Aéroport de Toulouse : l'actionnaire chinois Casil Europe obtient gain de cause sur les dividendes

 |   |  670  mots
Un accord entre les actionnaires locaux et le Chinois Casil Europe a été signé en décembre sur la question des dividendes.
Un accord entre les actionnaires locaux et le Chinois Casil Europe a été signé en décembre sur la question des dividendes. (Crédits : Rémi Benoit)
Le président du conseil de surveillance de l'aéroport Toulouse-Blagnac, Charles Champion, a confirmé mardi 22 janvier la signature d'un accord entre les actionnaires locaux et le Chinois Casil Europe sur la question des dividendes. Sur cinq ans, l'intégralité du résultat net pourra être reversé aux actionnaires. Jusqu'ici, les collectivités locales avaient toujours déploré cette logique, mais elles se félicitent désormais que les réserves financières de l'aéroport ne figurent pas dans le texte. Décryptage.

C'était une annonce très attendue après trois ans de débats houleux autour de la question des dividendes versés aux actionnaires. Le président du conseil de surveillance de l'aéroport Toulouse-Blagnac, Charles Champion, a confirmé mardi 22 janvier la signature récente d'un accord entre les actionnaires locaux et le Chinois Casil Europe sur cette question.

"L'accord voté à l'unanimité en décembre dernier consiste à définir une politique en matière de dividendes sur le plan d'affaires des cinq prochaines années. On considère que l'on peut redistribuer autour de l'intégralité du résultat net en normes françaises aux actionnaires sous réserve de leur approbation chaque année au vu des comptes de l'aéroport", a-t-il précisé.

Autrement dit jusqu'en 2023, les actionnaires pourraient toucher jusqu'à 100% du résultat net annuel de l'aéroport (qui a atteint 14 millions d'euros en 2017).

Une demande de l'actionnaire chinois depuis son arrivée

Pour rappel en 2015, la société d'actionnaires chinois Casil Europe a racheté 49,99% des parts de l'aéroport pour 308 millions d'euros à l'État. De l'autre côté, la Région, le Département, Toulouse Métropole et la CCI de Toulouse détiennent 40% des parts, sans oublier l'État et ses 10,01% restants. Alors, depuis son arrivée dans le capital, l'actionnaire chinois réclame "un retour sur investissement raisonnable", sous forme de dividendes.

Lire aussi : Aéroport de Toulouse : Mike Poon justifie les 14 millions d'euros de dividendes aux actionnaires

Dès 2016, il demande 40 millions d'euros pour l'ensemble des actionnaires. Mais il obtiendra "seulement" 17,5 millions d'euros en puisant dans les réserves financières de l'aéroport, malgré un vote d'opposition des collectivités locales. L'année suivante, les actionnaires français votent à nouveau contre le versement de 7,85 millions d'euros aux actionnaires (dont 1,5 million d'euros puisé dans les réserves). En mai 2018, rebelote. Les collectivités locales et la CCI votent contre le versement de l'intégralité du résultat net de l'aéroport, soit 14 millions d'euros de dividendes (aucune ponction cette fois dans les réserves).

"Les élus ont capitulé"

"100% des bénéfices reversés, c'est trop", déplorait alors Pascal Boureau représentant du Département au conseil de surveillance de l'aéroport. Le même aujourd'hui n'est plus choqué par l'accord qui autorise le versement de l'intégralité du résultat net de l'aéroport, et ce sur les cinq prochaines années.

"On nous a montré une étude qui indique que le reversement de l'intégralité du résultat net n'impacte pas la viabilité de l'aéroport. L'important est que nous avons sanctuarisé les réserves de l'aéroport qui ne figurent pas dans l'accord", plaide-t-il.

Même commentaire du côté de Bernard Keller, vice-président de Toulouse Métropole, également membre du conseil de surveillance. "L'accord veut dire qu'on ne puise pas dans les réserves financières et qu'on préserve la capacité d'autofinancement", souligne-t-il. De son côté, Pascal Boureau relève aussi que le texte prévoit "que seuls les salariés siègent au directoire, alors que jusqu'ici des membres de Casil Europe en faisaient partie".

Pour autant, l'accord passe très mal dans l'opposition municipale. Marc Péré, membre du groupe d'opposition Métropole citoyenne, lance :

"Les élus ont capitulé, c'est une honte. 100% du résultat net, c'est inadmissible sachant qu'en moyenne au CAC40, 66% des bénéfices sont reversés sous forme de dividendes, un niveau déjà extrêmement élevé. Sur la forme, un tel engagement aurait dû être approuvé au préalable en conseil métropolitain, d'autant qu'il y a des élections municipales en 2020".

Pour sa part, le président de la CCI Occitanie, Alain Di Crescenzo, s'est félicité d'un tel accord soulignant que les dividendes représentent "une ressource financière non négligeable pour la CCI". Le gouvernement a en effet décidé de coupes drastiques dans les budgets des chambres de commerce.

Lire aussi : Aéroport de Toulouse : l'actionnaire chinois Casil Europe sur le départ ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 23/01/2019 à 8:53 :
Combien cela représente-t-il en pourcentage? Action ou obligation? Une poule aux œufs d'or?
a écrit le 23/01/2019 à 8:33 :
Une enquête sur les graissage de pattes serait la bienvenue. Comment peut-on siphonner un ex-bien public appartenant à moins de 50% à des capitaux étrangers ?

Honteux... Il faut un retour du contrôle des capitaux, comme le font Américains et Chinois !
a écrit le 22/01/2019 à 17:55 :
aujourd'hui, nos petits états ne font plus le poids devant ces mastodontes, l'erreur est Française, il ne fallait pas privatiser et que cela serve de leçons à tous ces banquiers d'affaires qui ne savent que brader notre patrimoine, cogner sur le travail et critiquer le cout de l'état qui finance l'intégralité de leurs gros salaires.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :