L’Occitanie, futur vivier d’ingénieurs pour la voiture autonome ?

Six écoles de la région Occitanie viennent de signer un partenariat avec la Société des ingénieurs de l’automobile. Cet accord doit permettre aux écoles de connaître au mieux les besoins en formation des constructeurs et équipementiers de la filière, notamment au niveau des ingénieurs, dans le but de mettre au point une voiture autonome et connectée. Rien que dans la région, 300 postes d’ingénieurs doivent voir le jour dans les trois prochaines années.

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Plusieurs entreprises à Toulouse travaillent sur la voiture autonome.
Plusieurs entreprises à Toulouse travaillent sur la voiture autonome. (Crédits : Capture d'écran PSA)

N'importe quel constructeur automobile ou même équipementier travaille aujourd'hui à l'élaboration de la voiture autonome et connectée, à divers degrés. Seulement, comme toutes les filières, le secteur automobile souffre de difficultés de recrutement sur les profils d'ingénieurs. Alors pour tenter de remédier à ce problème, la Société des ingénieurs de l'automobile (SIA), regroupement professionnel du secteur composé de 2 000 membres, vient de signer un partenariat avec Toulouse Tech, un consortium réunissant six écoles de la région Occitanie.

"Avec cette coopération, l'objectif est de rendre plus visible auprès des étudiants en ingénierie les formations et les débouchés dans la filière portant sur le véhicule autonome et connecté. Le but est également d'adapter nos formations aux besoins des grands constructeurs automobiles. Ainsi, la SIA va désormais nous fournir ses recommandations pour adapter nos formations. Un observatoire continu sur les compétences dans la filière automobile va voir le jour", explique Bertrand Raquet, directeur de l'Institut national des sciences appliquées (Insa Toulouse), qui participe également aux travaux du comité de pilotage de la filière mise en place par la Région Occitanie.

Avec les cinq autres écoles (IMT Mines Albi, Toulouse INP-Enit, Toulouse INP-Ensiacet, Toulouse INP-Enseeiht et Isae-Supero), ce consortium forme chaque année 10 000 étudiants avec 1 800 nouveaux diplômés à la clé.

Besoin de densifier les formations

Parmi cet effectif, un millier de nouveaux diplômés toulousains aurait les compétences pour travailler sur le développement de la voiture autonome et connectée. Néanmoins, au niveau national, ce n'est pas moins de 8 000 ingénieurs que le secteur automobile recrute tous les ans. Malgré cela, des manques importants de main-d'œuvre existent.

"Il y a d'importants besoins sur l'aspect de la fiabilité-sécurité, la cybersécurité, l'électronique de puissance, l'intelligence artificielle et la gestion des données et la communication sans fil notamment. Ces branches représentent à elles seules pas moins de 30 % des manques d'ingénieurs aujourd'hui, avant 50 % demain en raison de l'automatisation croissante des véhicules. C'est une problématique nationale, mais nous sommes plutôt bien lotis en Occitanie. La situation est bien plus critique en Ile-de-France, là où se concentrent tous les bureaux d'études des constructeurs. Alors, faisons en sorte que la région Occitanie soit pourvoyeuse de talents pour notre territoire mais aussi pour d'autres régions", analyse Jean-Luc Maté, vice-président en charge de la stratégie et de la technologie chez Continental, vice-président du cluster Automotech et représentant régional de la SIA.

Selon Toulouse Tech, rien que pour l'Occitanie 300 nouveaux postes d'ingénieurs vont voir le jour dans les trois prochaines années. Ce qui n'est pas étonnant au regard de l'écosystème conséquent autour de la voiture autonome dans l'agglomération toulousaine. Renault et Continental ont ouvert des sites dédiés à la voiture connecté et les navettes sans chauffeur Easymile connaissent un succès grandissant. Seulement, même ces quelques centaines de postes pourraient avoir du mal à trouver chaussure à leur pied.

"Nous ne produisons pas assez d'ingénieurs aujourd'hui et malheureusement c'est un frein au développement économique de nos entreprises. Nous devrions accueillir davantage d'élèves au sein de nos formations, mais nous dépendons beaucoup de la dotation de l'État sur ce point... Nous espérons que l'obtention de l'institut 3IA consacrée à l'intelligence artificielle profitera donc à nos écoles d'ingénieurs", alerte Bertrand Raquet.

Officialisée le 25 avril, la mise en place de cette structure à Toulouse dès la rentrée 2019 devrait permettre notamment de doubler le nombre d'étudiants formés à l'IA dans la métropole.

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