Pouvoir d'achat : les contours du futur revenu écologique jeune de l'Occitanie

Promesse de campagne, la socialiste Carole Delga va lancer dans les prochains mois son revenu écologique jeune. Ce dispositif qui doit coupler une indemnité et une formation vers un "métier vert" va cependant vers l'objet d'une étude juridique en amont. Les explications.

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La présidente socialiste du conseil régional d'Occitanie met sur les rails son revenu écologique jeune.
La présidente socialiste du conseil régional d'Occitanie met sur les rails son revenu écologique jeune. (Crédits : Rémi Benoit)

À l'heure où les Français sont confrontés à des hausses d'énergie (électricité, gaz, carburant) sans précédent, la question du pouvoir d'achat devient centrale, surtout dans un contexte de pré-campagne pour la prochaine élection présidentielle programmée en avril 2022.

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C'est dans ce cadre que la présidente socialiste de la région Occitanie a dévoilé les premiers contours de "son" revenu écologique jeune. "C'est un point fort de notre programme et c'est un dispositif qui permet d'envoyer un message très fort à la jeunesse", estime Carole Delga, nouvelle présidente des Régions de France et aussi meneuse du mouvement "Idées en Commun", qui est censé mener Anne Hidalgo jusqu'à l'Élysée.

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Concrètement, la collectivité régionale s'engage à fournir un revenu mensuel minimum aux jeunes de l'Occitanie en l'échange de l'inscription à une formation qualifiante vers un métier en lien avec la transition écologique ou un projet d'entreprise en ce sens. Avec ce dispositif, Carole Delga espère ainsi "répondre à l'éco-anxiété de la jeunesse".

Des questions encore sans réponse

Néanmoins, des zones de flou demeurent encore autour de cette promesse de campagne. Lors de celle-ci, au premier semestre 2021, la présidente de région - alors candidate - évoquait le versement d'une indemnité de 500 euros par mois à environ 10.000 jeunes, chaque année, contre 26 millions d'euros. Somme à laquelle il fallait rajouter les 42 millions d'euros annuels pour le financement de formations vers les métiers verts, dont Carole Delga en espère la création de 100.000 sur ce mandat.

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Aujourd'hui, l'idée est de "s'approcher des 1.000 euros en tenant compte de tous les dispositifs déjà existants", fait savoir l'élue régionale, dans le souci de ne pénaliser aucun jeune, stagiaire, ou apprenti. Mais comment cette somme sera atteinte ? Tiendra-t-elle compte des minima sociaux déjà versés à un bénéficiaire ou non ? Sera-t-elle une somme fixe ou évolutive en fonction de la situation de chacun ? Quelle devra être l'âge des bénéficiaires ? Tous les jeunes sans exception, désirant se tourner vers les métiers verts, pourront-ils en bénéficier ?

Un ensemble de questions auxquelles devra répondre la future étude juridique sur le sujet, dont le financement doit être vôté par les élus du conseil régional à l'occasion d'une assemblée plénière jeudi 21 octobre.

"C'est une étude de trois mois coûteuse, de 100.000 euros, mais nécessaire pour bien identifier la faisabilité juridique de notre projet et bien identifier les dispositifs déjà existants", justifie la présidente des Régions de France.

Premiers bénéficiaires en mars 2022

Cette démarche est jugée incontournable dans les rangs du conseil régional, face "au paysage instable en la matière", à en croire les mots d'Agnès Langevine, la vice-présidente de la collectivité en charge du Climat, Pacte Vert et Habitat Durable. L'écologiste, qui a été écartée d'EELV à l'occasion des dernières élections régionales pour ne pas avoir soutenu le candidat officiel du parti, fait notamment référence à la prochaine expérimentation d'un revenu de base pour les jeunes menée par le conseil départemental de Haute-Garonne, et surtout le revenu d'engagement à l'égard de la jeunesse promis par le président de la République, Emmanuel Macron, et dont les précisions sont très attendues.

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Malgré ces inconnues politiques, Carole Delga fait savoir que début février 2022 seront arrêtés "le budget du dispositif et ses conditions d'attribution", avant le lancement de l'appel à candidatures dans la foulée pour tester son revenu écologique jeune sur 1.500 Occitans. Les premiers bénéficiaires toucheront ainsi leurs premières indemnités dès le mois de mars, si la volonté de la collectivité est respectée. "Nous allons mener une expérimentation sur six mois, avant de généraliser le dispositif à la rentrée 2022, comme nous l'avons fait pour la gratuité des trains pour les jeunes", précise Agnès Langevine.

Dans un premier temps, et grâce à un travail avec les fédérations professionnels et le réseau consulaire, les 1.500 jeunes candidats seront orientés vers deux filières. Tout d'abord, le conseil régional les encouragera à s'engager dans celle du bâtiment à travers l'univers de la rénovation énergétique, en manque de main-d'oeuvre, ainsi que celle de l'agriculture. "Au moment de la généralisation, nous ouvrirons à d'autres secteurs", rassure tout de même Carole Delga, comme la santé, les mobilités, l'hydrogène et d'autres.

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Commentaire 1
à écrit le 21/10/2021 à 16:56
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Tout sera dans les détails qui ne sont toujours pas précisés, quels types de projets ? Si c'est pour encourager les jeunes à faire de la permaculture ou des maisons en terre-paille c'est intéressant, si c'est pour les confier aux formatages du btp et...

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