Covid-19 : des masques en coton fabriqués en Ariège par Tissages Cathares

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La TPE de l'Ariège, Tissages Cathares, s'adapte à la crise de covid-19 en modifiant son offre.
La TPE de l'Ariège, Tissages Cathares, s'adapte à la crise de covid-19 en modifiant son offre. (Crédits : Tissages Cathares)
La TPE ariégeoise Tissages Cathares, spécialisée dans le linge de maison, s’adapte et se lance à son tour dans la lutte contre le Covid-19. Depuis le 30 mars, les huit salariés sont sortis du chômage technique et s’adonnent à la fabrication de masques de protection en coton et réutilisables. Ainsi, le carnet de commandes s'est rapidement rempli. Les précisions avec le dirigeant de la société, Philippe Bigou.

"Quand nous avons vu le désarroi qu'il y avait au niveau national par rapport à la pénurie de masques, nous avons voulu agir". Pour Philippe Bigou et sa petite entreprise basée à Villeneuve-d'Olmes (Ariège), l'heure n'est plus à la confection de linge de maison haut de gamme. Depuis la fin du mois de mars, les serviettes et nappes de Tissages Cathares (500 000 euros de chiffre d'affaires en 2019) ont été détournées de leur usage initial au profit de la confection de masques barrières en coton (6,50 euros l'unité). Une adaptation à l'urgence qui a permis aux huit salariés de sortir du chômage technique.

"Nous n'avons pas la prétention de faire des masques de types FFP2, les nôtres sont destinés aux particuliers et aux entreprises et non pas au personnel soignant. Nos masques sont fabriqués avec du tissu nid d'abeilles, ce qui facilite la respiration, et il possède trois épaisseurs de pur coton traité déperlant. Il est lavable en machine à 60 degrés et réutilisable plusieurs fois", décrit le dirigeant.

Un carnet de commandes plein

Après avoir rendu la prise de commande de masques disponible sur son site internet, la TPE a vu son nombre de commandes grimper, notamment grâce aux réseaux sociaux.

"Nous avons eu la chance d'avoir notre offre relayée sur les réseaux sociaux par la présidente du Conseil départemental, Christine Téqui, qui cherchait des masques pour le Département. Les commandes ont afflué, majoritairement des particuliers mais aussi d'entreprises ariégeoises. Au 1er avril, nous en avions déjà fabriqué autour 1500 unités et une partie a déjà été livrée", se félicite Philippe Bigou.

Preuve de la forte demande, l'entreprise qui propose ses masques de protection à l'unité, par lot de 10 ou de 500, informe déjà sur son site internet indique le délai suivant : "livraison à partir du 10 mai pour toute nouvelle commande". Pour tenter de satisfaire un maximum de clients, Tissages Cathares compte fabriquer entre 500 et 800 masques par jour grâce à une montée en cadence.

Homologation difficile à obtenir

Bien que la vente de masques de protection soit autorisée sans homologation particulière, Philippe Bigou a lancé le processus pour obtenir celle de la Direction générale de l'armement (DGA) et de laboratoires. Un objectif qui lui semble compliqué en ces temps de crise.

"Nous avons eu beaucoup de mal à avoir une réponse (pour entamer la démarche) car tous les organismes sont débordés. Pour l'instant, c'est le point le plus flou car nous ne maitrisons rien. Mais j'espère que cela ne dépassera pas une semaine car suivant l'homologation que pourrait avoir avec ces masques, d'autres perspectives pourraient s'ouvrir, comme pérenniser les emplois à pouvoir chez nous actuellement", imagine-t-il.

Ayant du mal à se projeter au regard de la situation inédite, le patron de Tissages Cathares souhaite néanmoins recruter au minimum trois CDD pour répondre à la demande sur ses nouveaux produits et développer ses activités traditionnelles. Pour l'avenir, Philippe Bigou se dit "ouvert" à la production de blouses. À suivre.

Lire aussi : L'Aveyronnais Bleu de chauffe se lance dans la production de masques en coton

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