Gilets jaunes : "l'économie française peut aller au tapis"

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Alain Di Crescenzo craint le pire pour l'économie régionale et française.
Alain Di Crescenzo craint le pire pour l'économie régionale et française. (Crédits : Rémi Benoit)
À l'occasion de ses vœux à la presse, le président de la Chambre de commerce et d'industrie de l'Occitanie, Alain Di Crescenzo, a notamment abordé la question des Gilets jaunes. Un mouvement qu'il qualifie de "destructeur". Selon la CCI, certains commerçants auraient vu leur activité baisser de plus de moitié.

La région Occitanie a connu une augmentation du nombre de création d'entreprise de +16% et une baisse des défaillances de -5,2% sur l'année 2018 d'après la CCI Occitanie et son président, Alain Di Crescenzo. Des signaux positifs pour l'économie occitane qui ne devraient pas durer.

"Ces chiffres sont arrêtés à la fin du troisième trimestre 2018, soit avant le début du mouvement des Gilets jaunes. Par contre, les premières tendances pour le quatrième trimestre et le premier semestre 2019 sont inquiétantes, notamment en raison de la déferlante des mouvements sociaux. Ainsi, nous prévoyons une hausse des défaillances", a prévenu Alain Di Crescenzo, mardi 22 janvier.

Depuis le début du mouvement, samedi 17 novembre, les commerçants de Toulouse et même de son agglomération doivent faire face à une très forte baisse de leur chiffre d'affaires. Selon la CCI de Toulouse, certains auraient vu leur activité baisser de plus de moitié...

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Trois pistes de réflexion pour aider les commerces

Devant une telle situation, l'ancien président de la CCI de Toulouse s'est réjoui des différents dispositifs de soutien mis en place notamment par la préfecture, Toulouse Métropole et la Région Occitanie récemment. Mais pour lui, tout cela est loin d'être suffisant.

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"C'est un mouvement destructeur, alors il faut trouver des solutions ou faire muter le mouvement dans sa forme. Pourquoi pas faire la manifestation un autre jour que le samedi ? Les entreprises ont besoin d'argent et c'est en partie le rôle de la période des soldes afin de se refaire du cash et une trésorerie, mais les moratoires sur les taxes ne suffisent pas. Si rien n'est fait, l'économie française peut aller au tapis".

Il propose donc trois pistes de réflexion pour renflouer les caisses des entreprises impactées par le mouvement des Gilets jaunes : le reversement de tout ou une partie de la taxe sur les enseignes (TLPE) ainsi que de la taxe sur les surfaces commerciales (TASCOM) et l'exonération de charges patronales. Des suggestions faites au président de la République, Emmanuel Macron, son Premier ministre, Édouard Philippe, et le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, par courrier. Déjà, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a sensibilisé à ce sujet Emmanuel Macron lors de sa venue à Toulouse, jeudi 17 janvier, comme il l'a fait savoir sur son compte Twitter.

La CCI Occitanie doit se serrer la ceinture

Par ailleurs, si rien n'est fait, "l'économie française peut aller au tapis", selon Alain Di Crescenzo, qui prend en compte le ralentissement de la croissance du PIB français (+2,2% en 2017 contre +1,5% en 2018). En s'appuyant sur des études de cabinets indépendants, il craint une croissance du PIB de seulement +1,2 % en 2019.

"Le rebond (économique) est en train de s'éloigner de plus en plus et dans le même temps on s'en prend aux corps intermédiaires qui peuvent faire arriver ce rebond via leurs actions auprès des entreprises", regrette-t-il en faisant référence aux fortes baisses budgétaires auxquelles doivent faire face les CCI suite à une décision de l'État en 2018.

L'année 2019 s'annonce "difficile" pour la CCI Occitanie, avec un budget annuel à la baisse... Après 66,5 millions d'euros l'année passée, il ne sera que de 58 millions d'euros environ cette année, contre 117,5 millions en 2012, à titre de comparaison.

Lire aussi : CCI Occitanie : "400 emplois a minima sont menacés", alerte Alain Di Crescenzo

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Commentaires
a écrit le 03/02/2019 à 1:29 :
Le chiffre d'affaire des commerces Toulousains sont en chute libre. Pour les plus petits d'entre eux certains ont déjà été obligés de cesser leur activité d'autres sont sur le point de le faire. Ils ne peuvent plus régler les charges;
L'impact sur l'économie régionale va être douloureux, plusieurs employés au chômage, baisse des recettes locales sur le plan fiscal.
Qu'attends -t-on pour interdire les manifs. que tous les commerces aient fait faillite.
Il faut que certains arrêtent de se masturber avec la liberté d'expression, la liberté de manifester ! .. et le liberté de travailler honnêtement, ? le droit d'être protégé ? le droit de vivre en paix.. Maintenant il faut casser les casseurs... ils tentent d'abuser en arborant de faux pansements maculés de sang ! des escrocs ! au gnouf et vite.

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