ANITI : "Le début d'un nouveau cycle"

 |   |  656  mots
Philippe Raimbault (à droite), en compagnie de Nicholas Asher (qui a construit la structure scientifique du projet).
Philippe Raimbault (à droite), en compagnie de Nicholas Asher (qui a construit la structure scientifique du projet). (Crédits : Université de Toulouse)
Après l'officialisation de l'obtention de l'institut 3IA par Toulouse, il est désormais venu le temps de la mise en œuvre de ce projet Aniti. Dans un entretien accordé à La Tribune, Philippe Raimbault, le président de l'Université fédérale de Toulouse qui porte le projet, revient notamment les moyens dont vont disposer les acteurs de cette initiative et détaille leurs objectifs. Interview.

La Tribune - Après les échecs de l'Idex et de l'IHU notamment, les tissus académique, scientifique et industriel toulousains enregistrent enfin un succès de marque avec l'obtention de l'institut interdisciplinaire d'intelligence artificielle (3IA) grâce au projet ANITI. Quel est votre sentiment au lendemain de cette annonce par le gouvernement ?

Philippe Raimbault : C'est une excellente nouvelle pour Toulouse et c'est la reconnaissance par un jury international de l'excellence académique et scientifique toulousaine. Désormais, nous espérons que ce soit le début d'un nouveau cycle.

Concrètement, que va apporter le projet Aniti à l'écosystème toulousain ?

Tout d'abord, cela nous apporte un label, ce qui est très important en terme de reconnaissance. Ensuite, notre projet comporte trois volets. Celui sur la science consistera à porter, à travers une trentaine de chaires, des programmes de recherches très ambitieux. Du côté de l'enseignement, nous voulons doubler le nombre d'élèves formés sur l'intelligence artificielle à Toulouse d'ici quatre ans et sur le plan économique, nous espérons créer une centaine de startups dans le domaine de l'intelligence artificielle.

Lire aussi : Comment Toulouse veut devenir un leader de l'intelligence artificielle

Avec quel financement comptez-vous réaliser ces objectifs et quelle sera la part des 75 millions d'euros débloqués par l'État qui profitera à Toulouse ?

La démarche porte sur un financement par tiers, avec un tiers apporté par les industriels, un autre par le milieu académique et un dernier par l'État via le Programme investissements d'avenir (PIA3). Alors que le gouvernement souhaitait limiter à 20 millions d'euros l'enveloppe par institut, nous avons démontré au jury que nous étions capables de monter à 26 millions d'euros de financement pour le volet industriel, mais aussi académique. L'État a donc annoncé que nous pourrions toucher une subvention de 26,7 millions d'euros maximum. Dans les prochains jours, nous allons connaître l'enveloppe dont nous disposerons pour démarrer le projet au plus vite, mais son montant devrait se situer entre 18 et 20 millions d'euros. Après l'évaluation d'avancement du projet par le jury au bout de deux ans, nous toucherons certainement la différence (soit entre 6 et 8 millions d'euros, ndlr), mais là encore cela dépendra du nombre de chaires qui nous sera attribué.

Les collectivités locales vont-elles également accompagner le projet Aniti financièrement ?

Oui, nous savons que nous aurons un quatrième tiers de financement grâce à elles. La Région Occitanie s'est engagée à apporter 6 millions d'euros par an et Toulouse Métropole donnera un million d'euros chaque année. Aussi, la société d'accélération de transfert des technologies de Toulouse va investir un million dans Aniti annuellement. Si vous faîtes le calcul, cela ajoutera 32 millions d'euros dans un budget qui dépassera globalement les 100 millions d'euros au total. Néanmoins, nous pensons que l'obtention de ce label va être un effet de levier important qui va permettre d'attirer des industriels au sein de notre projet tout en apportant des financements supplémentaires.

Dans son communiqué, le ministère fait savoir que le jury a émis "des recommandations portant notamment sur les spécificités et thèmes à privilégier sur chaque site". Quelles sont ses recommandations pour Toulouse ?

Nous ne les avons pas encore eues... Le ministère m'a fait savoir ce matin qu'il reviendrait vers nous dans les prochains jours pour nous les communiquer. Il est vrai que plusieurs sites sont sur des thématiques similaires comme le transport, l'environnement et la santé. Pour cette dernière, c'est un domaine tellement large que nous pouvons nous le partager je pense. Par contre, pour ce qui est des transports, il est évident que nous devons être les leaders sur cette thématique à Toulouse en raison notamment du tissu industriel déjà très présent sur le territoire en la matière. Le contraire serait inconcevable !

Lire aussi : Intelligence artificielle : Toulouse obtient son institut 3IA

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :