La future autoroute Toulouse-Castres déclarée d’utilité publique

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La future autoroute entre Toulouse et Castres sera l'A69.
La future autoroute entre Toulouse et Castres sera l'A69. (Crédits : Regis Duvignau)
Comme annoncé par la ministre des Transports Élisabeth Borne en visite à Toulouse le 17 mai, le décret de déclaration d’utilité publique de l’autoroute Toulouse-Castres a été publié au Journal Officiel le vendredi 20 juillet. Cette future infrastructure se nommera A69 et sera une 2x2 voies sur une longueur de 54 kilomètres environ entre Verfeil et Castres. Il reste encore à choisir le concessionnaire et déterminer la date des travaux.

C'est une nouvelle étape de franchie pour l'autoroute Toulouse-Castres. Vendredi 20 juillet, la future liaison autoroutière a vu sa déclaration d'utilité publique (DUP) publiée au Journal Officiel. Ainsi, la ministre des Transports, Élisabeth Borne, a tenu l'engagement qu'elle avait pris auprès d'élus locaux favorables au projet lors de sa dernière visite à Toulouse le 17 mai dernier.

"La DUP publiée ce jour porte sur la section Verfeil-Castres, sous maîtrise d'ouvrage de l'État. Une DUP pour la section A68-Verfeil, sous maîtrise d'ouvrage d'ASF, avait déjà été prise au niveau préfectorale le 22 décembre 2017", a tenu à préciser le ministère chargé des Transports dans un communiqué.

Cette future section entre la commune de Haute-Garonne et Castres fera, selon le décret parut dans le JO, environ 54 kilomètres de longueur en 2x2 voies et se nommera l'autoroute A69. Une fois les travaux terminés, les potentiels usagers espèrent un trajet de 45 minutes au maximum, contre plus d'une heure actuellement, pour la somme de 7,50 euros le trajet.

"La mobilisation des collectivités territoriales, des entreprises, des organisations socio-économiques et du Ceser Occitanie a permis, avec le soutien de l'État, d'aller jusqu'au bout des procédures et des recours qui n'ont souvent comme objectif que de faire échouer le projet. La réalisation de cet ouvrage permettra d'établir une équité de traitement en Occitanie concernant la qualité des infrastructures par le désenclavement du 4ème bassin d'emploi de la grande région. Ce sera un ballon d'oxygène pour les entreprises qui peinent à recruter", se réjouit Jean-Louis Chauzy, le président du Conseil économique, social et environnemental, régional de l'Occitanie.

Une contestation toujours mobilisée

En effet, depuis de nombreuses années, deux camps s'opposent au sujet de cette autoroute Toulouse-Castres. Ceux qui y sont favorables avancent des raisons de désenclavement et de développement économique pour les entreprises du bassin Castres-Mazamet avec notamment le président du Département du Tarn, Christophe Ramond, en chef de file. Et de l'autre, il y a les opposants, un composé en majorité de maires de petites communes qui pourraient perdre du foncier avec ce projet, des écologistes et des agriculteurs. Pour eux, un projet alternatif d'aménagement de la RN 126 pour la rendre plus rapide et moins dangereuse, proposé par leurs soins, n'a jamais été étudié.

Problème pour les opposants, l'enquête publique qui a eu lieu fin 2016 a révélé que la population était majoritairement favorable au projet. Et pour ne pas les aider, la ministre des Transports, en poste depuis mai 2017, a toujours fait de ce projet l'une de ses priorités. Pour autant, ses opposants se font toujours entendre.

"Le collectif PACT (Pas d'autoroute Castres-Toulouse) rappelle toutefois que déclaration ne vaut pas réalisation. Plusieurs exemples, pour certains récents comme Notre Dame Des Landes, le montrent. Le PACT maintient son opposition à ce projet démesuré, écologiquement et économiquement irresponsable (...) Le PACT reste mobilisé", a réagit sur son compte Twitter le collectif.

À quand le début des travaux ?

Une ZAD, pour zone à défendre, pourrait-elle donc voir le jour sur le tracé probable de cette future autoroute si l'on en croit les propos de ce collectif ? Seul le temps pourra donner une réponse à cette question. En tout cas, dans le décret publié dans le JO il y a quelques jours, un élément important à ce sujet est écrit.

"Les expropriations nécessaires à l'exécution des travaux devront être réalisées dans un délai de dix ans à compter de la publication du présent décret", précise l'article 3 du décret, soit d'ici l'été 2028.

Est-ce que cela donne une indication sur la date à laquelle pourrait débuter le chantier ? Cela ne paraît pas si simple. Le rapport Duron, établit par le Conseil d'orientation des infrastructures, a dégagé deux scénarios pour sa réalisation. Celui-ci devait proposer au gouvernement les infrastructures routières et ferroviaires qu'il juge prioritaires tout en y insérant des hypothèses de financement. Rendu en février dernier, le rapport préconise une réalisation de l'autoroute entre 2023 et 2027 dans le scénario 1 contre 2018 à 2022 dans les scénarios 2 et 3, soit avant l'été 2028 et la date limite des expropriations.

La date ferme et définitive de sa réalisation doit paraître dans la Loi des Mobilités portée par la ministre Élisabeth Borne. Un projet de loi devrait être présenté en conseil des ministres à la rentrée.

Lire aussi : L'autoroute Toulouse-Castres devrait voir le jour

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Commentaires
a écrit le 24/07/2018 à 13:51 :
7,50 euros les 54 km soit 15 euros le trajet Aller-retour. je penses que cela se passe de commentaires sur la façon dont la France est géré, que ce soit par les uns comme par les autres. Vinci vous dis merci !
Ah oui, on oublie les villages coupés en deux par le tronçon (rentabilité oblige), les terres agricoles qu'il faut soi-disant sauvegarder... mais pas là, et les tronçons à deux fois deux voies existants, payer par les contribuables et cédé gratuitement à l'opérateur.
Aller à bientôt sur la ZAD...

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