Aéroport de Toulouse : Casil Europe dénonce "une manoeuvre de déstabilisation"

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Le Chinois Casil Europe n'a pas tout apprécié que l'annonce faite lundi soir par les actionnaires locaux de saisir la justice.
Le Chinois Casil Europe n'a pas tout apprécié que l'annonce faite lundi soir par les actionnaires locaux de saisir la justice. (Crédits : Rémi Benoit)
La société d'actionnaires chinois de l'aéroport de Toulouse Casil Europe ne cache pas son agacement après le recours en justice lancé par les collectivités locales et la CCI. L'objectif de la démarche est de suspendre ses actions dans l'aéroport ainsi que ses droits de vote à la prochaine assemblée générale.

La guerre est déclarée entre les actionnaires de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Le Chinois Casil Europe (qui détient 49,99% du capital) n'a pas du tout apprécié l'annonce faite le 20 mai par les actionnaires locaux de saisir la justice pour demander la mise sous séquestre des titres détenus par Casil Europe et la suspension de ses droits de vote à la prochaine assemblée générale.

"La saisine du tribunal de commerce de Toulouse constitue une manœuvre de déstabilisation, qui va à l'encontre des intérêts d'ATB, de ses employés et de ses usagers, alors que l'assemblée générale a pour principal ordre du jour la validation des comptes de l'exercice clos dans les délais requis par la loi", estime Casil Europe dans un communiqué diffusé jeudi 23 mai.

En faisant appel à la justice, les actionnaires locaux (CCI Toulouse Haute-Garonne, Région Occitanie, Département de Haute-Garonne et Toulouse Métropole qui ont 40% du capital) disent vouloir "éviter que des décisions stratégiques soient prises alors même qu'il existe un doute sérieux sur près de la moitié des votes". Pour rappel, Casil Europe a annoncé, le 14 mai dernier, être en négociations exclusives avec Eiffage pour revendre sa participation dans l'aéroport. "Sans jamais en avoir informé les actionnaires minoritaires locaux", regrettent les collectivités.

"La distribution des dividendes approuvée à l'unanimité"

Depuis l'arrivée de Casil Europe dans le capital de l'aéroport Toulouse-Blagnac en 2015, de nombreuses tensions ont émergé entre les actionnaires locaux et la société d'actionnaires chinois sur la question des dividendes. En décembre dernier, les actionnaires se sont mis d'accord pour donner la possibilité de verser pendant cinq ans jusqu'à l'intégralité du résultat net de l'aéroport.

 "En lien avec les accusations dont elle fait l'objet concernant la distribution des dividendes, Casil Europe tient formellement à rappeler que la méthode de calcul de distribution des dividendes sur les 5 prochaines années a été approuvée à l'unanimité des actionnaires en fin d'année 2018. La distribution des dividendes bénéficie, par ailleurs, pour 50,01 % à l'Etat et aux collectivités locales actionnaires, à hauteur de leurs parts respectives", réagit sur ce point la société.

En mars, une demande de mise sous séquestre déposée par trois syndicats avait déjà été rejetée au motif que seul le propriétaire des actions litigieuses, c'est-à-dire l'État, était en droit de faire cette requête.

Les opposants mitigés sur la démarche des collectivités

De leur côté, les opposants à la privatisation voient d'un oeil mitigé le recours lancé par les actionnaires locaux à l'encontre de Casil Europe. L'avocat des opposants à la privatisation, Christophe Lèguevaques, se dit en tout cas "surpris" de la démarche initiée par les actionnaires locaux, d'autant que ces derniers avaient refusé de se joindre à la première demande de mise sous séquestre lancée par les syndicats. "C'est la première fois qu'ils saisissent la justice à Toulouse dans cette affaire", ajoute-t-il.

"Les actionnaires locaux dénoncent la redistribution des dividendes qu'ils ont pourtant approuvée en décembre dernier. Mais en aucun cas ils ne remettent en cause la privatisation", pointe Stéphane Borras, syndicaliste et membre du collectif contre la privatisation.

Malgré tout, l'association compte s'inviter au tribunal aux côtés des collectivités le jour de l'audience pour prendre la parole. Par ailleurs, le collectif des opposants à la privatisation lance un recours ouvert à tous les citoyens via une plateforme en ligne pour annuler la vente.

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