Réouverture des salles de sport : à Toulouse, les gérants sont optimistes mais prudents

Les salles de sport rouvrent leurs portes ce mercredi 9 juin. Après huit mois de fermeture, La Tribune est allé à la rencontre des gérants de ces établissements à Toulouse. Si de la joie se fait sentir quant à la reprise de l'activité, une majorité de dirigeants s'inquiète d'une reprise progressive, alors qu'ils doivent désormais rembourser les clients prélevés pendant la période de fermeture. Certains souhaitent donc la poursuite du versement des subventions entamées pendant la crise sanitaire.

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À Toulouse, les salles de sport étaient fermées au public depuis le 13 octobre 2020.
À Toulouse, les salles de sport étaient fermées au public depuis le 13 octobre 2020. (Crédits : Unsplash - Risen Wang)

"2021, on l'oublie. Je ne regarde pas derrière, je regarde loin devant. L'objectif est de s'adapter aux nouvelles habitudes que vont prendre nos concitoyens à partir de maintenant. [...] Nous ne sommes ni un restaurant, ni un bar. Donc nous n'allons pas retrouver tout de suite une fréquentation similaire à ce que l'on a connu avant la Covid, cela va être progressif", indique Stéphane Le Floc'h, gérant de la salle de sport L'orange Bleue, à Balma (Haute-Garonne).

Et pour cause, huit mois après la fermeture de leurs établissements, les gérants de salles de sport toulousaines accueillent à nouveau leurs adhérents dès ce mercredi 9 juin 2021, avec un protocole sanitaire strict. Ils devront respecter une jauge d'accueil fixée à 50% de la capacité habituelle et un respect des distanciations sociales. Ils sont aussi invités à mettre à disposition des clients un QR code à flasher avec l'application TousAntiCovid ou à défaut, un carnet de suivi des visites, par exemple.

Avec la reprise de l'activité économique, les responsables de sites affichent un optimisme teinté de prudence.

"Il nous tardait vraiment de reprendre"

Parce que les cours de sport en visio à la maison, "ça va un temps", coachs et dirigeants de salles de sport ne cachent pas leur joie de reprendre les cours de yoga, de stretching ou de pilates, notamment.

"Ce qui nous tardait, c'était vraiment de reprendre pour revoir nos adhérents avec qui nous avons tissé des liens. Il nous tardait de reprendre une activité pour notre bien-être aussi. Je pense que ça reprendra, avec un petit boost au cours du mois de juin, grâce au retour des adhérents", explique Julien Keray, de la salle de sport Cloro'Fil.

Si le retour des adhérents ne leur fait pas de doutes, l'enthousiasme est tout de même retenu, puisque ce marché économique connaît habituellement un creux pendant la période estivale. Les gérants redoublent donc d'efforts, car les enjeux sont importants.

"L'idée c'est vraiment de marquer les esprits pour qu'il n'y ait pas de barrière à la réinscription. Nous mettons en place des abonnenments sans engagement jusqu'à la fin de l'année. Cela rassure les clients quant à une éventuelle reprise de l'épidémie. Pour le moment, nous sommes optimistes.

Nous allons voir comment se passe l'été, comment se passe septembre. Nous allons mettre deux à trois ans pour retrouver une activité normale, c'est cela qui est en jeu", exprime Hellen Citera, dirigeant des salles de sport Interval en Haute-Garonne.

Pour plusieurs, la fermeture d'établissements est aussi en jeu, au cours de l'année à venir. Pendant la crise, plusieurs salles de sport indépendantes ont fermé à Toulouse... Sans toutefois sonner l'alarme, le directeur du développement du groupe L'orange Bleue indique que 8 % des sites du groupe sont "sous surveillance, ce qui ne veut pas dire qu'ils vont fermer du jour au lendemain", et souligne par ailleurs que certains d'entre eux connaissaient déjà des difficultés avant la crise. Des situations qui restent minoritaires.

"Nous avons plus de 92% du réseau qui a une trésorerie qui nous paraît armée pour faire face à la reprise. Et puis parallèlement il faut prévoir la suite, les ouvertures de nouveaux clubs. Pendant cette crise, il nous a fallu entretenir toute cette dynamique", fait savoir Vincent Olivier, directeur du développement du groupe L'orange Bleue.

La reprise sera pourtant progressive, répètent les gérants, et surtout très différente de la situation d'octobre 2020.

Les aides encore nécessaires

Par ailleurs, Stéphane Le Floc'h se montre globalement satisfait des aides proposées par le gouvernement pour soutenir les entrepreneurs, mais regrette toutefois quelques lenteurs de mise en place. Désormais, il s'inquiète surtout, tout comme le patron de Cloro'Fil, de l'arrêt du versement de ces subventions.

"Les aides vont continuer en dégressif jusqu'au mois d'août. Le problème est que nous rouvrons à une période qui est assez creuse pour nous, avec les mois de juillet et d'août. Si les aides ne sont pas là derrière, cela va être catastrophique pour nous. Il faut que les aides continuent, sinon le déficit sera bien plus conséquent", prévient Julien Keray, à la tête de la salle de sport toulousaine Cloro'Fil.

Car forte de 720 adhérents avant la crise, cette salle de sport indépendante n'en compte plus que 555 en juin 2021. Et cette situation n'a rien d'exceptionnel. Le groupe L'orange Bleue estime avoir perdu entre 20 et 30% de ses adhérents au niveau national depuis le début de la crise sanitaire. Raison pour laquelle le directeur du développement, Vincent Olivier, espère un maintien du fonds de solidarité.

Prélèvements automatiques : il faut maintenant rembourser les clients

D'autant que pour les structures sportives qui ont continué à prélever leurs clients après la fermeture imposée de leurs établissements à l'automne 2020, il va désormais falloir rembourser cette somme, d'une manière ou d'une autre. Une ordonnance du 7 mai 2020 y contraint effectivement les responsables d'établissements sportifs.

"Au départ, nous continuions à prélever les adhérents pour assurer un minimum de trésorerie, afin de subvenir aux charges. Au final, cela nous a desservi, puisque l'Etat ne donne pas d'aides sur ce critère. Donc nous avons arrêté tous les prélèvements depuis janvier 2021. Mais les clients que nous avons prélevés d'octobre à décembre, nous devons les rembourser. Soit nous le ferons de manière monétaire, soit nous allons les compenser sur les mois futurs. Il y a encore de l'argent qui va être perdu, ça c'est sûr...", dit amèrement Julien Keray.

Pour les acteurs du secteur et notamment le collectif Fitness 31, qui réunit plusieurs salles de sport toulousaines depuis le début de la crise sanitaire, la vraie reprise sera en septembre.

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