Municipales 2020 : quel maire veulent les Toulousains ?

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La Tribune publie un sondage exclusif réalisé par l'institut BVA.
La Tribune publie un sondage exclusif réalisé par l'institut BVA. (Crédits : Rémi Benoit)
La Tribune dévoile le 17 mai un sondage exclusif réalisé par l'institut BVA portant sur les prochaines élections municipales à Toulouse. Le maire sortant, Jean-Luc Moudenc est en pole position. Néanmoins, rassemblées, les forces de gauche sont majoritaires. Analyse et réactions.

Quel est le climat politique à Toulouse un an avant les élections municipales de mars 2020 ? Qui a le plus de chances de l'emporter, du maire sortant, Jean- Luc Moudenc, ou des autres forces politiques ? La Tribune publie un sondage exclusif de l'institut BVA qui fait l'état des lieux des forces en présence. Et même s'il est encore tôt, en raison de l'imprévisibilité de toute élection, il donne des enseignements précieux face à la recomposition du paysage politique tant local que national.

Si l'élection avait lieu aujourd'hui, Jean-Luc Moudenc (LR) est bien placé pour espérer être réélu. Il est la personnalité dont la candidature est la plus attendue dans la population toulousaine (52 %), devant l'ancien maire Pierre Cohen (33 %) et Carole Delga (25 %), la présidente PS de la région Occitanie, qui a priori ne sera pourtant pas candidate à la mairie de Toulouse. Selon l'institut BVA, 64 % des sondés se disent "satisfaits de l'action menée par Jean-Luc Moudenc et l'équipe municipale de la Ville de Toulouse". Ce taux est même bien plus élevé auprès des sympathisants de La République en Marche (84 % des sondés), tout comme chez Les Républicains (91 %), le parti auquel appartient le maire sortant. Un sentiment d'adhésion de la part des sympathisants de ces deux partis que le sondage met également en avant dans le souhait de le voir réélu lors du prochain scrutin municipal en mars 2020. Si 50 % des 671 sondés souhaitent que Jean-Luc Moudenc "soit toujours le maire de Toulouse à l'issue des prochaines élections", ils sont respectivement 71 % et 93 % du côté de LREM et LR à désirer voir le maire de Toulouse briguer un second mandat consécutif.

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Sondage exclusif BVA pour La Tribune.

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"Je ne suis pas étonné par ce résultat. Dans mon équipe municipale, on retrouve des figures locales de La République en Marche et du MoDem, présentes à mes côtés depuis 2013, ce qui peut expliquer en partie cette statistique. Alors, quand je rencontre des Toulousains proches de LREM lors de mes divers déplacements, je remarque qu'ils ont compris certaines choses que la direction locale du parti de la majorité n'a pas encore comprises", note Jean-Luc Moudenc, interrogé par La Tribune.

Le parti fondé par le président de la République, Emmanuel Macron, était prêt à le sou- tenir en mars 2020 (et donc à ne pas présenter de liste LREM contre lui à Toulouse), en échange d'un soutien appuyé de l'édile toulousain en faveur de la liste "Renaissance" aux élections européennes, portée par La République en Marche. Signe, sans doute, de l'affaiblissement du parti présidentiel suite à la crise des "gilets jaunes", qui a été particulièrement intense à Toulouse, le maire sortant a dénoncé publiquement "un chantage" et fait savoir qu'il soutiendrait finalement la liste Les Républicains, avec comme tête de liste François-Xavier Bellamy, au scrutin du 26 mai.

LREM prête à entrer en lice

Une décision dont a pris acte la direction locale de La République en Marche, qui s'apprête donc à se lancer dans la bataille municipale à Toulouse.

"La perception de l'action du maire actuel est dans la norme de ce que nous constatons dans l'ensemble des zones métropolitaines de France, voire il est même en recul par rapport à certains comme Christian Estrosi à Nice ou Alain Juppé à Bordeaux en son temps. Néanmoins, cette majorité des opinions positives dans l'action de Jean-Luc Moudenc ne sont pas les remontées que nous avons suite à notre état des lieux à Toulouse auprès des habitants, même si tout son bilan n'est pas à jeter. Ainsi, nous avons défini treize grands sujets qui serviront de base pour élaborer un projet avec des partenaires et trouver l'équipe pour le porter. Nous allons accélérer au lendemain des élections européennes", promet Pierre Castéras, le référent de La République en Marche en Haute-Garonne qui vient de lancer avec la branche locale du MoDem le think tank "Toulouse & Moi" pour porter ce projet.

