À Toulouse, la Coopérative de l'immobilier facilite l'accès au logement pour les précaires

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Les garanties deviennent de plus en plus difficiles à remplir pour les locataires précaires.
Les garanties deviennent de plus en plus difficiles à remplir pour les locataires précaires. (Crédits : Rémi Benoit)
En rupture avec les agences immobilières classiques, une société coopérative a été créée à Toulouse afin de faciliter l'accès à la location pour les travailleurs précaires tout en évitant les risques d'impayés pour les propriétaires. 50 logements sont gérés par la Coopérative de l'immobilier en Haute-Garonne et le concept pourrait être exporté à d'autres villes.

Depuis quelques jours, Florence Besson loue un T2 dans le centre-ville de Tournefeuille à une étudiante. Pour acheter son logement et le mettre en location, cette propriétaire n'est pas passée par une agence de location traditionnelle mais par la Coopérative de l'immobilier. Cette structure fondée en 2017 est la première société coopérative d'intérêt collectif (Scic) immobilière en France.

Le principe est que les propriétaires et les bailleurs peuvent devenir membres de la structure en s'acquittant d'une part sociale de 20 euros et participer aux assemblées générales de la coopérative sur la règle d'une personne est égale à une voix. La vocation principale de la Coopérative de l'immobilier est de contrer les difficultés d'accès au logement de toute une partie de la population.

Rétablir la confiance entre le locataire et le propriétaire

"Cela peut être des étudiants, des intérimaires, des travailleurs en CDD, en alternance, etc. Pour eux, il devient quasi impossible d'accéder au parc locatif privé au vu des garanties demandées. Certaines agences demandent que les revenus du candidat couvrent trois voire quatre fois le prix du loyer, deux parents comme garants, et, ce qui est totalement illégal, jusqu'à un an de loyer comme dépôt de garantie.

Du coup, pour accéder à un logement, certains maquillent leur dossier : le CDD devient un CDI, l'intermittent se présente comme un producteur établi... Ce qui ne rassure pas les propriétaires", décrit Jean-Luc Berho, le président du conseil de la coopérative et ancien syndicaliste.

Pour rétablir la confiance entre le locataire et le propriétaire, la coopérative cherche la garantie locative la mieux adaptée à chaque profil. "Il existe des garanties pour les travailleurs précaires comme Fastt pour les intérimaires, la garantie Visale, etc. Mais elles sont méconnues car elles ne sont pas mises en avant par les agences immobilières", relève Vincent Borrel, président de la coopérative.

Dans l'exemple de Florence Besson, l'étudiante travaille à côté comme salariée. Ses revenus couvrent trois fois le prix du loyer mais elle n'avait que sa mère comme garant, son frère venant lui-même de faire un prêt immobilier. La coopérative lui a proposé la garantie Visale. En cas de difficultés de paiement, Action Logement prend en charge le paiement du loyer et des charges locatives. "Toute cette procédure, même le cas d'impayé, est géré par la Coopérative de l'immobilier. Je suis plus tranquille dans mon investissement locatif", témoigne Florence Besson.

Bayonne et Blois intéressés pour exporter le concept

"L'autre particularité de la coopérative est que l'on peut négocier avec le propriétaire une baisse de loyer pour diminuer le taux de rotation. Les locataires ne resteront pas très longtemps dans un logement loué à 700 ou 800 euros, ils partiront ailleurs ou iront acheter leur propre bien. Or, en cas de changement de locataire, en moyenne le logement reste vacant 64 jours, ce qui représente une perte financière pour le propriétaire", ajoute Vincent Borrel.

Par ailleurs, "nous n'avons pas d'agence avec une vitrine donnant sur la rue, ce qui alourdirait les frais pour les propriétaires. Nous avons seulement un bureau en centre-ville de Toulouse", complète-t-il. La Coopérative de l'immobilier annonce des frais d'agence à 8,5% avec l'assurance.

À ce jour, la structure gère 50 logements en Haute-Garonne. Quelques studios font partie des lots mais surtout des T2, T3 et T4. Les appartements sont situés à Toulouse (Borderouge, Jolimont), Tournefeuille ou Saint-Orens. L'objectif est d'atteindre 120 lots d'ici fin 2019. L'effectif est actuellement de deux salariés mais la coopérative cherche à recruter un réseau de commerciaux indépendants. Enfin, le concept pourrait également être dupliqué dans d'autres villes intéressées par l'initiative, comme Blois ou Bayonne.

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Commentaires
a écrit le 03/04/2019 à 13:30 :
Ne faites pas d'études longues en France. Vous n'aurez aucune responsabilité et en restant en bas de l'échelle sociale que du bonheur!
La France se meurt tous doucement mais sûrement.

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