New Space : six startups s'allient pour faire décoller leurs contrats en Europe

Six jeunes entreprises du New Space viennent de lancer l'association YEESS pour mieux intégrer les contrats institutionnels en Europe, cruciaux pour leur développement. Pénalisées par des critères d'expérience dans les appels d'offres, les startups aimeraient par exemple se voir confier directement des charges utiles secondaires dans les grands programmes de l'Esa.

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(Crédits : Stringer .)

Il a suffi de quelques années à ces startups pour se faire un nom dans le milieu du spatial . "Mais s'il n'y a aucun business pour nous en Europe, le château de cartes risque de s'effondrer", alerte Nicolas Capet, président de la société Anywaves et vice-président de l'association YEESS (Young European Entreprises Syndicate Space).

Lancée officiellement à l'occasion du Space Forum de Luxembourg, cette nouvelle structure a été fondée par six jeunes entreprises : Satlantis, entreprise espagnole spécialisée dans les caméras pour satellites d'observation, Anywaves (France, antennes de satellites), Exotrail (France, propulseurs de satellites), Pangea Aerospace (Espagne, moteurs de fusée), Aerospacelab (Belgique, données géospatiales) et ConstellR (Allemagne, suivi des températures par satellite). Mais le mouvement pourrait compter une trentaine de membres d'ici la fin de l'année. Pour intégrer YEESS, il faut attester d'un siège social en Europe et de deux à dix ans d'existence.

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Des freins pour décrocher des contrats européens

L'ambition de l'association est de faire décoller les contrats institutionnels confiés par l'Europe aux jeunes pousses du New Space. "Nous avons enregistré de très beaux succès sur nos premières années. Certains sont même parvenus à s'imposer comme les leaders mondiaux dans leur domaine. L'Europe et les gouvernements nationaux nous ont beaucoup aidés pour développer nos innovations. Mais maintenant que nous sommes prêts à entrer dans la cour des grands, il y a un vide intersidéral avec les institutions européennes. Les grands programmes sont attribués aux grands maîtres d'oeuvre et nous ne pouvons  même pas entrer dans la compétition", regrette Nicolas Capet.

Plusieurs freins bloquent l'attribution de contrats à ces startups comme par exemple des critères d'expérience dans les appels d'offres. Les jeunes sociétés doivent aussi suivre des parcours très complexes pour devenir sous-traitant des grands donneurs d'ordre comme Airbus ou Thales.

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"Bien sûr, on ne peut pas confier un contrat à 15 milliards comme Galileo à une startup. Mais l'Europe pourrait demander directement à nos jeunes entreprises de fabriquer des charges utiles secondaires embarquées sur ces programmes. Comme nous sommes très compétitifs, nous sommes capables de fournir des équipements pour quelques millions alors qu'un grand maître d'oeuvre va les facturer plutôt en centaines de millions d'euros. Ce serait une source d'économies pour le citoyen européen", plaide le vice-président de YEESS.

Des centaines d'emplois en jeu

Sans coup de pouce de l'Europe, l'association craint pour l'avenir des startups du New Space et leurs centaines d'emplois déjà créés. "Si nous pouvons pas entrer dans la compétition pour les marchés institutionnels, nous ne pourrons pas rester champions dans notre domaine et la dynamique retombera", pointe Nicolas Capet.

YEESS compte présenter ses premières propositions aux institutions européennes fin 2021-début 2022.

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