Si ce scénario devient réel dans les faits, le sondage exclusif réalisé par l'Institut BVA pour La Tribune crédite de 8 % des intentions de vote au premier tour une liste LREM menée par le député Mickaël Nogal. Dans ce cas, la liste menée par la majorité sortante et Jean-Luc Moudenc obtiendrait 36 % des voix au soir du premier tour, en mars 2020. Mais ce chiffre grimperait à 40 % sans liste LREM, et dans les deux hypothèses, le premier poursuivant de Jean-Luc Moudenc serait la liste d'Europe Écologie-Les Verts conduite par Antoine Maurice, avec 16 % des intentions de vote, parti qui s'est associé au collectif Archipel Citoyen pour ce prochain scrutin municipal.

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"Ce sondage montre qu'une alternative à Jean-Luc Moudenc est possible à Toulouse, avec l'écologie au cœur de celle-ci, mais je sais aussi qu'il faudra du collectif. Le sondage ne nous donne aucun droit, mais avant tout des devoirs. Nous devons réunir autour d'un projet en rassemblant des énergies positives et proposer un débouché politique possible afin de répondre à cette attente de changement des Toulousains", estime Antoine Maurice, le président de Toulouse Vert Demain, le groupe des élus écologistes au conseil municipal et nouveau porte-parole de la collaboration entre son parti et l'association citoyenne. "Je pense que Nadia Pellefigue porte, avec son mouvement Une Nouvelle Énergie [UNE, lancé par la vice-présidente PS de la Région Occitanie pour conquérir la mairie de Toulouse, ndlr], des valeurs assez proches des nôtres, donc je discute avec elle, mais je discute avec tout le monde en réalité", ajoute celui qui est aussi conseiller métropolitain.

Pour la gauche toulousaine, tout l'enjeu sera là : se rassembler pour espérer gagner. Et ça, tous les protagonistes à gauche l'ont bien compris. "Toulouse peut changer de majorité si l'alternative proposée est ambitieuse et crédible. Une dynamique qui fédère les énergies citoyennes, et les formations de gauche et progressistes, est gagnante à Toulouse avec 47 % au premier tour contre 40 % pour le maire sortant [score le plus favorable pour Jean-Luc Moudenc avec le soutien de LREM] selon les chiffres de votre sondage", fait remarquer Nadia Pellefigue.

Un besoin d'union à gauche

Dans le cas où une liste de la majorité s'invite au scrutin, les forces de gauche (avec La France Insoumise) sont créditées à 45 %, d'après l'institut BVA. Pour composer ce bloc, une liste d'extrême gauche obtiendrait 2 % des voix, La France Insoumise [premier parti à Toulouse lors de la présidentielle de 2017] 10 %, le Parti Socialiste, 12 %, la liste Divers gauche, conduite par Nadia Pellefigue, 5 %, sans oublier les 16 % d'Europe Écologie-Les Verts et Archipel Citoyen.

"Le sondage donne une photographie de la gauche toulousaine à l'image de sa situation au niveau national, c'est-à-dire une gauche fragmentée. Si elle est unie, elle maximise ses chances de victoire. Je ferai donc tout mon possible pour qu'il y ait un rassemblement des socialistes et de la gauche à Toulouse aux municipales. Par ailleurs, je crois que Nadia Pellefigue, qui est toujours membre du PS, fait une erreur de penser que les partis politiques sont dépassés, la preuve en est avec ce sondage, mais ces partis doivent néanmoins s'ouvrir aux autres", décrypte Sébastien Vincini, le premier secrétaire du PS en Haute-Garonne.

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Pour obtenir l'investiture socialiste, deux candidats sont en lice : Romain Cujives et le sénateur Claude Raynal, mais le PS pourrait soutenir la fondatrice du mouvement UNE. "Nous désignerons notre chef de file avant l'été", précise le membre du bureau national du parti. Néanmoins, les discussions ont déjà débuté en coulisses pour travailler à une alliance et un projet commun. Enfin, la liste Rassemblement National, menée par Quentin Lamotte, est créditée de 8 % des voix au premier tour, comme en 2014.

"Notre liste était alors estimée à 4 % et elle a fait le double. Avec la même règle pour 2020, on réaliserait un score honorable et nous aurions enfin des élus au Capitole", se réjouit Julien Leonardelli, le délégué départemental du RN en Haute-Garonne.

Ce scrutin s'annonce donc plus que jamais rempli d'incertitudes à tous les niveaux.

Lire aussi : Municipales 2020 : la troisième ligne de métro, clé du scrutin à Toulouse ?

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Commentaires
a écrit le 17/05/2019 à 16:29 :
Toulouse 4ème ville , 6ème agglo , 5ème unité urbaine de France , mériterait un nom plus prestigieux ... Mais qui connait le nom de notre Maire hors la Haute Garonne ?
Réponse de le 12/06/2019 à 14:11 :
Il ne s'agit pas d'avoir un Maire connu ou non hors de la Haute - Garonne , mais un Maire efficace !!

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