Toulouse se dote d'un conseil scientifique de la nature en ville

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Le conseil scientifique aura pour mission de s'exprimer sur la cohérence des actions menées par la ville de Toulouse.
Le conseil scientifique aura pour mission de s'exprimer sur la cohérence des actions menées par la ville de Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)
Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, présentait ce mardi 15 octobre son plan d’action Nature en ville. Parmi les différentes mesures, un conseil scientifique sera mis en place. Celui-ci guidera la mairie dans ses futurs projets comme la plantation de 100 000 arbres d'ici 2030 ou encore les canopées pour lutter contre les îlots de chaleur.

"Donner une place plus importante à la nature en ville", c'est le credo de la mairie de Toulouse. Au printemps dernier, elle organisait le forum Toulouse + verte, avec pour objectif de récolter des propositions pour "plus de nature en ville". "Certains m'ont accusé de faire un coup de com mais c'est la concrétisation d'un projet qu'il a fallu plus de six mois pour mettre en œuvre", indique le maire de Toulouse. Suite à la concertation menée durant le forum, un plan d'actions a été réalisé. Jean-Luc Moudenc l'a présenté, mardi 15 octobre, au parc de la Poudrerie du Ramier. Un nouvel espace vert public de deux hectares qui a été inauguré le 5 octobre dernier.

"C'était un terrain qui allait être revendu à un investisseur privé pour être transformé en résidence de luxe. Nous sommes intervenus l'année dernière, pour que cette vente réalisée par la société issue de la Société nationale des poudres et explosifs (SNPE) ne se fasse pas. Nous avons injecté un million d'euros dans ce projet qui constitue le deuxième morceau de nos projets sur l'île du Ramier", explique Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse.

Un conseil scientifique pour mesurer la cohérence des actions

Parmi les différentes mesures listées dans le plan d'actions, figure la mise en place d'un conseil scientifique. Celui-ci aura pour mission de donner ses recommandations sur des questions spécifiques et de s'exprimer sur la cohérence des actions menées par la ville de Toulouse.

"Avec ce conseil scientifique nous franchissons un seuil qualitatif et quantitatif. Ce que l'on dira et fera sera prouvé scientifiquement. Ainsi, nous allons tirer vers le haut les réflexions de la collectivité et les projets nouveaux sur la nature en ville", informe Jean-Luc Moudenc.

Constitué de spécialistes dans la botanique, la sociologie, la climatologie en milieu urbain, l'écologie urbaine, la biodiversité, l'aménagement et le paysage ou encore la géologie, il se réunira trois à quatre fois par an. "Nous sommes en train de constituer le conseil définitif. Les noms des scientifiques seront divulgués dans les prochaines semaines", révèle François Chollet, adjoint au maire pour la coordination de la politique de développement durable. Le maire de Toulouse ajoute : "Cette instance sera totalement indépendante du pouvoir municipal".

100 000 arbres plantés d'ici 2030

Et le conseil scientifique aura notamment pour mission de s'exprimer sur la plantation de 100 000 arbres entre 2020 et 2030. Un engagement pris par la mairie de Toulouse et qui sera voté le 18 octobre lors du conseil municipal.

"L'objectif de 100 000 arbres n'est pas une chimère, ni un leurre. Nous avons déjà facilement identifié où planter 65 000 arbres. Nous pouvons déjà avancer que 15 000 arbres peuvent être plantés le long de l'avenue d'Atlanta et de celle d'Eisenhower. Sur le terrain de la régie agricole, environ 30 000 arbres pourront être plantés et plus de 20 000 arbres pourront être installés sur certains espaces disponibles aux Argoulets, au bois de Bellefontaine, sur le terrain de Marmande, entre autres", détaille Jean-Luc Moudenc.

Pour les 35 000 arbres restants sur les 100 000, la ville de Toulouse compte notamment sur les promoteurs immobiliers pour les planter. Le maire rappelle que dans le cadre du PLUi-H, ils sont engagés à planter au minimum un arbre pour 100 m2 de pleine terre, à valoriser les végétaux existants et à prévoir une majoration du pourcentage d'espace de pleine terre requis si une carence en espace vert est constatée.

"Tout aménagement urbain doit s'accompagner de plantation d'arbres. Et ceci en construisant plus en hauteur pour moins étaler le bâti sur le terrain et ainsi laisser de la place pour planter des arbres ou encore en créant des toits végétalisés", précise l'édile.

Une charte de l'arbre en ville

Et, pour permettre une bonne mise en oeuvre de cette obligation prévue par le PLUi-H, la mairie a créé une charte de l'arbre. Elle s'appliquera sur le territoire toulousain et métropolitain et sera remis aux acteurs d'ici fin 2019, début 2020.

"Cette charte a été réalisée dans le but de faire prendre conscience de l'importance des arbres aux aménageurs. Ils doivent les respecter, notamment lors des chantiers où l'arbre doit être protégé. J'ai vu des camions garés à même les racines d'un arbre, ce genre de pratique ne doit plus avoir lieu", dénonce Marie-Pierre Chaumette, adjointe au maire pour les jardins et les espaces verts.

Lorsque ce n'est pas possible de planter des arbres, la mairie cherche malgré tout des solutions pour amener la nature en ville, à l'image de l'expérimentation en cours à Saint-Cyprien. Installées au-dessus du parking de la place Jean Diébold, des canopées, qui sont des structures légères en forme de corolles, accueillent des plantes grimpantes. Celles-ci vont permettre d'intégrer de la végétalisation sur cette place et de lutter contre le phénomène des îlots de chaleur.

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