New Space : Kinéis lève 100M€ pour sa constellation dédiée à l'IoT

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Basée à Toulouse, Kinéis vient de lever 100 millions d'euros pour lancer sa constellation de nanosatellites dédiée à l'IoT.
Basée à Toulouse, Kinéis vient de lever 100 millions d'euros pour lancer sa constellation de nanosatellites dédiée à l'IoT. (Crédits : Kinéis)
La jeune pousse toulousaine fondée par le CNES et CLS est en train de devenir un acteur majeur du New Space français. Kinéis a annoncé, lundi 3 février, une levée de fonds de 100 millions d'euros pour le lancement de constellation de nanosatellites. Équipés d'un système à propulsion électrique, les 25 futurs nanosatellites permettront d'assurer une couverture mondiale dédiée à l'IoT. Les détails de cette opération.

Toulouse devient-elle la capitale de l'IoT ? Après deux levées de fonds de Sigfox de 100 millions d'euros en 2015, puis 150 millions d'euros l'année suivante, c'est au tour de Kinéis de faire un coup de maître ! La jeune pousse toulousaine a annoncé, par communiqué lundi 3 février, l'aboutissement d'un tour de table de 100 millions d'euros. Ces fonds vont servir à créer une couverture mondiale pour l'Internet des Objets.

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"Les fonds désormais rassemblés vont financer la construction de la constellation de 25 nanosatellites, des 20 stations au sol, de l'infrastructure informatique de pilotage de la constellation, de traitement et de distribution des données, le développement de nouveaux produits, le lancement des satellites mais aussi l'expansion de Kinéis à l'international", précise Alexandre Tisserant, qui devient à cette occasion président de Kinéis, et qui vise dans un premier temps les États-Unis, l'Australie, la Russie et l'Afrique du Sud.

Pour boucler cette opération financière, l'opérateur toulousain a fait appel à Bpifrance, ses deux partenaires fondateurs que sont le CNES et CLS (cette dernière détient 32% du capital), BNP Paribas Développement, l'Ifremer, CELAD et Ethics Group.

"Une extension et démocratisation d'Argos"

Par ailleurs, les industriels Thales et Hemeria font également partie du tour de table. Ce sont également eux qui sont en charge de la production de la vingtaine de nanosatellites dont le déploiement est prévu en 2022.

Ainsi, Thales Alenia Space (TAS) aura à sa charge l'architecture du système, la responsabilité du développement des charges utiles avec la société Syrlinks implantée depuis peu à Toulouse, les stations au sol et le centre de mission. De son côté, Hemeria sera chargée des plateformes et de l'intégration satellite. C'est ce même duo industriel qui a composé le premier nanosatellite français, mis en orbite en décembre et nommé Angels, qui contient une charge utile Argos. Lui et sept autres satellites Argos déjà en orbite viendront compléter la future constellation Kinéis.

"Ce seront des satellites de la dimension 16U, de 20 centimètres sur 20 centimètres, pour une hauteur de 40 centimètres. Ils navigueront en orbite basse, à 650 km d'altitude, répartis sur 5 zones avec 5 satellites chacune. Cette constellation sera une extension et une démocratisation du système Argos, dont nous sommes devenus l'opérateur exclusif. Nous allons multiplier par 100 les capacités, ce qui va permettre de connecter quelques millions d'objets d'ici quelques années", indique à La Tribune le président Alexandre Tisserant.

Les 25 futures nanosatellites, conçus pour une durée de vie de huit ans,  seront tous à propulsion électrique. Ce "qui sécurisera les désorbitations en fin de vie et permettra d'éviter les collisions", précise l'entreprise qui emploie déjà 25 salariés pour un chiffre d'affaires qui avoisine les 5 millions d'euros.

"D'ici quelques mois, nous serons 35, puis une cinquantaine d'ici la fin de l'année 2020. Avec cette équipe, nous visons l'objectif des 10 millions d'euros en 2023 avant d'atteindre les 100 millions en 2030", annonce le dirigeant.

Des lancements supplémentaires pourraient avoir lieu

Si jamais cette constellation est une réussite dans son usage et sa commercialisation, Kinéis ne ferme pas la porte à de nouveaux lancements à l'avenir.

"Notre trajectoire prévoit le lancement de tous les nanosatellites durant le second semestre 2022. Mais si le succès est au rendez-vous, de nouveaux lancements pourraient avoir lieu. Nous pourrions ainsi revoir la composition de nos satellites pour améliorer encore leurs capacités par quatre voire cinq. Pour le moment, ce n'est pas nécessaire", ajoute Alexandre Tisserant.

En même pas une année d'existence, l'entreprise qui est en train de devenir l'acteur majeur du New Space français a enregistré de nombreux contrats. Lors du dernier salon du Bourget, en 2019, Kinéis a signé deux partenariats stratégiques avec Objenious by Bouygues Telecom, Suez et la Wize Alliance. Le but ? Permettre des synergies entre les réseaux satellitaires et terrestres pour assurer une couverture mondiale optimale.

"La solution hybride de LoRa-Kinéis est en cours de développement et sera mise à disposition de nos clients pour des tests dans les prochains mois", explique Philippe Cola, architecte IoT chez Bouygues Telecom.

Il faut y ajouter la commande de 500 modules Kinéis de la part d'Advanced Tracking, spécialisée dans les communications par satellite. CLS de son côté développe plusieurs programmes d'envergure basés sur la connectivité Kinéis, pour le suivi de troupeaux, de bouées océanographiques ou de matériels liés à la pêche. Autant de commandes à venir potentielles pour l'entreprise toulousaine.

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