L'université Toulouse-Jean-Jaurès sera-t-elle bientôt mise sous tutelle ?

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L'université Jean-Jaurès 2, anciennement université du Mirail, a été totalement reconstruite et inaugurée en 2016.
L'université Jean-Jaurès 2, anciennement université du Mirail, a été totalement reconstruite et inaugurée en 2016. (Crédits : Rémi Benoit)
Alors que le campus du Mirail fait face à un mouvement contestataire contre la fusion des universités, cette grève engendre d’autres conséquences que l’annulation des cours. En effet, le conseil d’administration de l’établissement ne parvient pas à faire adopter son budget annuel. L’université pourrait être mise sous la tutelle du rectorat dans les prochaines semaines si la situation reste inchangée.

Depuis plusieurs mois maintenant, une partie des élèves et du personnel milite contre la fusion des universités toulousaines avec en ligne de mire l'obtention du label IDEX. Résultat ? L'université Toulouse Jean-Jaurès 2 (Mirail, nldr) tourne au ralenti. L'établissement est victime de grèves à répétition de la part du personnel et fait face à des élèves contestataires qui bloquent l'accès aux salles de classe afin d'empêcher la tenue des cours.

Pour les grévistes, un retour à la normale ne peut se faire que par la démission du président de l'université, Daniel Lacroix, dont ils rejettent la politique. Depuis son élection à la tête de l'université Jean-Jaurès 2 en juin 2016, l'homme milite et s'active pour l'obtention du label IDEX et la fusion des universités de Toulouse. Malgré la pression, Daniel Lacroix n'a pas quitté son poste.

En signe de protestation, les représentants syndicaux membres du conseil d'administration sont absents lors des diverses réunions et assemblées générales de l'instance. Un choix qui empêche la tenue de tout vote et prise de décision, le quorum (nombre de participants minimum obligatoire pour valider un vote) n'étant pas atteint.

Lire aussi : Idex : les présidents d'université appellent au dialogue avec les syndicats

Un budget provisoire maintient le fonctionnement de l'établissement

Par conséquent, le conseil d'administration n'est pas parvenu à faire voter et adopter le budget de l'université Jean-Jaurès pour l'année 2018 (environ 170 millions d'euros par an, nldr). Depuis le début de l'année en cours, l'établissement fonctionne ainsi avec un budget dit "provisoire".

"Convenu avec le rectorat, ce budget temporaire permet d'engager certaines dépenses comme les salaires, mais il est impossible de réaliser des dépenses d'investissements comme des travaux par exemple", explique-t-on du côté de l'université Jean-Jaurès.

Le rectorat, garant du contrôle budgétaire et de la légalité des établissements supérieurs, a accordé cette "avance" sous condition de régularisation de la situation. Un nouveau conseil d'administration est donc prévu mardi 13 février avec au programme le budget du vote annuel.

Si cette nouvelle tentative se transforme en échec, l'université Jean-Jaurès aura jusqu'à la mi-mars pour adopter son budget. Et si ce n'est pas le cas, elle sera placée sous la tutelle du rectorat de Toulouse.

"Nous n'aurons alors plus la main sur notre budget et nous n'aurons plus les marges de manœuvre qu'on pouvait avoir si on avait la main dessus", a regretté Daniel Lacroix lors d'une conférence de presse début février, tout en assurant que cela ne changerait rien au fonctionnement de l'établissement.

Contacté par La Tribune, le rectorat de Toulouse refuse de s'exprimer sur le sujet. Une mise sous tutelle par le rectorat serait une première dans l'histoire de cette université.

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