Écotrain : des recrutements lancés pour ce train futuriste développé à Albi

L'IMT-Mines d'Albi, qui mène notamment le volet scientifique de ce train léger, autonome et électrique, lance une première vague de recrutements pour son développement. Les premiers postes ouverts autour de l'écotrain concernent notamment l'alimentation énergétique de ce futur mode de transport. Les détails.

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L'écotrain, développé à Albi, devrait circuler sur les rails du Tarn dès 2024.
L'écotrain, développé à Albi, devrait circuler sur les rails du Tarn dès 2024. (Crédits : DR)

"L'initiative occitane écotrain entre dans une phase de R&I opérationnelle et nous recrutons donc dès aujourd'hui rien moins que six postes d'ingénieurs de recherche et doctorants au sein d'une équipe internationale", annonce Norbert Feraud, le coordinateur scientifique de ce projet de mobilité et le directeur adjoint Recherche et Innovation de l'école IMT-Mines d'Albi, associée à ce projet d'écotrain.

Révélé en exclusivité par La Tribune au début du mois d'avril, ce futur mode de transport léger, autonome et électrique, se présente pour mémoire comme une petite rame capable de transporter entre 30 et 50 voyageurs simultanément, ou bien cinq tonnes de marchandises dans sa version fret. La technologie va être développée dans le Tarn, sur une ligne pilote entre Albi, Saint-Juéry et Puygouzon (Tarn).

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Pour lancer la concrétisation de ce projet, l'IMT-Mines d'Albi propose un contrat de thèse de doctorat de 3 ans, en partenariat avec l'Université de technologie de Delft (Pays-Bas), un contrat de thèse de doctorat de 3 ans, en partenariat avec Georgia Tech (États-Unis) et un contrat d'ingénieur de recherche de 18 mois renouvelable pour 18 mois supplémentaires, en partenariat avec Georgia Tech et l'Université de Delft.

Des fermes photovoltaïques le long du tracé

Aussi, trois contrats d'ingénieur de recherche, de 24 mois, en partenariat avec l'entreprise Amarenco sont également proposés. Ces contrats en lien avec le producteur indépendant d'électricité photovoltaïque sont tout sauf un hasard. Dans l'esprit du concepteur du projet, Philippe Bourguignon, chaque gare de son écotrain devra être équipée de panneaux photovoltaïques.

"Nous voulons avoir des micro-centrales solaires pour alimenter le réseau. Au lancement de la première ligne, nous voulons être autonome à 90% en énergie puis à 100% très rapidement. Plus précisément, nous voulons consommer au moins 80% d'énergie locale pour avoir des coûts de raccordements faibles", explique l'ingénieur à La Tribune.

Ces premiers contrats de travail avec l'énergéticien Amarenco, dans le cadre du projet écotrain, doivent ainsi permettre de concevoir ces hangars solaires sous une forme de modèle duplicable. Surtout, les porteurs du projet écotrain souhaitent aussi que l'excédent d'énergie produit par ses futures centrales soit redistribué à la population environnante, pour alimenter des véhicules électriques ou bien à des entreprises locales par exemple. Dans l'idéal, des stations de recharge électrique pourraient voir le jour à proximité immédiate de ces hangars solaires.

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Offrir une offre de service compléte

Au travers cet exemple, le projet écotrain ne se voit pas uniquement comme une offre de mobilité, mais plutôt une offre de service globale. En plus du côté énergétique, les porteurs du projet travaillent avec la startup toulousaine Ze Combi, qui commercialise des petits véhicules électriques légers capables de transporter des petits conteneurs universels pour de la logistique du dernier kilomètre. L'objectif est ainsi de faire le lien avec la version micro-fret de l'écotrain.

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De plus, le consortium qui développe ce train du futur échange aussi avec la société rochelaise Avatar Mobilité. Celle-ci a mis au point un véhicule électrique léger qui peut faire du transport de personnes avec une capacité de deux à quatre passagers, ou bien faire du transport de fret. Dans l'hypothèse d'une future exploitation d'une ligne Agen-Auch par l'écotrain, l'idée serait de mettre en location aux deux terminus ces voitures nouvelle génération afin d'offrir une solution de mobilité complète aux usagers.

Mais ce schéma n'arriverait au mieux qu'en 2025 voire 2026. Tout d'abord, l'écotrain va s'essayer sur la ligne de tests prévue autour d'Albi dès 2024, pour une commercialisation assez rapide dans la foulée si les essais sont concluants. Le développement de ce projet, porté par les sociétés Stratiforme et Socofer, mais aussi Clearsy, Celad, Syntony, l'école IMT Mines d'Albi, Arcadis, la région Occitanie et le groupe La Poste, est évalué à une trentaine de millions d'euros. Récent lauréat de l'appel à manifestation d'intérêt "Digitalisation et Décarbonation du Transport Ferroviaire", organisé dans le cadre du plan France 2030, l'écotrain a reçu une subvention de huit millions d'euros de l'Ademe.

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