Internet des objets : Sigfox en redressement judiciaire

Installée à Labège (Haute-Garonne), la société Sigfox vient d'être placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse. Enième rebondissement autour de l'entreprise qui développe un réseau bas débit pour l'internet des objets (IoT) appelé 0G. Les détails de cette annonce.

5 mn

Sigfox emploie environ 350 personnes après un PSE en 2020.
Sigfox emploie environ 350 personnes après un PSE en 2020. (Crédits : Reuters)

C'est une nouvelle qui ne laissera pas indifférent le monde de la tech à Toulouse, et plus largement en France ! Le tribunal de commerce de Toulouse a ouvert, mercredi 26 janvier, une procédure de redressement judiciaire à l'encontre de Sigfox. Celle-ci s'accompagne d'une période d'observation de six mois.

Lire aussi 6 mnSigfox :ces mauvais résultats financiers qui ont mené au redressement judiciaire

Née en 2010 du côté de Labège (Haute-Garonne), la société s'est développée sur la dernière décennie en développant un réseau bas débit dédié aux objets connectés, appelé 0G. Aujourd'hui, le réseau Sigfox, dédié à l'Internet des objets (IoT) est présent dans 75 pays et connecte 20 millions d'objets connectés. Rien qu'à Toulouse, plusieurs startups de l'IoT Valley proposent divers services en basant leurs technologies sur le réseau de l'entreprise qui voulait créer une Silicon Valley des objets connectés à dans la quatrième ville de France. Désormais, ce projet semble bien loin et la priorité est de sauver ce réseau bas débit français.

Lire aussi 5 mnQue devient le projet de campus de l'IOT Valley, près de Toulouse ?

"La période d'observation doit permettre d'identifier, grâce à la mise en œuvre d'un plan de cession, de nouveaux acquéreurs ayant la capacité d'œuvrer pour le développement à long-terme de Sigfox et de proposer un maintien des emplois", a notamment déclaré la direction de Sigfox dans un communiqué.

La structure précise également que cette procédure a été enclenchée "à la demande du directeur général", "au bénéfice de Sigfox et sa filiale Sigfox France". Pour justifier cette mise sous protection du tribunal de commerce de Toulouse, Sigfox avance dans son communiqué du jour que la crise sanitaire "a ralenti l'activité sur les deux dernières années", tout en précisant le contexte avec "un marché des composants électroniques en pénurie depuis plusieurs mois". Des faits qui auraient "lourdement pesé sur la situation financière de l'entreprise et en particulier son niveau d'endettement".

Plusieurs mauvais épisodes ces 18 derniers mois

Joint par La Tribune, l'entreprise ne souhaite pas faire "plus de commentaire à ce stade" et préfère attendre que "le processus de reprise évolue". Aujourd'hui donc, la pépite toulousaine est dans l'attente d'un repreneur avec l'espoir de sauver les 350 emplois, basés à Toulouse, Paris et dans plusieurs bureaux à l'étranger.

Mais cette nouvelle actualité autour de la société présentée comme un modèle de réussite autrefois n'est pas surprenante au regard des dernières turbulences traversées par ses équipes. Ces 18 derniers mois, Sigfox, en plus de se séparer de son réseau d'antennes allemand notamment, pilier initial de son développement, a été dans l'obligation de mener un PSE de 47 personnes (dont 25 départs volontaires) au cours de l'année 2020.

"Afin d'assurer le développement de la société à long terme, nous avons décidé d'interrompre un certain nombre de projets, et donc par la même occasion supprimer des ressources associées qui n'étaient plus utilisées. C'est pour cette raison que nous nous retrouvons avec des personnes dans un plan social", avait notamment justifié dans un entretien accordé à La Tribune Ludovic Le Moan, à l'époque président et co-fondateur emblématique de Sigfox.

Surtout, il y a un peu moins d'un an, en février 2021, ce même Ludovic Le Moan a été écarté de la direction de l'entreprise toulousaine, au bénéfice de Jeremy Prince.

Lire aussi 4 mnLudovic Le Moan remplacé à la tête de Sigfox

"Sigfox existera toujours"

Sous sa direction, Sigfox s'est recentré sur deux segments où il estime que sa technologie est plus efficace que celles de ses concurrents, et notamment les solutions des opérateurs télécoms traditionnels. Il mise d'une part sur le tracking, consistant à localiser des objets pour améliorer les flux logistiques, et, d'autre part, sur le metering, pour effectuer, par exemple, des relevés à distance sur des réseaux d'eau ou d'énergie.

Tout récemment, en début d'année 2022, le nouveau PDG avait défendu cette nouvelle stratégie dans les colonnes de La Tribune. Par la même occasion, il avait voulu se montrer rassurant, partageant l'information qu'il existe "un plan de continuité" si les choses devaient mal tourner.

"Même dans le pire des scénarios, Sigfox existera toujours d'une manière ou d'une autre, juge le patron du groupe. Pour certains usages, cette technologie est absolument nécessaire", affirmait le 10 janvier Jeremy Prince.

Lire aussi 6 mnInternet des objets : Sigfox à l'heure de la rationalité

5 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 5
à écrit le 27/01/2022 à 5:44
Signaler
Anne Lauvergeon la protégée de mitterand récupérée par les Rothschilds suite au scandale de l'évaporation d'argent chez Areva . Sa proximité avec les politiques ont sûrement permis de niveler les tracas administratifs et les autorisations ,pour le...

à écrit le 27/01/2022 à 4:43
Signaler
Encore un succes du micron avec ses stupides confinements. En 22 votez mieux. Z.

le 27/01/2022 à 9:11
Signaler
rien a voir avec Macron. C est une prouesse de Lauvergeon (ex conseillere de Mitterrand qui apres avoir coule Areva, a coule Sigfox). leur techno arrive maintenant trop tard, les operateurs developpent la 5G et il leur reste un marché de niche

le 27/01/2022 à 11:37
Signaler
Partager des idées est toujours intéressant, ses opinions peu... surtout quand rien n'est relié à des faits, à ce qui est : notre économie a très bien résisté à cette crise ne vous en déplaise. La bêtise est à la mode...

à écrit le 26/01/2022 à 22:28
Signaler
Où la gauchiste Anne Lauvergeon passe, les entreprises trépassent ! MDR !

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.