Sécurité : Jean-Luc Moudenc accuse l’État de ne pas être à la hauteur

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Jean-Luc Moudenc, lors de ses voeux à la presse, a dénoncé le manque de policiers nationaux dans la ville de Toulouse.
Jean-Luc Moudenc, lors de ses voeux à la presse, a dénoncé le manque de policiers nationaux dans la ville de Toulouse. (Crédits : Pierrick Merlet)
Lors de ses vœux à la presse jeudi 11 janvier, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a fortement insisté sur son intention de recentrer son action sur les enjeux de proximité en 2018, "pour améliorer le quotidien des Toulousains". Ainsi, l’élu a dénoncé le manque de moyens sécuritaires mis à sa disposition par l’État pour assurer la sécurité des habitants. Le président de Toulouse Métropole a également annoncé la création d’une brigade anti-incivilité dédiée à la propreté.

"Accentuer les efforts sur les enjeux de proximité pour améliorer le quotidien des Toulousains", voilà la bonne résolution pour l'année 2018 du maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, énoncée lors de ses vœux à la presse ce jeudi 11 janvier. Il a notamment abordé les thèmes de l'écologie, des transports, de la voirie, la propreté, mais aussi la sécurité. Et c'est sans doute ce dernier sujet qui va retenir toutes les attentions.

Lors de son allocution, Jean-Luc Moudenc a rappelé ses engagements de campagne en terme de sécurité : 350 caméras installées et doublement des effectifs de policiers municipaux. Des promesses déjà tenues, deux ans avant la fin de son mandat.

"La municipalité a fait son maximum en la matière, au contraire de l'État qui lui n'a pas été au rendez-vous en ce qui concerne les effectifs de policiers nationaux et les effectifs de la magistrature toulousaine, alors que nous sommes le département du Sud de la France où il y a le plus de délinquance. Nous sommes en sous-effectif structurel depuis bien longtemps", dénonce le président de Toulouse Métropole.

La nouvelle police de sécurité du quotidien sera-t-elle de trop ?

Par conséquent, ce dernier demande au ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, et à la ministre de la Justice récemment en visite à Toulouse, Nicole Belloubet, des effectifs supplémentaires. Jean-Luc Moudenc attend entre 150 et 200 policiers nationaux et au moins une dizaine de magistrats supplémentaires pour le parquet de Toulouse. Des besoins que l'élu estime inévitables si la ville devient un terrain d'expérimentation à la nouvelle police de sécurité du quotidien, promesse de campagne du président de la République, Emmanuel Macron.

"C'est une idée intéressante à laquelle nous sommes prêts à participer, à condition que l'État y mette les moyens. Aujourd'hui nous sommes sous dotés. Si demain nous avons une nouvelle mission, cela va se traduire par une charge de travail supplémentaire, par un stock d'enquêtes supplémentaires à conduire, et cela sera impossible à gérer. La ville de Toulouse est donc candidate à l'expérimentation de cette nouvelle police de sécurité du quotidien à condition qu'il y ait des moyens supplémentaires".

Alors que les villes d'expérimentation à cette nouvelle police seront connues en février prochain, le maire de Toulouse regrette la définition encore floue qui règne autour des missions de ces futurs effectifs. Il espère que cette police de sécurité du quotidien agira dans la lutte contre la radicalisation et le développement des points de trafics de drogue, les deux points noirs de Toulouse.

Une nouvelle brigade de lutte contre les incivilités dédiée à la propreté

Moins inquiétant, mais tout aussi important, la propreté de la ville. Malgré les 800 agents d'entretien que compte Toulouse, les rues de cette dernière sont parfois victimes de comportements inappropriés et inciviques comme les tags, le jet de déchets et de mégots de cigarettes, l'affichage sauvage ou les cartons laissés dans la rue par les commerçants par exemple.

"Pour lutter contre ces comportements, nous allons mettre en place très rapidement une brigade de lutte contre les incivilités, dédiée à la propreté. Les 35 agents qui la composeront agiront en civil afin de surprendre les habitants et prendre en flagrant délit les mauvaises attitudes. Quand on sait ce qui se passe dans les rues de Toulouse, je suis très déçu par le faible nombre de verbalisation pour ce type d'infraction en 2017, avec seulement 1 165 procès verbaux".

Pour lancer cette nouvelle brigade, les amendes iront de 68 euros à 450 euros. Mais Jean-Luc Moudenc veut rapidement augmenter ces montants afin de rendre dissuasif à court-terme cette initiative, effective dès le premier trimestre 2018.

Voirie : Jean-Luc Moudenc veut que le Département paie

Dans les prochaines semaines également, Toulouse Métropole va présenter aux maires un Plan d'aménagements routiers métropolitain (PARM), un plan d'investissements routiers pluriannuel, jusqu'en 2030.

"Notre idée est de compléter le Plan de déplacements urbain (PDU) d'un équivalent sur la voirie et d'avoir à même échéance un plan d'investissement pour développer ou rénover des voiries, et créer des ponts afin de fluidifier la circulation".

Le projet de seconde rocade, voulue par Jean-Luc Moudenc, qui doit relier les deux autoroutes (direction Paris et direction Montpellier) pourrait entrer dans le cadre de ce PARM. Par ailleurs, le maire toulousain entend favoriser dans les investissements le nord toulousain, très engorgé au quotidien.

Du côté des rénovations, l'élu a fustigé la mauvaise gestion par le passé des routes départementales passées sous le giron de Toulouse Métropole en janvier 2017.

"Aujourd'hui, nous avons 3 000 kilomètres de routes métropolitaines dont 500 auparavant à la charge du Département il y a un an. Nous avons hérité de dossiers importants, mais sans l'argent. Vous avez le pont de Gagnac-sur-Garonne, pour lequel si nous ne faisons rien, nous aurons de gros problèmes. C'est un édifice qui supporte un trafic très important au quotidien, en très mauvais état, qu'il faut rénover sans plus tarder car le Département n'a pas réalisé les investissements nécessaires par le passé", s'alarme Jean-Luc Moudenc.

Ce dernier a donc lancé un appel en direction du Conseil Départemental pour cofinancer les travaux sur les routes auparavant sous giron départemental, "car elles ne s'arrêtent pas aux frontières de la métropole. Ce sont des routes hybrides", conclut le maire de Toulouse.

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Commentaires
a écrit le 14/01/2018 à 7:36 :
Comme incivilité séculaire à Toulouse, il faudrait rajouter à la liste qu'a évoqué M. Moudenc, la lutte contre les "urineurs" qui font ce qu'ils veulent en toute impunité, de jour comme de nuit et particulièrement à la sortie des discothèques contre les portes des immeubles. C'est le cas du mien, où nous avons de l'urine dans l'entrée tous les jours et alors même que cette entrée se trouve en face d'une caméra de la ville et qu'on a mis une affiche sur la porte pour tenter de dissuader les contrevenants ! En attendant la brigade, on pourrait multiplier les panneaux d'information pour signaler par des flèches les toilettes publiques, sensibiliser les gérants des discothèques et indiquer aux syndics comment faire face à ce fléau.
a écrit le 12/01/2018 à 15:44 :
Pas etonnant le Departement est Socialo,d'abors on se Sert,et les routes on fait 'l Impasse,sachant que la Metropole en Heritrea??????
Réponse de le 14/01/2018 à 17:05 :
ah les promesses jamais aucun agent municipal à Jolimont la vente de drogues sur la voie publique a été interrompue au bout de trois mois ils ont continué à domicile maintenant le livreur passe le vendredi à 16h et l'on voit les jeunes affluer vers la voiture, trop dur d'y circuler de temps en temps?

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