Municipales : bridé par la loi, Jean-Luc Moudenc fait sa rentrée politique

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Le maire de Toulouse a fait le bilan de l'année 2019, avant des élections municipales.
Le maire de Toulouse a fait le bilan de l'année 2019, avant des élections municipales. (Crédits : Rémi Benoit)
Ne pouvant s'exprimer que sur l'année 2019, le maire de Toulouse et président de la Métropole Jean-Luc Moudenc a effectué sa rentrée politique jeudi 12 septembre. En plus de renouveler sa demande d'effectifs de policiers nationaux supplémentaires à l'État, l'élu a annoncé la publication prochaine d'un arrêté municipal contre les tentes de fortune arrivées récemment dans le centre-ville. Le maire y voit d'ailleurs une manoeuvre politique.

Le maire sortant a donné rendez-vous dans les locaux de Toulouse Métropole, jeudi 12 septembre, pour sa rentrée politique. Mais sans attendre, il a mis de côté toute question relative aux prochaines élections municipales afin de respecter la législation en vigueur.

"Étant dans les locaux d'une collectivité, je ne répondrai à aucune question concernant le prochain scrutin municipal afin de respecter la loi qui stipule qu'un élu ne doit pas mettre à sa disposition les moyens d'une collectivité à des fins électorales", a alors déclaré le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc.

L'heure de l'annonce d'une éventuelle candidature à sa propre réélection n'était donc pas venue. À ce sujet, l'édile toulousain, qui est en négociation avec La République En Marche pour un soutien en mars 2020, a par le passé fait savoir qu'il se prononcerait à ce sujet "avant Noël".

Un arrêté anti-bivouac à venir

Malgré cette réglementation, le maire sortant encarté Les Républicains ne s'est pas gêné pour dénoncer certaines situations, notamment en ce qui concerne l'apparition de tentes de fortune sur les grands boulevards de Toulouse dans lesquelles sont réfugiés des "ressortissants albanais", sans papier.

"À chaque fois que nous constatons la présence d'une telle installation, nous faisons un constat d'huissier. Au dernier comptage, on en dénombrait 26 dans le centre-ville de Toulouse. L'implantation à cet endroit est fait pour affoler les Toulousains... Ces installations sont amenées ici par des associations politisées que je ne citerai pas", a lancé celui qui est aussi président de France Urbaine.

Pour remédier à ce problème, l'élu local a annoncé la publication dans les jours à venir d'un arrêté municipal "anti-bivouac". "Cela engendrera une verbalisation de la police municipale et provoquera obligatoirement la saisine de la police nationale (gérée par le préfet et l'État, ndlr) afin qu'il y ait des contrôles d'identités" et donc la prise en charge de ces personnes.

Un système de vidéosurveillance efficace

Néanmoins, la justice toulousaine fait déjà l'objet "d'un embouteillage" dans le traitement des dossiers a rappelé Jean-Luc Moudenc, réitérant sa demande d'avoir davantage d'effectifs au sein de la police nationale et de magistrats à Toulouse.

"Je constate que tous les ministres, quels qu'ils soient, sont toujours ouverts à répondre de manière positive à cette demande mais ils ont une administration centrale figée dans ses critères de répartition des effectifs sur le territoire national. Mais dans le même temps, la délinquance évolue et elle est en hausse à Toulouse (...) La police nationale et la magistrature n'ont pas fait l'objet d'une augmentation de leurs moyens quand c'était le cas en parallèle pour la police municipale sous la responsabilité de la ville. Ce qui a mené à cette situation (de congestion dans le circuit judiciaire)".

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L'occasion pour lui de rappeler que la Ville rose compte aujourd'hui 380 caméras (dont la grande majorité ont été installées durant sa mandature) et qu'elles sont utiles à la justice. "Au 31 août, nous avons recensé 1217 perquisitions d'images de nos caméras en 2019 et nous devrions arriver peut-être à 1 800 voire 2 000, un record", estime Jean-Luc Moudenc. Pour rappel, la législation en vigueur ne lui permet de s'exprimer que sur l'année en cours et non pas sur l'ensemble de son mandat.

Par ailleurs, l'élu a confirmé que les délais seraient tenus en ce qui concerne le doublement de la ligne A du métro à Toulouse, pour passer sa capacité de 220 000 voyageurs quotidiens à 400 000. Elle sera ainsi mise en service en décembre prochain, tout comme les Ramblas de Toulouse qui seront inaugurées le 14 décembre. Enfin, le président de Toulouse Métropole a fait savoir que le chantier du MEET (futur parc des expositions au nord-ouest de la ville) "était dans les temps" et que sa première ouverture commerciale se déroulerait du 17 au 19 juin 2020 pour le salon Global space.

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