Aéroport de Toulouse : Mike Poon justifie les 14 millions d'euros de dividendes aux actionnaires

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Mike Poon, président de Casil Europe.
Mike Poon, président de Casil Europe. (Crédits : Rémi Benoit)
Dans une interview à La Tribune, Mike Poon président de Casil Europe actionnaire à 49,99% de l'aéroport de Toulouse, revient sur les décisions prises par le conseil de surveillance ce mercredi 30 mai et notamment les 14 millions d'euros de dividendes versés aux actionnaires.

Vous étiez cette après-midi à l'assemblée générale au cours de laquelle Charles Champion a été désigné pour succéder à Anne-Marie Idrac. Une réaction ?

Je voudrais féliciter Anne-Marie Idrac qui avec beaucoup de succès a réussi à transformer une plateforme publique en un partenariat public-privé. Je n'ai aucun doute sur le fait que Charles Champion sera un parfait successeur. Il est Toulousain et a travaillé pour Airbus donc il comprend bien les enjeux autour de l'aéroport.

Philippe Crébassa a été choisi pour remplacer Jean-Michel Vernhes à la tête du directoire de l'aéroport, là aussi que pensez-vous de son profil ?

Je l'ai vu deux fois. Je pense qu'il est là encore la bonne personne pour succéder à Jean-Michel Vernhes qui a accompli beaucoup de choses pour l'aéroport pendant des années. Nous sommes très enthousiastes sur le nouvel exécutif de l'aéroport.

Selon nos informations, vous avez donné votre accord pour que Philippe Crébassa qui était le candidat favori des actionnaires locaux soit le remplaçant de Jean-Michel Vernhes en échange d'un versement de dividendes plus important que l'année dernière. Est-ce vrai ?

Ce sont deux problématiques différentes. Le succès de l'aéroport l'an dernier ne fait aucun doute. Le trafic de passagers a beaucoup augmenté, de l'ordre de 23% depuis la privatisation en s'établissant à 9,2 millions de passagers alors que les prévisions initiales étaient de 8 millions, et l'aéroport est plus international qu'avant. Ensuite, il est compréhensible que nous attendions un retour sur investissement raisonnable.

Près 14 millions d'euros de dividendes vont être versés cette année, soit près de deux fois plus qu'en 2017. Comment le justifier ?

Les autres infrastructures  en France bénéficient d'un retour sur investissement situé entre 4 et 6% alors que l'année dernière à l'aéroport de Toulouse il a été en-dessous de 1%. Mais nous sommes un investisseur de long-terme et nous comprenons que cela prenne du temps. Il faut aussi souligner que les dividendes profitent à la fois aux actionnaires chinois et aux collectivités locales. Nous parlons actuellement franchement avec les actionnaires locaux pour établir une politique de dividendes sur le long-terme et nous espérons que cela pourra résoudre des problèmes et que nous pourrons nous concentrer ensemble sur le développement de l'aéroport.

Vous êtes de retour au sein du conseil de surveillance (il avait démissionné en septembre 2015). Pourquoi ?

Mes objectifs sont d'améliorer la communication avec les actionnaires et de nous assurer que tous les engagements de Casil Europe soient atteints.

L'aéroport va-t-il financer des projets structurants à l'image de la troisième ligne de métro comme cela avait été suggéré ?

Nous avons une équipe qui travaille sur l'éventualité d'un financement du métro. Des progrès ont été réalisés. Si la communication est améliorée avec les actionnaires locaux, nous pourrons nous concentrer sur ce type de projets.

L'État a décidé en février de ne pas céder ses 10,01% de parts restantes dans l'aéroport, ce qui vous aurait permis de devenir majoritaire avec 60% des parts. Avez-vous été surpris ?

Non, nous n'avons pas été surpris. Nous respectons la décision de l'État et pour nous cela ne change rien à notre engagement dans l'aéroport.

La Banque Populaire et la Caisse d'Épargne nous ont dit vous avoir rencontré. Ces banques voudraient racheter vos parts si vous souhaitez vous retirer du capital. Envisagez-vous ce retrait de l'aéroport ?

Nous n'avons aucune discussion avec eux. Nous voulons être un investisseur de long-terme cela n'a pas changé depuis notre arrivée au capital.

Jean-Michel Vernhes a déclaré à l'occasion d'une matinale de la Tribune qu'il était nécessaire que l'aéroport "retrouve une gouvernance apaisée". Comment y parvenir ?

La réunion de cette après-midi était très apaisée. Nous partageons les mêmes objectifs. Il y a peut-être des lacunes de communication. A Toulouse, c'était la première fois en France qu'un aéroport intégrait un actionnaire privé. Il y a eu des difficultés pour que les actionnaires locaux et chinois se comprennent. Il faut du temps pour accepter ces différences culturelles et linguistiques. Même si la majorité a été obtenue pour la plupart des décisions.

Quid des liaisons aériennes entre Toulouse et la Chine ?

Avant la privatisation, personne ne connaissait Toulouse en Chine. Avec tout le travail qui a été effectué, nous espérons l'ouverture d'une ligne aérienne directe entre Toulouse et la Chine en 2019. La compagnie Tianjin Airlines a déjà donné son accord de principe pour réaliser des liaisons aériennes entre Toulouse et Tianjin. C'est une ville intéressante car Airbus y possède une chaîne d'assemblage et les salariés d'Airbus seront satisfaits de pouvoir transiter sans escale vers la Chine. Pour Zhengzhou, cela prendra un peu plus de temps. Il reste à trouver une compagnie aérienne.

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Commentaires
a écrit le 31/05/2018 à 15:14 :
L"annonce d'une liaison Tianjin/Toulouse réalisée par Tianjin Airlines et plus sérieuse que la fumeuse annonce d'une liaison Zhengzhou/Toulouse par XL Airways. A moins que cette dernière cherche à perdre de l'argent... Quant à l'actionnaire chinois de l'aéroport de Toulouse, il faudrait qu'il avoue les motifs de sa disparition quelques temps après avoir fait cet investissement. Certains observateurs estiment qu'il n'est qu'un fonctionnaire du régime chinois placé là afin de vider les caisses de l'aéroport toulousain.
a écrit le 31/05/2018 à 8:36 :
"Ben oui je suis payé par eux..."
a écrit le 31/05/2018 à 7:01 :
Résumons: les "infrastructures" comparables rapportent entre 4 et 6%; celle-ci rapporte moins de 1%, mais "nous" décidons de verser un dividende doublé par rapport à l'exercice antérieur. Siphonage? Retirage de billes?...

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