"L'Occitanie ne doit pas louper le coche de la robotique"

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Robotics Place compte aujourd'hui 84 adhérents en Occitanie.
Robotics Place compte aujourd'hui 84 adhérents en Occitanie. (Crédits : Reuters)
Le cluster de la robotique en Occitanie, Robotics Place, a créé un nouveau pôle pour davantage communiquer autour des enjeux de la filière avant le lancement à l'été d'un Mooc à destination des PME. La région compte des laboratoires et des entreprises pionniers en la matière, mais le modèle économique reste à inventer.

"Notre région est en retard en matière de robotique. Beaucoup a été investi pour les systèmes embarqués dans l'aéronautique et le spatial, mais l'Occitanie ne doit pas louper le coche de la robotique. Depuis quelques années, d'autres territoires, à l'image de Bordeaux, ont beaucoup misé sur cette thématique alors même qu'ils ne disposent pas de centres de recherche pionniers en la matière comme le Laas-CNRS à Toulouse (qui y travaille depuis les années 70, ndlr)", a plaidé Michel Taix, maître de conférences au Laas-CNRS et vice-président de Robotics Place, mercredi 13 mars, lors d'un point d'étape du cluster de la robotique en Occitanie.

Fondé en 2012, Robotics Place compte aujourd'hui 84 adhérents en Occitanie (dont 37 PME, 14 établissements de recherche, 21 grandes entreprises et 8 startups). La structure assure notamment une fonction d'apporteur d'affaires. En clair, un client soumet ses besoins et Robotics Place diffuse l'offre sur son site internet pour donner à ses adhérents la possibilité d'y répondre.

"À ce jour, près de 300 000 euros de chiffre d'affaires a été généré par ce biais", indique le cluster.

Un bon début, pour autant, les perspectives pourraient être décuplées au vu de l'essor de la filière. Pour y parvenir, Robotics Place a annoncé la création d'un pôle "Besoins et usages" avec pour but d'évangéliser les enjeux de la robotique auprès des entreprises et du grand public.

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Un modèle économique à inventer

Par ailleurs, via le projet Roboticipation mené en lien avec la Direccte Occitanie et quatre écoles d'ingénieurs (le Cesi, l'Icam, Toulouse Tech formation professionnelle, l'Upssitech et l'Université Paul-Sabatier), le cluster travaille sur un Mooc (formation à distance) pour former les PME aux questions de robotique et de l'usine du futur. Il sera disponible en juillet prochain sur la plateforme Funmooc.

Mais pour convaincre davantage d'entreprises d'adopter un robot, au-delà de former, il faudra aussi trouver des modèles économiques adaptés.

"Nous avons testé le robot Pepper dans nos résidences pour seniors. Cela a permis de créer de nouveaux services. Mais un tel robot coûte à l'achat 20 000 euros sans compter le prix du logiciel d'intelligence artificielle qui va avec et sachant que nous avons 60 résidences en France. Il faudrait trouver des solutions de location au mois", illustre Hubert Tissot, directeur du Lab Senioriales.

De même en janvier dernier, l'éditeur de logiciels Eurécia a annoncé l'arrêt d'un projet de développement qui prévoyait d'intégrer le robot Ziggy comme hôte d'accueil. La société avait investi 20 000 euros pour l'achat de la machine, avant de décider d'arrêter les frais après des résultats décevants.

Le projet de village drones et robotique "pas enterré"

À noter que l'un des projets initié par le cluster Robotics Place en 2014 était de créer un village drones et robotique à proximité de l'ancienne base militaire de Francazal. "Le projet n'est pas enterré mais cela prend du temps pour mettre en place de ce type d'installation. À Lyon, un projet similaire a mis dix ans pour sortir de terre", a indiqué Laurent Latorse, président du cluster.

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