Municipales 2020 : que va faire le maire sortant Jean-Luc Moudenc ?

Alors que la gauche toulousaine tente de définir son candidat pour les élections municipales de mars 2020, que va décider de faire le maire sortant ? S'il existe peu voire pas de doute sur sa candidature au scrutin dans un an, en revanche la couleur politique que Jean-Luc Moudenc va choisir reste un mystère. LREM ou LR ? Décryptage.

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Le maire sortant de Toulouse aura-t-il face à lui une liste LREM en mars 2020 ?
Le maire sortant de Toulouse aura-t-il face à lui une liste LREM en mars 2020 ? (Crédits : Rémi Benoit)

La France insoumise et le Rassemblement national attendent la fin des élections européennes pour nommer leur tête de liste, les forces de la gauche toulousaine tentent de s'organiser, mais que compte faire le maire sortant Les Républicains de la Ville rose Jean-Luc Moudenc ?

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Même s'il ne s'est pas exprimé publiquement au sujet de sa candidature aux élections municipales de mars 2020, sa présence dans l'arène politique ne fait guère de doute. La question que tout le monde se pose est plutôt quand l'élu, aussi président de Toulouse Métropole et de l'association France Urbaine, va-t-il l'annoncer.

"Le rôle du maire est de continuer à travailler. Si on se disperse en pensant aux prochaines élections municipales, on fait mal son travail. La gauche toulousaine n'a pas de leader évident et à pareille échéance, je n'étais pas dans cette situation en 2014. Un an avant les élections, j'étais le candidat désigné et naturel pour la droite à Toulouse et ce leadership a été renforcé par mon élection en tant que député aux élections législatives de 2012", analyse Jean-Luc Moudenc.

S'il annonce sa candidature trop tôt, il est certain que l'opposition lui reprochera d'abandonner ou de mettre de côté son costume de maire pour servir ses propres intérêts. En adoptant cette position, le maire sortant s'épargne donc des critiques.

La majorité présidentielle s'active

Néanmoins, il n'est pas le seul à vouloir adopter une telle posture. Le parti de la majorité présidentielle La République en Marche (LREM) et son allié le Modem, entendent être au centre des débats et dicter la temporalité de ce scrutin. Pour cela, les deux partis ont annoncé lundi 1er avril la création d'une association, Toulouse & Moi.

"C'est une association pour préparer le projet politique qui se fera avec et pour les Toulousains. Au moment venu, nous viendrons à la création de l'association de financement et au lancement du micro parti", fait savoir Pierre Castéras, le référent départemental de LREM en Haute-Garonne.

Désormais lancé, ce think tank va permettre aux deux partis politiques qui composent la majorité de lancer des ateliers thématiques (urbanisme, mobilité, sécurité, etc) en rencontrant la population locale et en s'appuyant sur leurs contributions au Grand Débat national.

Jean-Luc Moudenc avec quelle étiquette en 2020 ?

La présentation de cette initiative le 1er avril dans une brasserie face au Capitole, s'est déroulée en présence des députés du département, mais surtout de deux adjoints au maire de Toulouse, à savoir Sylvie Roullion-Valdiguié (tourisme) et Franck Biasotto (logement). Le signe d'une démarche partagée et approuvée par Jean-Luc Moudenc ? Pas si sûr.

"Aujourd'hui, nous construisons un projet à côté, sinon nous aurions fait une conférence de presse commune avec le maire sortant. Par ailleurs, ce dernier a déjà commencé ses rencontres de terrain avec son association Toulouse Métropole Ensemble. Alors, on peut se déclarer Macron-compatible mais en politique ce ne sont pas les déclarations qui comptent, mais bien les preuves", lance Marthe Marti, présidente du Modem 31.

Selon France 3, la majorité présidentielle ne présentera pas une liste face au maire sortant en mars 2020 à la seule condition que Jean-Luc Moudenc affiche clairement son soutien à la liste LREM pour les élections européennes du mois de mai. Une méthode que l'intéressé qualifierait de "chantage". Dans ce contexte, le lancement de l'association Toulouse & Moi se présente comme un coup de pression à destination de Jean-Luc Moudenc, avant d'atteindre le point de non-retour.

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