Covid-19 : Toulouse et l'Occitanie accueillent 18 patients du Grand Est

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Toulouse et l'Occitanie ont reçu mercredi 1er avril 6 malades du covid-19 en provenance de Mulhouse et Colmar.
Toulouse et l'Occitanie ont reçu mercredi 1er avril 6 malades du covid-19 en provenance de Mulhouse et Colmar. (Crédits : Rémi Benoit)
La région Occitanie a reçu, par avion, mercredi 1er avril, six patients atteints du Covid-19 dans un état grave, en provenance des hôpitaux de Colmar et Mulhouse. Une douzaine d'autres patients du Grand Est sont attendus à Toulouse et seront répartis équitablement dans des hôpitaux publics et privés. Par ailleurs, 50 soignants d'Occitanie vont se rendre en Île-de-France pour aider les hôpitaux de cette région aussi saturée. Retour en images sur un transfert impressionnant.

Après notamment la région Nouvelle Aquitaine, c'est au tour de la région Occitanie d'accueillir des malades gravement touchés par le Covid-19, de la région Grand Est. Ainsi, mercredi 1 avril, peu après 14 heures, un premier patient de 71 ans en provenance du CHU de Mulhouse a atterri sur le tarmac de l'aéroport Toulouse-Blagnac habituellement réservé à l'aviation d'affaires. C'est le tout premier transfert de ce genre en Occitanie. Plus tard dans la journée, cinq autres patients sont aussi arrivés à l'aéroport toulousain. Au total, ils sont quatre en provenance de Mulhouse et deux de Colmar, des hôpitaux dont leur service de réanimation est saturé malgré le renforcement des effectifs et du nombre de lits.

"Ce sont des patients fragiles qui nécessitent du matériel de pointe. Ils ont, en moyenne, entre 50 et 70 ans, sont sous assistance respiratoire et plongés dans un coma artificiel. Ils pourraient avoir besoin d'une assistance respiratoire pour encore un mois en réanimation... Ils sont tous dans des états préoccupants mais nous ne transférons que des patients que nous pouvons guérir", a tenu à préciser le professeur Vincent Bounes, le responsable du Samu de Toulouse.

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Le Samu de Toulouse assure le transfert des patients du covid-19 dans les hôpitaux toulousains (Crédits : Rémi Benoit).

Ces six patients vont être répartis dans six établissements différents : Rangueil, Purpan, clinique des Cèdres, Montauban, clinique de l'Union et la clinique Croix de Sud de Quint-Fonsegrives. Ainsi, trois patients sont pris en charge dans le secteur public et autant dans le secteur privé.

"C'est la démonstration de la mobilisation totale et solidaire du système de santé aussi bien public que privé, main dans la main. L'Occitanie a la capacité de faire face à cette situation", a pour sa part déclaré le préfet de région Étienne Guyot, présent à l'aéroport pour l'arrivée du malade.

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Le préfet a appris "hier soir (mardi 31 mars)" le transfert de ces patients en Occitanie (Crédits : Rémi Benoit).

D'autres transferts à venir

D'autres patients de régions gravement touchées sont attendus. Ainsi, six autres doivent arriver jeudi 2 avril et de nouveau six autres vendredi 3 avril. "Ce type d'opérations va se multiplier dans les jours et les semaines à venir", a prévenu le préfet d'un ton grave. Pour autant, la provenance de ces futurs patients n'a pas été précisée. Mais il est vrai que l'Occitanie est pour le moment peu touchée et bénéficie donc d'un certain nombre de places disponibles dans ses services de réanimation.

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Marc Penaud se félicite de la solidarité entre le secteur privé et le secteur public dans cette situation de crise (Crédits : Rémi Benoit).

"En ex Midi-Pyrénées, secteurs privé et public confondus, nous avons 245 lits en réanimation et nous avons les capacités pour ajouter 200 lits supplémentaires. À côté de cela, nous avons en réanimation 135 patients hospitalisés. Nous avons donc une certaine marge de manoeuvre pour accueillir ces patients en provenance de régions saturées. Nous sommes dans un système solidaire", a déclaré Marc Penaud, le directeur du CHU de Toulouse lui aussi présent tout au long du transfert du premier patient, qui a duré une heure.

