Idex : les présidents d’université appellent au dialogue avec les syndicats

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Les universités toulousaines pourraient effectuer un rapprochement en janvier 2019.
Les universités toulousaines pourraient effectuer un rapprochement en janvier 2019. (Crédits : Rémi Benoit)
Alors que le dossier de candidature pour le label Idex a été déposé lundi 18 décembre par l’Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, les présidents d’université ont appelé au dialogue avec les syndicats vendredi 22 décembre lors d'une conférence de presse commune. Objectif : désamorcer la contestation des étudiants et du personnel face au projet de rapprochement entre l’Université de Toulouse, Paul-Sabatier, Toulouse INP et l’INSA Toulouse prévu en janvier 2019.

UNITI 2018, voilà comment se nomme le projet des universités toulousaines qui a deux objectifs : reconquérir le label Idex perdu en avril 2016 et créer une nouvelle université de Toulouse. Cette nouvelle entité juridique aura notamment pour mission de porter haut et fort les bienfaits engendrés par ce label d'excellence au sein des universités toulousaines. L'Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées a déposé le dossier de candidature auprès du Commissariat général de l'investissement (CGI) lundi 18 décembre. Mais c'est seulement au milieu de l'année 2018 que le candidat toulousain connaitra le jugement final.

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En cas d'aboutissement positif dans ce dossier de candidature, l'Université de Toulouse (Jean Jaurès et l'Université Toulouse III, ndlr), Paul Sabatier, Toulouse INP et l'INSA Toulouse veulent opérer un rapprochement pour fonder cette nouvelle université de Toulouse en janvier 2019. Cependant, les établissements concernés refusent de parler de fusion.

"L'ensemble des établissements engagés dans le processus ne souhaite pas une fusion, mais un modèle administratif reposant sur une forte intégration. Ce modèle d'intégration du projet propose une organisation déconcentrée respectant l'histoire et la culture de chaque établissement. Chaque composante, appelée "collège", conservera des instances de gouvernance décentralisées. Les instances centrales Université de Toulouse auront quant à elles pour mission de réfléchir à la stratégie globale", ont précisé les quatre présidents des établissements concernés lors d'une conférence de presse vendredi 22 décembre, un mode de communication plutôt rare pour ces institutions.

Les présidents des universités tendent la main

Face à ce projet UNITI, un vent contestataire composé d'étudiants et de membres du personnel s'est fait entendre ces dernières semaines par différentes actions comme l'envahissement de locaux, dégradations de matériels et agressions physiques de représentants. Ils craignent une réduction des effectifs au niveau du personnel, une augmentation des frais d'inscription pour les étudiants, la disparition de certaines filières ou encore une lenteur administrative très forte.

"Nous devons travailler à la restauration du dialogue social avec les organisations syndicales. Les personnes doivent être respectées, c'est un préalable à tout dialogue, tout comme il faut respecter les institutions. Ce n'est pas en envahissant un lieu qu'on instaure un dialogue. Je rêve d'organisations étudiantes et syndicales qui nous disent voilà comment je vois mon université dans dix ans, qui partagent leur vision. Mais pour cela, tous les acteurs doivent être dans une démarche de dialogue", lance Philippe Raimbault, président de l'Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées.

Les présidents d'universités sont en contact avec ces organisations pour tenter de mettre en place d'éventuelles rencontres dans les prochaines semaines. Le but est d'assurer le bon déroulé des examens qui auront lieu en janvier prochain et mettre fin à la diffusion de fausses informations sur les conséquences de ce rapprochement d'autant que pour le moment cette fusion universitaire est hypothétique.

Un projet encore dans le flou

Les présidents d'université l'ont précisé lors de leur conférence de presse, ce regroupement d'établissements au format inédit nécessitera la création d'un statut juridique et dérogatoire. Mais aucun texte officiel n'a encore été publié, laissant dans le flou juridique les porteurs du projet.

"Le cadre juridique n'est pas fixé car le ministère de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation attend nos propositions afin d'y adapter un cadre adéquat pour mettre en place notre projet. Cette liberté est agréable en tant que porteur du projet car nous savons ce que nous voulons", ajoute Philippe Raimbault.

Désormais, les acteurs du dossier n'ont plus quelques mois pour proposer un dossier solide et suffisamment mûri.

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