Transports, logements, emplois... Comment Maurice veut faire de Toulouse une ville verte

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L'écologiste Antoine Maurice parviendra-t-il à convaincre les Toulousains à l'occasion des élections municipales, avec son concept de l'écologie heureuse ?
L'écologiste Antoine Maurice parviendra-t-il à convaincre les Toulousains à l'occasion des élections municipales, avec son concept de "l'écologie heureuse" ? (Crédits : Rémi Benoit)
Prolongement de la ligne B du métro et du tramway, réalisation de la troisième ligne de métro en 2028, développement d'emplois-climat pour engager une diversification économique, rénovation énergétique massive de logements... La tête de liste d'Archipel Citoyen aux élections municipales à Toulouse, Antoine Maurice, a présenté ses ambitions écologiques lundi 22 juin pour faire de Toulouse une ville plus verte. Les détails.

Face à "Jean-Luc Moudenc qui est à la tête d'un front anti-climat" et "au candidat de la peur", comme tient à le définir Antoine Maurice, "je suis le candidat de l'écologie heureuse et de l'espoir". C'est par ces mots que l'écologiste à la tête de la liste Archipel Citoyen aux élections municipales à Toulouse a tenu à présenter, lundi 22 juin, ses ambitions écologiques pour Toulouse. Ainsi, pour prouver que celle-ci "est une chance pour l'emploi", les challengers entendent mettre en œuvre, s'ils sont élus dimanche, un plan d'adaptation aux crises futures.

"Il est désormais nécessaire de relocaliser un certain nombre d'activités, comme le textile, l'agroalimentaire, la santé, etc. Mais pour cela, il faut anticiper et la collectivité doit faciliter la venue de ces entreprises. Notre objectif est de réduire les vulnérabilités de Toulouse à l'horizon de 2050 en envisageant notamment des coopérations étroites avec les territoires de la région, en se libérant des énergies fossiles et en garantissant l'accès à une alimentation locale et de qualité pour tous les Toulousains", explique Hélène Cabanes, membre d'EELV et colistière d'Archipel Citoyen.

Pour cela, Antoine Maurice et ses équipes entendent faire émerger des commerces alimentaires de proximité, dans chaque quartier de la ville de Toulouse et sous diverses formes, tout en développant parallèlement l'agriculture urbaine. Une manière selon eux de développer des emplois utiles, alors que le candidat soutenu notamment par EELV, LFI et le PS comptent lancer une filière basée sur des "emplois-climat".

"Quand notre adversaire propose des plans de relance des années 80 (basés sur des grands projets d'infrastructures, ndlr), nous, nous proposons un plan de relance économique et social qui permettra notamment d'engager la diversification économique dont a besoin notre territoire. Nous sommes convaincus que nous pouvons développer des emplois non-délocalisables, de qualité et qui ont du sens à partir des filières de l'agriculture, de l'agroalimentaire, de l'économie circulaire et de la rénovation énergétique", estime Antoine Maurice qui prévoit également de soutenir la filière aéronautique en organisant notamment à Toulouse les Assises nationales de l'aéronautique pour accompagner la filière dans le défi de l'avion vert.

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La rénovation énergétique représenterait "170 millions d'euros de retombées économiques sur le territoire"

Pour accompagner l'écosystème local dans sa relance, tout en portant son projet d'emplois-climat, le candidat d'Archipel Citoyen mise beaucoup sur la rénovation énergétique des logements et des bâtiments, seconde source de pollution atmosphérique (autour de 30% des émissions de Co2) après les transports.

"En plus de mettre en place une tarification solidaire pour les transports en commun, nous allons agir sur leur facture d'énergie pour redonner de l'oxygène aux fins de mois des Toulousains. Ainsi, nous allons prendre les 60 millions d'euros annuels prévus par Jean-Luc Moudenc pour l'embellissement du centre-ville de Toulouse et avec, nous accompagnerons la rénovation énergétique de 2 000 logements chaque année. Nous utiliserons l'office HLM Toulouse Métropole Habitat pour porter cette initiative et nous estimons les retombées économiques sur le territoire à 170 millions d'euros", précise François Piquemal.

Dans cette logique de proposer des habitations de meilleure qualité, l'union de la gauche veut établir une charte avec les promoteurs de la ville pour définir des critères de qualité et offrir plus d'importances aux espaces verts sur les futurs programmes. Par ailleurs, Antoine Maurice s'engage en tant que futur maire de Toulouse à stopper tous les projets de logements sur les corridors les plus exposés à aux pollutions atmosphérique et sonore. De ce fait, Archipel Citoyen entend réduire la vitesse en centre-ville à 30km/h sauf sur les grands boulevards urbains. "Un Toulousain sur trois est confronté aux nuisances sonores", insiste Maxime Le Texier, fondateur du mouvement Archipel Citoyen et colistier à l'occasion de ces élections municipales à Toulouse.

Le prolongement de la ligne B dès 2025 et la troisième ligne de métro pour 2028

Tout en agissant sur le bruit, Antoine Maurice et la coalition de la gauche s'apprêtent également à lutter contre le trafic en lançant "un plan d'urgence pour les transports" sur la métropole. Celui-ci consiste en l'ouverture du réseau de transports en commun à partir de 5 heures du matin, un meilleur cadencement des TER dès 2022, l'amplification du réseau Linéo pour 2023, le prolongement du tramway en 2024, le prolongement de la ligne B du métro jusqu'à Labège en 2025, la première ligne du RER toulousain programmée en 2026 et la troisième ligne de métro en 2028, accompagnée de trois nouvelles ligne de RER.

"Nous voulons passer d'un mandat des déclarations à un mandat de l'ambition. Nous voulons ainsi sortir des discours avec un plan détaillé et financé", lance Romain Cujives qui rappelle que Jean-Luc Moudenc n'a inauguré aucune infrastructure de transports en commun lourde durant ce dernier mandat.

Pour financer cette feuille de route, Archipel Citoyen compte sur le décalage de la troisième ligne de métro, qui "va permettre de dégager entre 150 et 220 millions d'euros de financement", l'obtention de fonds de l'État et de l'Union européenne, ainsi que sur le déblocage de 500 à 700 millions d'euros de capacité d'investissements, pour le moment gelée pour être dédiée au projet de LGV Toulouse-Bordeaux. Pour mémoire, c'est un projet pour lequel Archipel Citoyen est contre, lui qui milite plutôt pour un aménagement de la ligne existante, deux fois moins onéreux selon eux.

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