Pile à hydrogène : Hycco séduit et projette un début de production en 2023

Elle fait partie des entreprises d’Occitanie invitées à présenter leur technologie lors du CES de Las Vegas 2021. La startup toulousaine Hycco a imaginé un procédé de fabrication unique qui permet de produire des piles à combustible hydrogène haute performance. Ces piles sont aujourd’hui plus que jamais considérées comme des solutions alternatives dans les domaines fortement émetteurs de gaz à effet de serre. Pour l’heure en phase de test, cette technologie devrait être fabriquée en petites séries dès 2023. Afin de financer cette ligne de production pilote, Hycco va ouvrir une campagne de financement participatif via la plateforme toulousaine Wiseed.

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La startup toulousaine Hycco a imaginé un procédé de fabrication unique qui permet de produire des piles à combustible hydrogène haute performance.
La startup toulousaine Hycco a imaginé un procédé de fabrication unique qui permet de produire des piles à combustible hydrogène haute performance. (Crédits : DR)

L'hydrogène a été identifié comme la solution la plus prometteuse pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. La pile à combustible hydrogène est aujourd'hui une alternative crédible dans plusieurs secteurs tels que l'agriculture, l'industrie ou encore le transport qui l'ont identifié comme un axe à suivre, dans cette quête. Néanmoins, la durée de vie des piles à combustible est limitée à 5.000 heures en moyenne. Ce qui les rend suffisantes pour des domaines tels que l'automobile, mais insuffisantes pour les secteurs comme la mobilité lourde (aéronautique, fret maritime, ferroviaire, etc.).

Depuis près de trois années maintenant, la startup toulousaine Hycco développe un procédé unique qui permet de booster la performance de ces piles à combustible. La jeune entreprise y est parvenue en utilisant un matériau nouvelle génération dans la fabrication des plaques bipolaires, composants clés de ces piles (40% du prix du système et 75% de son volume). Ainsi, les plaques bipolaires mises au point par Hycco "permettent de simultanément augmenter la durée de vie des piles à combustible actuelles (x4) et de réduire leur poids (entre -50% et -90%), sans compromettre l'encombrement total du système, pour un prix compétitif", assure Romain Di Costanzo, cofondateur d'Hycco.

Plusieurs études en cours

La performance de cette technologie, protégée par un brevet depuis avril 2020, est actuellement testée.

"Le projet avance plutôt bien. Nous sommes en phase de test des plaques bipolaires au sein d'une pile à combustible complète depuis près de quatre mois, en interne. Nous allons également lancer des études de vieillissement afin de voir quelle est la limite de la technologie. Nous annonçons une durée de vie de près de 20.000 heures contre 5.000 pour les plaques métalliques classiques. Nous sommes confiants sur ce que nous promettons, nous essayons simplement de le prouver scientifiquement", ajoute Romain Di Costanzo.

En plus des tests en interne, prés de six études sont en cours auprès de groupes industriels et startups anonymes qui expérimentent les matériaux mis au point par la société toulousaine en condition réelle.

Une campagne de financement participatif prochainement

Outre les phases de test, le besoin en financement est également un aspect fondamental du projet. La jeune startup est sur le point d'effectuer un premier tour de table via la plateforme de financement participatif basée à Toulouse, Wiseed. Elle a pour objectif de collecter 500.000 euros. Les fonds serviront principalement à ouvrir une ligne de production en série pour 2023. La cagnotte devrait être ouverte au public durant le mois de janvier.

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La société prévoit ainsi de s'adresser au marché de masse dès 2025. Son objectif est de devenir un fournisseur incontournable de matériaux composites haute performance, présent sur toute la chaîne de valeur de l'hydrogène. Près de 10 prospects ont déjà été engagés et de plus en plus d'industriels de différentes tailles et secteurs "en recherche de solutions durables, légères et qui n'ont pas les matériaux adaptés à leurs applications" se montrent intéressés. Des premiers contrats devraient être signés durant le premier semestre de 2021.

Ainsi, Hycco poursuit son déploiement et la feuille de route qu'elle s'est fixée avant la crise de la Covid-19, sans imprévu. Contrairement à d'autres entreprises françaises, elle a été très peu impactée par la crise sanitaire, bien au contraire. "Nous avons pu continuer à travailler durant le premier confinement. De plus, dans le plan de relance de l'État, l'hydrogène a été mis en avant afin de contrer la crise économique et pour la transition énergétique avec un financement de près de huit milliards d'euros", se réjouit l'ingénieur de profession.

"Dangereux de s'afficher" au CES

En 2020, la startup a également pu atteindre un de ses buts en réalisant son premier chiffre d'affaires symbolique en attendant la commercialisation de sa solution. Pour 2021, elle souhaite continuer sur cette lancée et générer entre 50.000 et 60.000 euros d'activité.

Cette année, la pépite toulousaine fait partie de la délégation d'Occitanie qui participe au CES de Las Vegas du 11 au 14 janvier 2021. "Très honorée"d'avoir été sélectionnée, Hycco est réticente au vu de l'état encore prématuré de sa technologie.

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"Nous pensons qu'à notre stade de développement, c'est plutôt dangereux de s'afficher sur ce genre de plateforme. Nous avons beaucoup de travail à effectuer en interne et préférons nous concentrer sur notre phase de R&D. À partir du moment où nous serons plus solides au niveau de la propriété intellectuelle, de l'avancement du produit et que nous aurons des clients, ce sera pertinent d'aller aux États-Unis", justifie le chef d'entreprise.

15 à 20 salariés en 2022

En attendant d'atteindre cette dimension, la jeune pousse, installée au sein de l'incubateur IMT Mines, à Albi, depuis sa création en 2019, prévoit de rapatrier ses activités au sein de la Ville rose. Elle est actuellement en discussion avec plusieurs potentiels futurs hébergeurs.

Aujourd'hui, cinq salariés travaillent au développement de la jeune entreprise. D'ici 2022 l'effectif devrait être constitué de 15 à 20 personnes. Les futures embauches concerneront les profils matériaux, ingénieur méthodes, mécaniques, dimension énergétique, etc.

"Il y a un virage qui est en train d'être pris vis-à-vis des technologies de l'hydrogène. La France a un vrai positionnement et emboîte le pas à ses homologues européens. Pour nous, c'est une excellente nouvelle en tant que seul fabricant de plaques bipolaires du territoire national. Notre stratégie est pertinente dans toute la chaîne de valeur des systèmes hydrogène. Nous sommes enthousiastes et confiants sur notre capacité à mener le projet à bien. La route est semée d'embûches, mais nous avons une carte à jouer et nous la jouerons jusqu'au bout", conclut Romain Di Costanzo.

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