Future autoroute entre Toulouse et Castres : ce qu'il faut savoir

L'autoroute Toulouse-Castres n'a jamais été aussi proche de devenir concrète. Après avoir annoncé une mise en service en 2025, le concessionnaire désigné par l'État a dévoilé les contours de cette future A69, aussi bien en termes de prix, services associés et conséquences environnementales. Ce qu'il faut en retenir.

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La future A69 entre Toulouse et Castres sera longue de 53 kilomètres.
La future A69 entre Toulouse et Castres sera longue de 53 kilomètres. (Crédits : NGE)

"L'agglomération Castres-Mazamet est la seule grande agglomération qui n'est pas connectée à une liaison autoroutière encore aujourd'hui", regrette Eric Ducournau, le directeur général du groupe Pierre Fabre. Sur la table depuis plusieurs décennies, au point de devenir un serpent de mer comme la LGV entre Toulouse et Bordeaux, ce projet ne serait désormais plus qu'une question de temps. "L'autoroute entre Toulouse et Castres entre aujourd'hui dans sa phase de réalisation", a déclaré le préfet de région Étienne Guyot, lundi 20 juin, à l'issue d'un dernier comité de pilotage.

Classée "priorité nationale" dans la Loi d'Orientation des Mobilités (LOM) fin 2019, la liaison autoroutière Castres-Toulouse (LACT), la future A69, devrait se concrétiser par un démarrage des travaux "début 2023", avant une mise en service à l'été 2025. Le feu vert des travaux sera donné par les conclusions de l'enquête environnementale, dernier obstacle administratif qui doit étudier les impacts du projet sur l'environnement et éventuellement identifier des pistes d'amélioration.

Alors que le dossier de l'A69 est à l'étude par les instantes compétences, les porteurs du projet ont la volonté de monter patte blanche sur la place publique, ou plutôt patte verte...

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Les agriculteurs indemnisés deux fois

Pour qualifier ce futur tracé de 53 kilomètres, dont seulement neuf kilomètres réaménagés, le président du département du Tarn, Christophe Ramond, aime parler d'une "autoroute du 21 ème siècle". Et ce, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, les protagonistes du dossier mettent en avant le fait que la future autoroute entre Toulouse et Castres va consommer non pas 380 hectares de foncier, comme le prévoyait l'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique, mais plus que 300 désormais.

"Nous avons mené un important travail d'optimisation pour identifier des zones naturelles sensibles et les protéger. Entre 17 et 20 hectares de surfaces naturelles sensibles seront épargnées par rapport à la dernière étude. Un tiers des bâtiments initialement concernés par les acquisitions foncières du tracé autoroutier est aussi épargné. Idem pour les surfaces agricoles", justifie Martial Gerlinger, le directeur général de l'Atosca, la nouvelle société de concession spécialement dédiée à cette autoroute avec don son actionnariat NGE, désigné concessionnaire par l'État.

Néanmoins, selon la préfecture du département du Tarn, ce sont une centaine d'exploitation qui vont être impactées par le tracé de cette future autoroute entre Toulouse et Castres. Ces "victimes collatérales" vont, et c'est un fait inédit en France, être indemnisés à double-titre. Une première fois par le concessionnaire et une seconde fois via un fonds de préservation agricole doté de deux millions d'euros pour encourager les agriculteurs concernés à aller vers une agriculture bio, raisonnée et de précision.

Dans l'ensemble, sur les 450 millions d'euros de facture totale du projet dont 23 apportés en subventions publiques, pas moins de 23% seront consacrés à la préservation de l'environnement selon l'Atosca, qui a signé un contrat de concession de 55 ans avec l'État.

Un peu plus de 9.000 véhicules chaque jour

Côté technologie, le concessionnaire a fait le choix de ne mettre sur le tracé aucun péage par souci écologique. "Cela évite d'avoir une largeur plus importante à certains endroits du tracé et donc de consommer des terrains", explique Martial Gerlinger. En conséquence de quoi, l'autoroute entre Toulouse et Castres sera une autoroute en "flux libre". Dans les faits, les barrières de péage seront remplacées par quatre portiques qui permettront de payer via le badge de télépéage comme c'est déjà possible aujourd'hui, par internet grâce à un système de reconnaissance des plaques d'immatriculation ou bien avec de la monnaie de manière assez classique. Cette méthode justifie ainsi la présence du groupe Ascendi dans l'actionnariat de l'Atosca à hauteur de 15%. Le premier cité se revendique comme le leader européen du péage en flux libre avec l'exploitation de six autoroutes concédées (640 kilomètres en système de péage libre), avec cette méthode, au Portugal.

Autre point innovant, en plus de deux aires de covoiturage, le tracé accueillera dès sa mise en service 16 points de recharge pour les véhicules électriques. De plus, les détenteurs de ces véhicules propres ou bas émission auront le droit à une réduction de 20% sur le tarif d'un trajet, qui le porterait ainsi à 5,42 euros TTC, contre 6,77 pour un véhicule normal. Des réductions de 30 à 70%, cumulables avec la première citée, seront aussi proposées aux usagers fréquents de l'infrastructure. Contre cette dépense, "les usages pourront gagner 25 à 35 minutes de trajet par rapport à aujourd'hui", rappelle le préfet du Tarn, François-Xavier Lauch.

Pour amortir l'investissement opéré, avec ces tarifs, le concessionnaire attend 8.400 véhicules légers par jour, ainsi que 800 poids-lourds.

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