Kinéis prépare sa constellation depuis un laboratoire en orbite piloté par Loft Orbital

D'ici l'été 2023, Kinéis va envoyer dans l'espace les premiers satellites de sa constellation 100% made in France. Avant le grand départ, l'opérateur va pouvoir tester une nouvelle technologie de connectivité IoT développée par la société cannoise Ternwaves grâce à un laboratoire radiofréquence qui sera envoyé en orbite dès l'automne prochain à bord d'un satellite de la pépite toulousaine Loft Orbital.

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Kinéis va envoyer 25 satellites en orbite à partir de 2023.
Kinéis va envoyer 25 satellites en orbite à partir de 2023. (Crédits : Kinéis)

Après avoir équipé 15.000 bateaux de pêche industrielle, la société toulousaine CLS a lancé à l'occasion du One Ocean Summit qui s'est ouvert mercredi 9 février à Brest une solution de suivi depuis l'espace pour les pêcheries traditionnelles. Le service est possible grâce aux données de géolocalisation les satellites du système Argos opérés par Kinéis. CLS veut connecter 10.000 bateaux dès la fin d'année, puis 100.000 d'ici cinq ans et monter en puissance de manière exponentielle sur un marché où l'on recense quelque 55 millions de pêcheurs artisanaux dans le monde.

"Aujourd'hui, Kinéis est tout à fait capable de gérer des milliers de balises. Mais si demain, CLS a besoin de suivre des dizaines de millions de bateaux par an en Asie, nous devrons avoir une technologie suffisamment solide pour gérer toutes les transmissions en même temps et éviter une saturation des fréquences comme on peut l'observer sur le réseau cellulaire lors d'un grand rassemblement de population", fait remarquer Alexandre Tisserant, président de Kinéis.

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Des tests en orbite avant le lancement officiel de la constellation

D'ici l'été 2023, Kinéis va envoyer dans l'espace les premiers modèles de sa constellation de 25 satellites portée par un consortium 100% français (CNES, Hemeria et Thales Alenia Space) et qui servira à l'Internet des objets (IoT), en plus des balises Argos de suivi des océans, des bateaux et des animaux. Avant le grand jour, l'opérateur va pouvoir tester ses capacités de transmission d'information directement depuis l'espace via un laboratoire de radiofréquence. En octobre prochain, la pépite toulousaine Loft Orbital, qui développe une constellation de services partagés, va envoyer en orbite son satellite Yam-5 qui sera équipé de deux antennes spécifiques.

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Kinéis compte les utiliser notamment pour tester une nouvelle technologie de connectivité IoT développée par la société cannoise Ternwaves qui promet de décupler les performances de la constellation.

"Le passage d'un système Argos de 7 satellites à une constellation de 25 satellites permet déjà d'augmenter les capacités du système en orbite, de diminuer les coûts et donc les prix pour démocratiser vraiment l'accès à la connectivité spatiale.

Avec l'innovation de Ternwaves, nous espérons aller encore plus loin. Cette société a inventé de nouvelles modulations pour augmenter encore la performance et la densité de balises que nous pouvons mettre dans une même bande de fréquence. La deuxième innovation apportée par Ternwaves, c'est de communiquer des données en transmettant moins fort et donc en ayant besoin de moins d'énergie pour le satellite et en évitant de brouiller les signaux des autres balises à proximité. Les tests au sol sont concluants et donc l'idée avec ce laboratoire c'est de réaliser des tests en orbite pour s'assurer que ces technologies fonctionnent bien dans l'espace", décrit Alexandre Tisserant.

En cas de succès, la future constellation de Kinéis pourra reconfigurer le logiciel de bord de sa future constellation pour augmenter ses performances en vol. L'opérateur va aussi se servir du laboratoire en orbite pour tester de nouvelles bandes de fréquences pour de futures missions IoT.

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Autant de manoeuvres qui seront mises en place en quelques mois avant même d'envoyer des satellites en orbite. "Au lieu de concevoir sa charge utile pendant trois ans et de la lancer en croisant les doigts très fort pour que cela marche, Loft Orbital propose de réserver un service pour réaliser des tests en orbite qui est disponible huit mois plus tard, en l'occurrence dès le mois d'octobre concernant Kinéis. C'est une révolution dans le spatial", souligne Pierre Bertrand, directeur du centre d'innovation de Loft Orbital à Toulouse.

Un laboratoire ouvert à d'autres clients

Le laboratoire radiofréquence en orbite pourra aussi être utilisé par d'autres clients que Kinéis à l'avenir. "Il pourra permettre à n'importe quelle application radiofréquence de venir tester ses modulations, algorithmes de traitement du signal ou autre à bord de
nos satellites", souligne Antoine de Chassy, le président de la société implantée en Californie et à Toulouse.

Une innovation qui pourrait intéresser différents types de profils. "Des armées pourraient s'en servir pour contrôler les fréquences autour d'une zone déterminée, par exemple au-dessus de la frontière malienne, pour du renseignement électromagnétique. Il existe aussi des acteurs, aux Etats-Unis par exemple, qui ont besoin de connaître les zones où le risque d'interférences sur les télécommunications est le plus fort pour choisir où implanter leurs antennes", conclut Pierre Bertrand.

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Commentaire 1
à écrit le 10/02/2022 à 9:39
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"100%" made in France.... Mais bien sûr...les composants sont français....et si on entrait dans le détail des équipements...;-)

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