Le Cnes et Hemeria livrent le premier nanosatellite made in France

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Le premier nanosatellite industriel français embarque une charge utile d'1,5 kg.
Le premier nanosatellite industriel français embarque une charge utile d'1,5 kg. (Crédits : Cnes)
La France va lancer en décembre son premier nanosatellite industriel. Baptisé Angels, il a été fabriqué par le Cnes et la PME toulousaine Hemeria. Un avant-goût de la future constellation Kinéis attendue pour 2022.

Il aura fallu seulement deux ans et demi pour concevoir, fabriquer et livrer le premier nanosatellite industriel français. À titre de comparaison, c'est le temps nécessaire uniquement pour la phase de design d'un satellite traditionnel. Développé par le Cnes et la PME toulousaine Hemeria (ex-Nexeya), le démonstrateur Angels quittera le 15 octobre la Ville rose pour le centre spatial guyanais d'où il sera lancé fin décembre.

Une charge utile de moins de 2 kg

Le nanosatellite embarquera une charge utile de collecte de données Argos (système utilisé pour suivre les bateaux et les animaux). Pour passer au format cubesat, toutes les pièces ont dû être miniaturisées. Ce satellite de type 12U (d'un volume de 12 litres) mesure seulement 35 cm de longueur et pèse 18 kg (hors déployeur).

"Il contient un ordinateur de bord qui mesure 10 cm. L'instrument Argos pèse seulement 1,5 kg, c'est dix fois moins que ceux de la génération précédente", souligne Thibéry Cussac, chef de projet pour le Cnes.

Au-delà de la miniaturisation, le défi autour d'Angels était de faire chuter les coûts de développement pour se positionner dans la course au New Space. Pour y parvenir, des composants commerciaux ont été utilisés (au lieu d'éléments fabriqués pour le secteur spatial).

"Nous avons également revu nos manières de travailler pour tenir ces délais extrêmement courts. Des ingénieurs du Cnes sont localisés chez Hemeria. Cette co-ingénierie permet par exemple de supprimer les réunions d'avancement et de rendre la prise de décisions beaucoup plus rapide", poursuit-il.

18 collaborateurs de Hemeria se consacrent à Angels et cinq ingénieurs du Cnes. Le programme Angels est doté d'un financement de 10 millions d'euros apportés par les deux structures (alors qu'un satellite traditionnel peut nécessiter 300 millions d'euros d'investissements).

Une levée de fonds de 100 millions d'euros à boucler pour Kinéis

Angels n'est qu'un avant-goût de l'ambition française en matière de nanosatellites. CLS a initié la création de la société Kinéis qui va développer une constellation de 25 nanosatellites "Argos for next generation" en s'inspirant fortement du démonstrateur Angels. Chaque satellite devrait peser 25 kg. Le premier tir de lancement est prévu pour début 2022 avec l'objectif de déployer l'ensemble de la constellation la même année.

Lire aussi : CLS veut connecter des millions d'objets avec le successeur d'Argos

Pour lancer l'industrialisation du projet, il reste à boucler une levée de fonds de 100 millions d'euros. D'abord attendu pour début 2019, ce tour de table est espéré pour la fin d'année.

"La réalisation de Kinéis fera passer nos effectifs nanosatellites à 25 personnes. Pour pérenniser ces emplois, nous avons répondu à d'autres appels d'offres de constellations. Nous avons également signé un accord avec Airbus, Thales et un troisième acteur pour être tenu au courant de leurs besoins en la matière", explique Nicolas Multan, directeur général de Hemeria.

La PME toulousaine Hemeria, fondée en juillet, rassemble les 180 collaborateurs des activités spatiales de l'ancienne société Nexeya. Les autres activités de cette dernière ont été rachetées durant l'été par le groupe allemand Hensoldt.

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