Municipales : à gauche, tout reste à faire pour s'unir à Toulouse

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Les forces de gauche doivent se retrouver pour une nouvelle réunion et évoquer les municipales vendredi 6 septembre.
Les forces de gauche doivent se retrouver pour une nouvelle réunion et évoquer les municipales vendredi 6 septembre. (Crédits : Rémi Benoit)
À un peu plus de six mois des prochaines élections municipales à Toulouse, la gauche tarde à s'unir. Pour le moment, deux blocs se font face : l'un composé d'Archipel Citoyen et de ses alliés comme EELV et l'autre avec pour forces principales Génération-S, le Parti socialiste et UNE. Après la trêve estivale, les discussions reprennent et seront denses tout au long du mois de septembre. Si aucun accord n'est trouvé d'ici le mois d'octobre, deux listes de gauche pourraient être présentées au scrutin de mars 2020.

Pour espérer reconquérir le Capitole, l'union est un passage obligé. Et ça, les forces de la gauche toulousaine le savent. "Un rassemblement à gauche est nécessaire pour proposer une politique autre que celle proposée par Jean-Luc Moudenc", ré-affirme Nadia Pellefigue, fondatrice du mouvement UNE et cheffe de file du Parti socialiste, en duo avec le sénateur Claude Raynal, dans cette mission.

Pour autant, le rassemblement tarde à venir à six mois et demi des prochaines élections municipales de mars 2020. Avec son ambition de porter à la tête de la ville une liste citoyenne, le mouvement Archipel Citoyen a entraîné à ses côtés Europe Écologie Les Verts, La France Insoumise, le collectif Toulouse Idées Neuves de Romain Cujives et Place Publique principalement. Mais de l'autre côté, se trouvent le Parti socialiste, Génération-S, UNE, le Parti communiste (PC) et le Parti radical de gauche (PRG).

"Aujourd'hui, il semble se dessiner un scrutin dans lequel il y aurait deux démarches différentes à gauche. Pour autant, est-ce le meilleur scénario pour proposer une politique alternative à celle du maire sortant de Toulouse ? Je ne pense pas, mais cela se justifie certainement par le fait que ces démarches optent pour une méthode et une vision différente de ce qu'il faut pour Toulouse", poursuit celle qui est aussi vice-présidente du Conseil régional d'Occitanie en charge du Développement économique, de la Recherche, de l'Innovation et de l'Enseignement supérieur.

Un désaccord sur la méthode

Mais pourquoi ces deux gauches ne s'entendent-elles pas ? En coulisses, ces deux blocs et les forces qui les composent tiennent des réunions régulières pour ne faire plus qu'un depuis le mois d'avril. Seulement, ce qui bloque c'est la constitution d'une liste commune et la méthode à employer pour y arriver. Archipel Citoyen maintient toujours son ambition de faire un tiers de citoyens tirés au sort, un tiers de candidats plébiscités sur leur plateforme en ligne et un dernier tiers de candidats qui auront obtenu la majorité des suffrages sur cette même plateforme (c'est dans cette catégorie qu'entreraient les militants des partis qui ont rejoint Archipel Citoyen comme Romain Cujives ou encore Antoine Maurice, ndlr). D'ailleurs, selon le mouvement, déjà plus de 1 000 votants ont apporté leur contribution et les votes qui devaient être ouverts jusqu'au 21 septembre, pourraient finalement le rester jusqu'à la fin du mois. Le collectif doit prendre une décision en ce sens dans les jours à venir.

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"Nous n'avons pas de raison de changer notre processus de constitution de la liste des 69 noms. Pour le moment, nous n'avons d'ailleurs eu aucune proposition ferme sur la table pour élaborer une liste commune... Nous savons simplement que les partis politiques avec qui nous échangeons veulent un nombre de places garanti sur la liste sans nous dire combien précisément", avance Arnaud Rivière, l'un des porte-paroles d'Archipel Citoyen.

Du côté de Génération-S dont fait partie l'ancien maire de Toulouse, Pierre Cohen, on met en avant la présence de nombreux partis au sein du processus du collectif citoyen.

"Actuellement, la liste telle qu'elle se dessine n'est pas plus démocratique dans sa méthode que ce que nous, partis politiques, pouvons faire de notre côté. De plus, quand on observe les candidats qui sont en tête des suffrages sur leur plateforme, il y a beaucoup de personnalités politiques toulousaines et à mon sens cela n'est pas très représentatif des Toulousains, contrairement à ce qui était présenté au départ de la démarche", juge Isabelle Hardy, présidente du groupe Génération-S au conseil municipal de Toulouse.

Pour ce qui est de Nadia Pellefigue, ambassadrice de UNE et du PS dans ces tractations, elle attend de voir les premières propositions du collectif et de ses alliés émerger avant d'envisager une éventuelle convergence.

"Je ne partage pas le choix des priorités qui a été fait, mais je partage tout de même la volonté de mettre les citoyens toulousains au cœur de la démarche. Il faut tout d'abord se mettre d'accord sur des valeurs et des propositions, avant de penser à la liste qui les portera", estime l'élue régionale socialiste.

Une réunion importante vendredi

Malgré ces divergences sur la forme et la construction d'une éventuelle liste commune, une réunion doit se tenir vendredi 6 septembre et pourrait être déterminante pour la suite des événements. Selon nos informations, un modèle de liste commune devrait être proposé : les 69 places seraient réparties équitablement entre tous les partis politiques de l'alliance mais une majorité d'entre elles serait quand même attribuée à des citoyens non-membres des partis politiques. Cette proposition peut-elle faire l'unanimité ? Seules les semaines à venir le diront.

"Personne, des forces politiques autour de la table, n'a envie de rompre les négociations. Par ailleurs, nous nous sommes laissés le gros mois de septembre pour avancer chacun de notre côté, en parallèle de nos discussions, sur des propositions", fait savoir Isabelle Hardy.

Est-ce que cela signifie que les deux blocs de gauche se laissent cinq à six semaines pour s'entendre et qu'en cas de désaccord il y aura deux listes émanant de la gauche toulousaine en mars 2020 ? "Tout le monde est conscient des enjeux dans cette élection et c'est notre devoir de discuter avec tout le monde tant que cela est encore possible", conclut Arnaud Rivière.

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