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En provenance de Mulhouse, le premier patient est arrivé à 14H10 sur le sol toulousain (Crédits : Rémi Benoit).

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Le transfert de l'avion à l'hélicoptère a pris environ 50 minutes (Crédits : Rémi Benoit).

Plus globalement, selon l'Agence régionale de Santé d'Occitanie (ARS), la grande région disposait mardi 31 mars au soir de 858 places en réanimation, et plus de 1 000 dans la matinée mercredi 1 avril. "C'est un chiffre qui ne cesse d'augmenter. Nous nous préparons à la vague", explique-t-on du côté de l'ARS.

Des soignants d'Occitanie s'envolent pour l'IDF

Au dernier bilan, publié le 31 mars au soir, l'Occitanie recensait 887 hospitalisations en cours (dont 278 en réanimation) et 88 décès en établissements de santé, liés au covid-19. Bien moins que d'autres régions comme le Grand Est ou encore l'Ile-de-France, pour ne citer que ces exemples. Par conséquent, des soignants d'Occitanie vont se rendre dans la région parisienne, dans les prochains jours, pour aider les hôpitaux du territoire à faire face à l'épidémie de coronavirus.

"Une équipe de plus de 50 soignants, de plusieurs métiers, va être transférée dans les prochains jours en Ile-de-France pour soulager leurs équipes. D'autres transferts de ce genre auront lieu dans les semaines à venir. Néanmoins, l'idée n'est pas de vider les hôpitaux d'Occitanie mais bien d'aider les établissements de soins dans le besoin", a fait savoir Benoit Ricaut-Larose, le directeur adjoint de l'ARS d'Occitanie.

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Le premier malade arrivé à Toulouse, a décolé à 15 heures, direction Montauban (Crédits : Rémi Benoit).

D'après plusieurs retours, le taux d'absentéisme dans le personnel soignant à Toulouse serait en nette baisse par rapport aux périodes habituelles.

"C'est une énorme fierté de participer à cet effort national. Tous les établissements de la région veulent des patients touchés par le Covid-19 pour aider. Tout le monde est prêt à faire face", promet le responsable du CHU de Toulouse.

Lire aussi : Covid-19 : comment MHComm joue un rôle majeur dans le suivi des contaminés

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Commentaires
a écrit le 02/04/2020 à 12:45 :
en Occitanie on est discipliné dans ma région on ne vois personne dans les rues c'est mes infirmiers qui le confirme on respecte les règles hier il a été contrôlé 3 fois c'est ce qui explique le peut de contamination je ne sais pas si c'est bon de repartir le virus dans les régions épargné l'avenir nous le dira a quoi sert le confinement si c'est pour déplacer le virus j'ai du mal comprendre
a écrit le 02/04/2020 à 9:53 :
C'est très bien et normal tout cela. Ce qui est moins normal, c'est l'hyper concentration des moyens sur cette épidémie. " tous les établissements de la région veulent des patients touchés par le C19. C'est bien là la faiblesse d'une grande partie du corps médical : vouloir être là au moment où ça se passe pour la dernière maladie à la mode. Penchant parfois morbide qui fait oublier le quotidien: il est dangereux et extrêmement choquant de constater le nombre de consultations et d'examens annulés ces derniers jours. Nous passons à côté de dépistages et de soins de la plus haute importance. N'oublions pas que pour 44 000 morts au niveau mondial du C 19 au 1er Avril, nous comptons 140 000 mort du cancer chaque année rien qu'en France. N'oublions pas ! J'ai bien dit 140 000 .
a écrit le 01/04/2020 à 23:46 :
pourquoi transporter des malades alors que les cliniques privées locales ne sont pas sollicitées ?

et où sont les unités des soins et lits de réanimation de l'armée ?
a écrit le 01/04/2020 à 18:59 :
tres beaux gestes, cela dit quand ils seront submerges aussi, ca va devenir dur, par manque de lits et de personnel qualifie, comme chez tout le monde
esperons qu'on leur renvoie la balle ' si possible le moment venu'

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