Déconfinement : le tourisme aéronautique et spatial espère redécoller à Toulouse

Patrie d'Airbus et centre névralgique du spatial européen, Toulouse a fait fructifier ces dernières années un tourisme centré autour de ses activités aéronautiques et spatiales. Privés de visiteurs pendant des mois, la Cité de l'espace, le musée Aeroscopia ou encore l'Envol des Pionniers rouvrent leurs portes cette semaine. Il faudra en revanche patienter pour découvrir les chaînes d'assemblage d'Airbus. S'ils n'ont pas de crainte sur leur capacité à attirer les visiteurs, les gestionnaires n'attendent pas de retour à la normale de la fréquentation avant 2022 ou 2023, en raison notamment des restrictions de déplacements de la clientèle étrangère.

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Le musée Aeroscopia, qui expose des Concorde, rouvre ses portes ce samedi 22 mai.
Le musée Aeroscopia, qui expose des Concorde, rouvre ses portes ce samedi 22 mai. (Crédits : ON / Rémi Benoit)

Visiter les chaînes d'assemblage d'Airbus ou se mettre dans la peau d'un astronaute à la Cité de l'Espace... cela faisait partie des rendez-vous incontournables pour tout touriste de passage à Toulouse avant la crise sanitaire. Patrie de l'avionneur européen et centre névralgique du spatial européen, Toulouse a fait fructifier ces dernières années ce tourisme centré autour de ses activités aéronautiques et spatiales.

Le groupe Manatour, pionnier du tourisme de découverte industrielle en France, gère (entre autres) les visites d'Airbus, de l'Aéroport de Toulouse mais aussi le musée Aéroscopia. Ouvert en 2015 à proximité des usines de production des avions, ce dernier expose des appareils mythiques comme le Concorde, le Caravelle ou plus récemment l'A380. L'activité de Manatour a été lourdement impactée par les longs mois de fermeture des lieux culturels. "Nous sommes passés de 280.000 entrées en 2018 pour Aeroscopia et Airbus à moins de 50.000 en 2020. Le chiffre d'affaires de Manatour est tombé à 2,3 millions d'euros contre 6,4 millions avant la crise", évalue Pierre-Olivier Nau, président du groupe. Le musée Aeroscopia pourra rouvrir ses portes samedi 22 avril, il sera accessible au public uniquement le week-end jusqu'à la fin de l'année scolaire avant une réouverture 7j/7 à l'été.

Les visites d'Airbus pour le moment en suspens

En revanche, il faudra patienter encore un peu avant de déambuler dans les chaînes d'assemblage d'Airbus.

"Pour les visites d'entreprises, c'est le cas pour Airbus mais aussi pour l'Aéroport ou le Stade toulousain, j'espère une réouverture en juin. Les entreprises craignent d'importer le virus dans leurs murs et sont pour le moment un peu réticentes à reprendre des visites qui risqueraient de croiser du personnel. Nous sommes en discussion pour constituer des circuits de visite qui soient le plus isolés possibles des équipes internes. Cela demande de revoir la durée des visites guidées. Mais comme elles sont payantes, il faut que les visiteurs en aient pour leur argent."

Pierre-Olivier Nau, Manatour

Pour autant, le gérant n'a aucune crainte sur le retour des touristes à moyen-terme. Il espère arriver à 50% du niveau d'activité d'avant-crise en 2021 et retrouver le chiffre d'affaires de 2019 en 2022.

Programmation dense à la Cité de l'Espace

Du côté de la Cité de l'Espace, qui rouvre ses portes ce mercredi 19 mai, on compte sur une actualité spatiale très dense en 2020 pour relancer rapidement la fréquentation.

Nous avons été fermés la moitié de l'année avec seulement 160 jours d'ouverture sur 316 en 2020. Notre fréquentation a chuté de 408.000 à 171.000 entrées. La crise sanitaire a fait diminuer notre activité de 55%. La mission de Thomas Pesquet pourrait représenter un bel élément de relance pour les équipements. Nous allons montrer des vues en temps réel de la station spatiale, des vues de la Terre en temps réel, les plannings de Thomas Pesquet pour expliquer comment sa journée de travail s'organise, etc. Du côté des missions martiennes, nous exposons le rover Persevérance à échelle réelle, ainsi que la maquette du drone hélicoptère Ingénuity qui s'est posé sur la Planète rouge ainsi que le rover chinois Zhurong. En fin d'année, nous installerons un cratère martien dans les jardins de la Cité de l'espace dans lequel le public s'installera et des machines y circuleront. Ce sont des actualités très attractives.

Jean Baptiste Desbois, directeur général de la Semeccel.

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La nouvelle expo sur la mission Alpha de Thomas Pesquet est visible par le public depuis ce mercredi 19 mai (Crédits : Cité de l'Espace).

La Semeccel gère également l'Envol des Pionniers qui mise sur la réouverture de l'exposition consacrée à Antoine de Saint-Exupéry pour attirer les visiteurs. Pour autant, Jean Baptiste Desbois ne s'attend pas à un retour au niveau d'avant-crise dès cette année. "Nous aurons des jauges réduites jusqu'à fin juin avant un retour à la capacité totale à l'été. La fréquentation sera supérieure à celle de 2020, c'est évident. Mais il faudra attendre 2023 pour une retour à la normale", poursuit-il. Se pose aussi la question des scolaires. Le musée assure pour le moment être sur une bonne dynamique avec des réservations de classes dès le mois de juin.

Quid des touristes étrangers et visites de groupes ?

Une interrogation demeure tout de même autour des touristes étrangers. Ces derniers représentaient 17% des visiteurs de la Cité de l'Espace en 2019. Même inquiétude du côté de Manatour où la proportion de touristes étrangers culminait à 30% lors des visites d'Airbus organisées pendant les vacances scolaires. Le groupe est aussi dans l'attente de la reprise des voyages organisés. "Sur une année complète, les groupes organisés représentent 60% des visiteurs, ces derniers réservent entre deux semaines et six mois à l'avance. Pour l'instant nous avons peu de réservations au long cours.  Nous commençons à avoir quelques demandes pour la deuxième quinzaine de juin", observe Pierre-Olivier Nau.

Pour autant, le dirigeant reste intimement convaincu du pouvoir d'attraction de ces visites. "L'aéronautique fait toujours rêver, je n'ai aucune crainte en la matière. Pour les locaux, c'est l'opportunité de redécouvrir leur industrie", conclut-il. Les professionnels ont bon espoir de faire redécoller le tourisme aérospatial à Toulouse.

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