Eau : Jean-Luc Moudenc opte pour une DSP sur Toulouse Métropole

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Le nouveau mode de gestion de l'eau entrera en vigueur au 1er janvier 2020.
Le nouveau mode de gestion de l'eau entrera en vigueur au 1er janvier 2020. (Crédits : Flickr/Cha già José)
Après plusieurs mois de débats politiques entre les pro-régie et les pro-DSP (délégation de service public), le président de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc a tranché. À la suite des résultats de l'étude comparative entre les deux modes de gestion effectuée par le cabinet Naldéo, l'élu a opté pour le maintien de la DSP dans la gestion de l'eau. Un choix qui doit être entériné par un vote au conseil métropolitain du 13 décembre.

C'est la fin d'un débat qui aura duré des mois, voire des années... Les élus locaux se divisent quant au prochain mode de gestion de l'eau commun à toutes les communes de Toulouse Métropole (37 communes), qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2020.

Un choix non sans importance puisque actuellement sur la Métropole, 15 tarifs différents sont en vigueur pour l'eau et 27 pour l'assainissement, avec des modes de gestion de l'eau différents. Alors, après avoir acté le principe d'un tarif commun de l'eau à partir de 2020 pour tous les habitants de Toulouse Métropole, la suite logique consistait à définir le mode de gestion commun qui l'accompagnera : régie publique ou délégation de service public ?

Pour se décider, comme il l'avait promis lors de sa campagne électorale pour les municipales en 2014, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, a commandé auprès du cabinet Naldéo une étude comparative entre les deux modes de gestion.

Veolia pour l'eau et Suez pour l'assainissement

Contre toute attente, le prix en régie publique est bien supérieur à celui d'une DSP avec un acteur privé, fait rare pour être souligné. Avec une régie publique, le prix de l'eau au m3 pour les habitants de la métropole toulousaine reviendrait à 3,46€ TTC dès le 1er janvier 2020 (soit 1,81€ pour l'eau et 1,65€ pour l'assainissement). Tandis que la moyenne des deux offres de Veolia et Suez fait tomber le prix du m3 à seulement... 2,95€ TTC (1,57€ pour l'eau et 1,38€ pour l'assainissement). À titre de comparaison, le prix moyen du m3 de l'eau sur la Métropole est actuellement de 3,75€ TTC. Face à une telle différence de prix, l'élu s'est tourné vers une DSP.

"Jean-Luc Moudenc a retenu les propositions de ces deux candidats pour des délégations de service public qui vont permettre à tous les habitants de la Métropole de bénéficier du tarif de l'eau le plus bas de France (villes de + de 100 000 habitants) : 2,91€/m3 (eau et assainissement). Il se traduira pour tous par une baisse du prix, de l'ordre de - 25% sur Toulouse par exemple. En moyenne, pour une consommation type de 120 m3/an, un Toulousain économisera 120€/an, et les autres habitants de la Métropole entre 45 et 250€/an (une économie variable en fonction des tarifs actuels de chaque commune)", a dévoilé dans un communiqué Toulouse Métropole jeudi 15 novembre.

Veolia a donc obtenu le marché de la gestion de l'eau avec une offre à 1,54€/m3 et Suez celui de l'assainissement pour un prix de 1,37€. Les deux groupes vont ainsi se partager un marché de 1,2 milliard d'euros sur 12 ans.

L'opposition évoque un "choix sans surprise"

Mais le fait que Toulouse Métropole ait le prix de l'eau le moins cher de France dès 2020 pose quelques questions. Pourquoi ces tarifs maintenant et pas avant ? Comment expliquer un tel écart entre régie et DSP ? Pour la Métropole, "ce prix unifié a été obtenu grâce à la méthode comparative utilisée qui n'a privilégié aucun mode de gestion, à la situation concurrentielle entre les opérateurs privés, ainsi qu'à l'absence de dette au terme de l'actuel contrat de la Mairie de Toulouse conclu en 1990". Du côté de l'opposition, la vision des choses est différente.

"Ce choix n'est pas une surprise mais un grand bluff. La régie a servi de lièvre dans ce sprint crucial auxquels se sont livrés les deux candidats à la délégation de service public (pour faire descendre les prix). Ces prix imbattables, sont étonnants. Il n'y a jamais eu un tel écart entre les deux modes de gestion", analyse Antoine Maurice, élu de l'opposition au conseil municipal et président du groupe Toulouse Vert Demain.

Désormais, Jean-Luc Moudenc, pour valider son choix, doit faire voter celui-ci au prochain conseil de Toulouse Métropole qui aura lieu le 13 décembre.

Lire aussi : Gestion de l'eau à Toulouse : la Métropole submergée par les critiques

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Commentaires
a écrit le 16/11/2018 à 18:53 :
Une taxe sur l'eau est en vigueur pour financer la réduction du permis de chasse. Merci Macron .
a écrit le 15/11/2018 à 13:39 :
"Ces prix imbattables, sont étonnants. "

"Distribution de dividendes : toujours plus !" https://www.latribune.fr/entreprises-finance/distribution-de-dividendes-toujours-plus-593518.html

Allez, on va essayer de laisser le représentant des actionnaires milliardaires réfléchir tout seul hein...

Quoi vous pensez qu'il ne pourra pas y arriver ? Qu'il est totalement formaté ?

Peut-être, laissons lui une chance tout de même de sortir de l'obscurantisme profond dans lequel il s'est enfoncé, au moins...

Même aux états unis l'eau est un service public les gars et New York possède la meilleur eau potable du monde en utilisant un principe 100% écologique.

En UE on a pas fini de les entendre chouiner et encaisser les pollueurs !
Réponse de le 16/11/2018 à 19:00 :
L'eau, tout le monde en a besoin, le prix devrait être le même partout.

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