Covid-19 : l'aéroport de Toulouse-Blagnac passe en chômage partiel

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Face à la pandémie de covid-19, l'ensemble des effectifs de l'aéroport de Toulouse-Blagnac passe en chômage partiel.
Face à la pandémie de covid-19, l'ensemble des effectifs de l'aéroport de Toulouse-Blagnac passe en chômage partiel.
Selon des informations de La Tribune, l'aéroport de Toulouse-Blagnac est contraint de passer l'ensemble de ses effectifs en chômage partiel, face à la très forte baisse d'activité enregistrée en raison de la pandémie de Covid-19. Si ce dispositif d'activité partielle pourrait durer jusqu'au mois de septembre, en revanche une fermeture de l'aéroport n'est pas envisagée. Les précisions.

Les avions dans le ciel toulousain sont de plus en plus rares... Et pour cause, quasiment toutes les compagnies aériennes ont cloué au sol leur flotte d'avions face à la pandémie de Covid-19. Conséquence directe, le trafic et l'activité de l'aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) ont rapidement chuté, après avoir été épargnés jusqu'au début du mois de mars.

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"En terme de trafic, nous nous attendions à une très bonne année 2020. Jusqu'à la fin du mois de février, ATB était au-dessus de ses prévisions et ne ressentait pas d'impact du contexte sanitaire sur son trafic. Mais depuis le début du mois de mars, plusieurs dizaines de vols ont été annulées par les compagnies. Nous nous attendons à un impact majeur sur les trois prochains mois", avait déclaré Philippe Crébassa, le président du directoire de l'aéroport de Toulouse, face aux médias locaux lors de la présentation du bilan 2019, le 9 mars dernier.

Malgré cette baisse d'activité, avec aujourd'hui un aéroport quasiment à l'arrêt (il accueille encore notamment les rapatriements sanitaires des malades de Covid-19), une partie des 300 salariés d'ATB étaient jusqu'à présent en télétravail, et ce, depuis le début du confinement imposé en France le 17 mars. Pour les autres, en charge de l'opérationnel, ils étaient quant à eux toujours en poste à l'aéroport toulousain. Mais tout cela va changer.

Cinq mois d'activité partielle ?

À compter du lundi 6 avril, l'ensemble des effectifs de l'aéroport de Toulouse-Blagnac va faire l'objet d'un dispositif de chômage partiel, selon les informations de La Tribune. Une décision qui a été actée après consultation du Comité social et économique (CSE) les 30 mars et 1er avril à ce sujet. Un dispositif d'activité partielle qui pourrait s'étendre jusqu'en... septembre 2020 !

"Face aux circonstances exceptionnelles liées au Covid-19, qui impacte directement notre activité pour les semaines à venir, nous sommes contraints de prendre une mesure d'activité partielle du 6 avril 2020 au 5 septembre 2020A ce stade, ce terme est donné à titre d'information et pourra être avancé en fonction de l'évolution de la situation sanitaire et de la reprise de notre activité", explique Christine Courade, directrice de la Responsabilité sociétale et Ressources humaines d'ATB, dans une lettre adressé à l'ensemble des salariés le 1er avril et que La Tribune a pu consulter.

Néanmoins, comme l'explique ce courrier, le taux d'activité partielle sera différent selon les métiers et les besoins de l'infrastructure. Ainsi, un point hebdomadaire avec les équipes devrait être tenu.

"Le niveau de réduction du temps de travail variera au fil du temps, en fonction de l'évolution de la situation et des besoins. La réduction du temps de travail sera différente selon les métiers en fonction des situations de travail et des contraintes opérationnelles", précise le courrier de la DRH.

Sur l'ensemble des effectifs, ATB a établi un plan comprenant un taux d'activité global moyen autour de 20%, sur les deux prochains mois. Une décision qui doit permettre de préserver les emplois de l'aéroport et garantir la stabilité de l'entreprise.

"Cet aménagement va permettre de maintenir les activités essentielles à l'aéroport, dans un environnement avec plus aucun revenu, comme le traitement des salaires, le paiement des fournisseurs ou encore la gestion des opérations de l'aérogare", justifie-t-on du côté d'ATB.

Pas de fermeture à l'horizon

Dans cette situation, l'aéroport va-t-il resté ouvert dans les semaines à venir ? Pour mémoire, les boutiques et restaurants sont fermés, mais les halls eux sont encore ouverts même si l'activité a été concentrée sur le Hall D. Pour autant, le scénario de la fermeture de l'aéroport Toulouse-Blagnac n'est pas possible car il a encore un rôle stratégique majeur.

"Il n'est pas prévu une fermeture de l'aéroport. Il reste ouvert pour les vols de rapatriement encore opérés par certaines compagnies et l'aéroport est également ouvert pour les vols sanitaires et les vols d'État. Enfin, l'aéroport de Toulouse est l'un des aéroports de déroutement en France, qui impose qu'il soit ouvert H24", explique l'aéroport.

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Concrètement, ces derniers jours, l'aéroport de Toulouse-Blagnac n'accueille que "quelques centaines de passagers et quelques vols", en provenance ou à destination de Paris et de capitales européennes, qui sont des vols de rapatriement. Plus globalement, ATB estime à 95% la chute de son trafic pour les mois d'avril et mai.

Cet arrêt brutal est un coup dur pour la société ATB qui avait enregistré un chiffre d'affaires de 160,6 millions d'euros en 2019. C'est encore plus difficile pour son nouvel actionnaire, le groupe Eiffage, qui a racheté fin décembre à l'actionnaire chinois Casil Europe ses 49,99% au capital contre 507 millions d'euros.

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