Pourquoi la future constellation européenne est une bonne nouvelle pour Toulouse

Les ministres européens de l'Espace réunis à Toulouse ce mercredi 16 février ont adopté à l'unanimité l'idée d'une constellation souveraine pour l'Internet à très haut débit. "Une excellente nouvelle qui représente des milliers d'emplois" pour la Ville rose "où sont construits les satellites" a tenu à saluer le ministre de l'Économie Bruno Le Maire qui présidait les deux réunions du sommet.

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Bruno Le Maire a présidé à Toulouse la réunion informelle des ministres européens de l'Espace.
Bruno Le Maire a présidé à Toulouse la réunion informelle des ministres européens de l'Espace. (Crédits : Florine Galéron)

D'entrée mercredi matin, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, avait donné le ton : "En Chine, aux Etats-Unis, tout s'accélère sur les lanceurs, sur les constellations. L'Europe doit accélérer également dans le domaine spatial. Nous devons nous doter de notre propre constellation pour ne pas dépendre de la Chine ou des Etats-Unis pour l'Internet à très haut débit, les communications pour les réseaux, pour la circulation des trains, des avions, des véhicules autonomes." C'est désormais chose faite.

"L'avancée majeure de la réunion de Toulouse, c'est que les 27 Etats membres veulent une constellation indépendante. Un acte de souveraineté fort a été posé. Je suis arrivé à Toulouse en pensant que ce sujet ferait débat mais la discussion a été facile et constructive", a salué Bruno Le Maire au terme de la réunion informelle des ministres européens chargés de l'Espace organisée ce mercredi 16 février à Toulouse dans le cadre de la présidence française du Conseil de l'Union européenne (PFUE).

S'il n'a pas été question de financement, un cadre politique a été fixé pour la réalisation de ce projet. Les ministres ont posé comme condition que "la rentabilité économique du projet puisse être garantie". "On sort de la logique que les États apporteront un financement public quoi qu'il en coûte", glisse Bruno Le Maire. L'Europe veut également donner la part belle aux PME et aux entreprises européennes dans ce projet et enfin le déploiement de cette nouvelle constellation "ne doit pas retarder notamment le futur Copernicus, un des éléments clés pour la lutte contre le changement climatique".

'L'Europe, deuxième puissance spatiale mondiale, dispose de deux très grandes constellations par satellite, Galileo pour le positionnement par satellite et Copernicus pour le suivi de la planète. C'est donc une troisième constellation que nous avons annoncé qui va permettre de connecter l'ensemble des Européens, d'éliminer les zones blanches notamment sur Internet mais aussi de proposer des communications cryptées dans un cryptage quantique le plus robuste possible et destiné à des applications intergouvernementales ou militaires", a mis en avant pour sa part le commissaire européen Thierry Breton.

Avant de préciser que "la Commission met sur la table, un montant additionnel très significatif de 2,4 milliards sur les 6 milliards du projet".

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Des retombées pour Toulouse

La constellation doit être lancée à partir de 2024 et comprendra 250 satellites. Une taille plus modeste par exemple que les 3.236 satellites de la constellation Kuiper d'Amazon. Une différence que l'Europe explique par le fait que son projet va aussi s'appuyer sur des satellites en orbite géostationnaire déjà dans l'espace qui permettront de répercuter le signal sur les modèles en orbite basse.

La nouvelle constellation pourrait avoir des retombées importantes pour la Ville rose. "Ce sont les milliers d'emplois potentiels pour la fabrication de ces satellites sur lesquels Toulouse est la ville la mieux positionnée en France", a fait remarquer Bruno Le Maire.

Au-delà des deux constructeurs de satellites, Airbus et Thales, la Ville rose dispose d'un vivier d'acteurs émergents du New Space. Plusieurs startups toulousaines, à l'image d'Anywaves et de Loft Orbital, font partie par exemple du consortium sélectionné en décembre dernier par la Commission européenne pour mener une étude de concept visant "à exploiter de nouvelles idées pour une constellation européenne haut débit innovante".

Les pépites toulousaines, en forte croissance mais dont l'équilibre financier reste fragile face aux barrières toujours présentes pour l'accès aux marchés institutionnels européens, tablent sur un décuplement de leur activité si elles sont intégrées à cette nouvelle constellation.

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Par ailleurs, la région pourrait bénéficier indirectement de ce type de projet via des financements étatiques. Lors de son allocution ce mercredi Emmanuel Macron a déclaré :

"La France sera au rendez-vous de cette révolution. Elle va lancer sa part d'investissement dans les prochains jours dans le cadre de France 2030 avec deux appels pour mobiliser les acteurs qui porteront justement des projets innovants en la matière : l'un sur les services en orbite et l'autre sur les projets de constellations de rupture."

Le président de la République s'est empressé de citer l'exemple encore une fois de la pépite Loft Orbital, implantée à Toulouse et San Francisco, qui "permet de complètement révolutionner les services en orbite". Le chef de l'État a aussi cité E-space, le projet de Greg Wyler (ex-OneWeb) qui porte un projet d'une constellation de 350.000 satellites de 10 kg et qui prévoit de faire travailler 1.000 salariés dans une usine de fabrication de satellites là aussi dans la Ville rose. Les deux appels à projets annoncés seront ponctionnés sur l'enveloppe du programme France 2030 qui prévoit 1,5 milliard d'euros dédié au spatial.

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Commentaire 1
à écrit le 17/02/2022 à 1:22
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