pour répondre aux questions des internautes, ndlr) exploitent le traitement automatique du langage et permettent aux conseillers clientèle de se concentrer sur les questions plus complexes.

Concernant les données, l'analyse prédictive permet de développer de nouvelles opportunités de vente. Savoir par exemple quel client appeler pour lui vendre une assurance de ski avec un taux de réussite de 80%. C'est possible en sachant qu'il achète pour 300 euros dans un magasin de sport deux semaines avant les vacances d'hiver."

Pour le dirigeant, "il faut sortir d'une vision adversariale entre l'homme et la machine et y voir plutôt une complémentarité"."L'intelligence artificielle est une opportunité pour développer les soft skills", notion qui traduit des compétences en intelligence émotionnelle et sociale. "Quel est l'intérêt d'avoir un salarié qui répond 50 fois par jours à la question 'où sont les toilettes ?' dans un aéroport".

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Françoise Mercadal-Delasalles, directrice générale du groupe Crédit du Nord (Crédit : Rémi Benoit).

"Il faut aussi prendre en compte les impacts sociaux. 50 à 60 % des tâches manuelles pourraient être remplacées par l'intelligence artificielle", relève de son côté Françoise Mercadal-Delasalles directrice générale du groupe Crédit du Nord, présidente du conseil de surveillance de la Banque Courtois et membre du Conseil national du numérique.

L'experte qui relève que face à ces bouleversements les acteurs traditionnels comme les banques "sont en train d'investir des sommes considérables sans rentabilité et dans une situation de dépendance avec les technologies adoptées par les grands fournisseurs informatiques".

"Là où actuellement il y a un intermédiaire, il y aura demain de la blockchain"

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Denis Lafont-Trevisan, "Talent acquisiton manager "chez Talao (Crédit : Rémi Benoit).

Les acteurs traditionnels sont également impactés par l'arrivée de la blockchain. Denis Lafont-Trevisan, "Talent acquisiton manager "chez Talao, une plateforme qui met en relation experts et freelance sur la blockchain estime que cette technologie "va changer nos vies" :

"Là où actuellement il y a un intermédiaire, il y aura demain de la blockchain. Nous voyons émerger des contrats intelligents. Par exemple, Axa a lancé un smart contract pour le remboursement des billets d'avion. Jusqu'à présent, en cas d'annulation, vous pouviez appeler l'assurance et un agent se chargeait de vérifier que vous aviez bien acheté un billet, etc. Avec la blockchain, tout se déroule sans l'intervention d'un agent d'Axa. Cette technologie pourrait à terme remplacer les chefs pour le recrutement de collaborateurs ou les divers arbitrages d'une entreprise", explique-t-il.

Autant de bouleversements technologiques qui changent aussi la manière de recruter les collaborateurs. Alors que les métiers de demain n'existent pas encore, Laurent Gerin, vice-président senior de la région Grand sud au sein de CGI, estime qu'il est important de rechercher "des têtes bien faites, des personnes capables de s'adapter".

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À l'issue des présentations, cinq prix ont été remis :

  • la startup Liberty Rider a remporté le trophée de startup de l'année remis par Toulouse Métropole
  • Patrick Séguéla, gérant de Synapse Développement, a gagné le prix innovateur de l'année délivré par TBS
  • Ludilabel qui vend des kits d'étiquettes thermocollantes a été distinguée dans la catégorie croissance internationale remis par le Sicoval
  • Sébastien Matty, CEO de GA Smart Bulding a été sacré dans la catégorie manager de l'année, prix remis par la Région Occitanie
  • Enfin, BricoPrivé  a gagné le prix spécial du jury

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