À Toulouse, Jean-Baptiste Djebbari lance l'agence de l'innovation pour les transports

En déplacement à Toulouse, le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari a inauguré l'AIT (l'agence de l'innovation pour les transports), une structure qui a pour vocation d'accélérer en France le développement de nouvelles technologies à destination de l'aviation mais aussi des autres modes de transport. Il s’est ensuite rendu à la rencontre des sociétés innovantes de Francazal, Aura Aéro, Easymile et Ascendance Flight Technologies. Au programme : débat sur le financement des startups et annonce sur l'expérimentation des navettes sans chauffeur.

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Le ministre des Transports a annoncé que la startup Easymile pourra tester ses navettes sans chauffeur à l'Oncopole de Toulouse.
Le ministre des Transports a annoncé que la startup Easymile pourra tester ses navettes sans chauffeur à l'Oncopole de Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)

Casque de réalité augmentée vissé sur la tête, le ministre des Transports a une vue à 360° sur les pistes de l'aéroport dans une simulation très proche d'une vue réelle depuis une tour de contrôle. Grâce aux lunettes de réalité augmentée, au-dessus de chaque avion apparaît une étiquette avec les informations essentielles de chaque vol (numéro du vol, type d'avion, compagnie aérienne, etc).

Baptisée RealTwr, cette solution développée par la DGAC en partenariat avec la startup tarnaise Numix est déjà expérimentée pour la formation des contrôleurs aériens dans les aéroports de Lille, Lyon, Marseille et Bâle-Mulhouse. C'est surtout l'une des premières technologies en lice dans le cadre de l'appel à projets lancée par l'AIT, la nouvelle agence de l'innovation pour les transports officiellement inaugurée à Toulouse ce lundi 22 novembre.

"Dans un monde en très grande transformation technologique, il faut faire en sorte que la France, ses startups et entreprises de la mobilité se dotent d'un avantage compétitif par rapport à la concurrence. L'agence de l'innovation pour les transports a vocation de répondre à ce défi avec des solutions à destination des différents champs de la mobilité : aéronautique, automobile, ferroviaire, portuaire...", indique Jean-Baptiste Djebbari, le ministre des Transports.

350 m2 de labo, 50 agents et 4 millions d'euros

La nouvelle agence a accès à un laboratoire de 350 m2 dans les locaux de la direction de la technique et de l'innovation, une branche de la DGAC (direction générale de l'aviation civile) où travaillent 500 agents à Toulouse. Une antenne de l'agence est également implantée à La Défense à Paris dans les bureaux de la Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer (DGITM). Une cinquantaine d'agents issus des deux directions des transports travailleront spécifiquement sur les projets de l'agence pour laquelle un budget de fonctionnement de quatre millions d'euros a été débloqué. L'AIT compte également s'appuyer sur l'écosystème économique et lors de l'inauguration des partenariats ont été signés avec l'association française des instituts de recherche technologique (dont l'IRT Saint-Exupéry de Toulouse) mais aussi les pôles de compétitivité et notamment Aerospace Valley.

L'ambition de l'agence vise notamment à porter des innovations utiles pour différents modes de transport. "Conçu à l'origine pour les contrôleurs aériens, le projet de réalité augmentée RealTwr pourrait par exemple facilement trouver des débouchés dans l'automobile ou le ferroviaire", illustre Christophe Rouquié à la tête de la direction de la technique et de l'innovation au sein de la DGAC.

Autre projet phare, Sepher vise à remplacer les groupes électrogènes au fioul par des panneaux photovoltaÏques pour alimenter les antennes radio qui assurent la liaison entre les contrôleurs aériens au sol et les pilotes des avions en opération. "Le surplus de cette production solaire est utilisé par électrolyse pour produire de l'hydrogène. Cet hydrogène permet au site d'assurer une autonomie de cinq jours. Avec ce projet, nous assurons une autonomie en énergie verte d'au moins 75% et nous réduisons de 60% les gaz à effet de serre", précise Philippe Panabière, chef de projet de Sepher. Après un premier prototype installé cet été à Sarlat en Dordogone, la technologie pourrait équiper à terme les 80 antennes françaises utilisées par le transport aérien.

Aura Aéro interpelle le ministre sur le financement des startups

Après cette inauguration de l'AIT, le ministre des Transports est parti à la rencontre de startups innovantes installées à l'aéroport de Toulouse-Francazal. À commencer par le constructeur aéronautique Aura Aero.

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D'abord positionnée sur les avions de voltige, la société ambitionne de faire voler dès 2024 un avion électrique de 19 places. Alors que l'appareil n'est pas encore en activité, Aura Aero a déjà décroché une lettre d'intention pour l'achat de 200 avions de la part de la part de la société de leasing Amedeo. Malgré un succès fulgurant, le président de la jeune société a tenu à alerter Jean-Baptiste Djebbari sur les difficultés à lever les fonds nécessaires pour poursuivre son développement. "Nous avons déjà levé 12 millions d'euros mais pour réaliser le passage à l'échelle pour l'avion de 19 places nous recherchons 30 à 50 millions d'euros. C'est très compliqué en France de trouver des investisseurs. Nous sommes ouverts à des investisseurs étrangers (à l'exclusion de la Chine)", informe Jérémy Caussade.

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Un problème dont est conscient le ministre des Transports. "Pour ces startups, il y a un enjeu de développement industriel, de certification mais aussi de financement de leur croissance. Ces startups doivent avoir suffisamment de fonds propres pour ne pas dépendre de fonds étrangers. La France doit atteindre le bon niveau de financement pour ces 'late stage' où les sociétés cherchent 50 à 100 millions d'euros", estime Jean-Baptiste Djebbari.

La règlementation peut constituer un autre obstacle pour ces startups innovantes en matière de mobilité. Le Toulousain EasyMile cantonne pour le moment le développement de ses navettes autonomes sur des sites privés. Pour autant, le ministre a profité du déplacement pour annoncer que la startup a reçu la première autorisation en Europe pour opérer en niveau 4 d'autonomie, c'est-à-dire sans aucun intervenant à bord, en trafic mixte, sur voie publique, à titre expérimental, pour le service de navette autonome du campus médical de l'Oncopole à Toulouse.

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Commentaire 1
à écrit le 23/11/2021 à 9:42
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Tiens tiens, il travail!! On a plus l'habitude de le voir sur tik tok a jouer à l'adolescent pré-pubère

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